‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 78 sur 174 · LA GUÊPE TATOU ET SON NID · texte numérisé non relu

LA GUÊPE TATOU ET SON NID

(Tatua morio),

race M6.

IMPR, DE E, MARTINET

LES HYMÉNOPTÈRES. h17

Guèpe Tatou, un nid analogue à celui de la Guêpe cartonnière ; mais pour lui attribuer la charmante construction que l’on peut voir dans les galeries du Museum et que nous représentons ici, un peu diminuée, nous avons l'autorité d’un voyageur instruit, M. Mellinon, qui explore la Guyane française, et notamment la province de La Mana, depuis nombre d'années. M. Mellinon nous à appris que le nom de Tatou, en usage à Cayenne et ailleurs, venait d’une sorte de ressemblance dans l'aspect du nid de la Guëpe avec la carapace d’un Tatou.

Pour leur installation, les Guêpes Tatous commencent par faire choix d’une branche d'arbre droite, à peu près verticale , n'ayant que peu ou point de rameaux. Cette branche devient l'axe et le support du nid. Les rayons, composés d'un nombre d’alvéoles peu considérable, sont fixés chacun à la branche, au moyen d'un pédicule très-solide. Les rayons sont assez espacés les uns des autres, et dans le nid que nous avons sous les yeux il y en a dix. Ce qui est la perfection de ce guëépier, plus encore que l'heureuse disposition des petits rayons, c’est la paroi. Que l’on se figure une enveloppe simple, en forme de fuseau, consistant en un papier ligneux, comme gaufré, presque tuyauté transversale ment, ayant ainsi l'apparence d’un tissu travaillé par la main d’un artiste. Que J’on ait à la pensée que ce papier, dont les fibres sont disposées avec une étonnante régularité, est varié de bandes longitudinales, les unes d’un brun rouge, rappelant la teinte de certains bois d’acajou, les autres d’un ton päle, comme le bois de chêne. Que l'on considère que cette enveloppe, rétrécie au sommet et à l'extrémité inférieure; est dans toute sa longueur fortement accolée des deux côtés sur la branche, à laquelle sont fixés les rayons n'offrant qu'une petite ouverture circulaire à l'extrémité inférieure. Que l’on examine à l’intérieur cette gracieuse construction, où l’on voit un espace considérable ménagé entre les parois du nid et les rayons qui en sont indépendants, où l'on se plait à regarder le demi-jour pénétrant au

h18 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

travers des parois et donnant un charme indéfinissable à cette jolie demeure, et l'on ne pourra s'empêcher de rester en admiration devant L'art inimaginable des petites Guêpes noires de la Guyane.

Nous n'avons pas vu construire cet édifice, et nous restons un peu embarrassé pour dire comment a lieu son accroissement. M. de Saussure, considérant les bandes longitudinales diversement colorées de l'enveloppe, pense que l'enveloppe a été tissée dans le sens indiqué par ces bandes. Dans cette hypothèse, le nid aurait été nécessairement construit du premier coup, tel que nous le possédons. Plus volontiers nous croyons qu'il s’est augmenté successivement de nouveaux rayons, et qu'à chaque accroissement, l'enveloppe a été taillée, puis allongée. Nous sonnmes confirmé dans cette idée par l'examen d'un nid trèsanalogue de la collection du Museum, dont nous ne connaissons pas l'architecte. Celui-ci, formé d’un papier gris, est très-étroit et d’une longueur énorme, et encore a-t-il été brisé par le bas. Le nombre des rayons est très-considérable, et il parait absolument improbable que tous aient été construits simultanément.

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