‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 79 sur 174 · LES HYMÉNOPTÈRES PRODUCTEURS DE, MIEL · texte numérisé non relu

LES HYMÉNOPTÈRES PRODUCTEURS DE, MIEL

(Apides).

Entre tous les Hyménoptères, et par conséquent entre tous les Insectes, les espèces nidifiantes qui recueillent le miel et le pollen des fleurs sont les plus parfaites sous le rapport de l'organisation, des plus admirables sous le rapport de leurs constructions; on dirait aussi les plus étonnantes sous le rapport des instincts et de l'intelligence, si l’on oubliait un peu les Fourmis. vilide

Tous les représentants de cette famille des Apides, dont

l'Abeille est le type le plus connu, ont dans leur organisation les indices d’une véritable supériorité sur Les autres Insectes, La centralisation de leur système nerveux est poussée plus loin que chez les autres Hyménoptères; leur appareil respiratoire acquiert un développement exceptionnel, des trachées de leur abdomen se transforment en vastes poches. Leurs appendices prennent des formes spéciales, deviennent des instruments d’une perfection dont on n’a pas d'exemple ailleurs.

Selon lestypes, les mandibules sont converties en tenailles propres à diviser le bois, en instruments pour entamer la terre, pour pétrir du ciment, en meules pour malaxer la cire. Chez la plupart des Apides, les mâchoires et la lèvre inférieure, fort longues, délicates, agissent comme une trompe pour humer le miel dans le nectaire des fleurs. Mais ce qu’il y a de plus admiable dans la conformation des appendices de beaucoup de ces Ilyménoptères, c’est la transformation en quelque sorte de leurs pattes postérieures, notamment des jambes et du premier article des tarses, en instruments propres à la récolte du pollen comme en instruments de travail. Mais les différences sont telles ici, que la généralisation resterait nécessairement vague et qu'il faut examiner chaque type en particulier.

Les Apides ont à tous leurs états un régime végétal ; lesadultes se nourrissent de miel; les larves, ayant besoin d’un aliment plus substantiel, sont nourries d’une pâtée composée de miel et de pollen. Les larves de tous ces Hyménoptères, incapables de se mouvoir et destinées à vivre dans d’étroites cellules, réclament des soins maternels absolument comme celles des Guêpes et des Fouisseurs.

Parmi les Apides, les uns vivent solitaires, les autres vivent en sociétés, sociétés annuelles, sociétés permanentes. L'existence des espèces solitaires ressemble à celle des Fouisseurs. Une femelle seule construit un nid, des cellules, pour loger ses larves, et approvisionne les cellules. Les sociales ont trois sortes d’indi-

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vidus : des neutres ou ouvrières, femelles infécondes, outre les mâles et les femelles fécondes. Dans les sociétés annuelles, une femelle isolée fonde le premier établissement, les ouvrières l’accroissent ensuite. Dans les sociétés permanentes, les femelles fécondes ne travaillent jamais; elles sont incapables de travailler, les instruments leur font défaut.

Parmi les Apides, il y a aussi, comme parmi les Sphégides, les Crabronides, ete., les espèces incapables, les espèces qui n'ont d'autre instinct que celui de s’introduire dans le nid des espèces laborieuses et de déposer furtivement leurs œufs dans les cellules approvisionnées pour autrui. Ce sont les Parasites. Ainsi, dans la nature, tout ce qui possède est exposé à avoir des parasites, si sa vigilance est mise en défaut.

Les Apides que nous allons examiner en premier lieu diffèrent de tous les autres représentants de la famille en ce que leurs pattes postérieures sont impropres à la récolte du pollen. Ils composent la tribu des Osmiines; le genre Osmie (Osma) est le grand genre de cette tribu. Ces Hyménoptères exécutent des travaux devant lesquels il est impossible de ne pas s’extasier. [ls ont des raffinements incroyables dans le choix des matériaux qu'ils prennent pour confectionner leurs cellules, et ces matériaux différent pour les espèces les plus voisines. Comme les autres Hyménoptères nidifiants, ils récoltent le pollen pour en faire la pâtée de leurs larves, et nous venons de voir que leurs pattes, sans élargissement notable, ne peuvent servir à cette récolte. Une disposition simple et très-jolie des poils garnissant la portion basilaire de la face inférieure de leur abdomen remplit le but à merveille. Ces poils, assez roides et suffisamment rapprochés pour retenir les grains de pollen, remplissent l'office de petites tablettes. L'Osmie se frotte contre les étamines des fleurs et en détache le pollen; avec ses pattes, elle le ramasse sur le petit appareil qu'elle porte à son ventre, et retourne à son nid, portant une grosse provision. Son premier soin doit être de

LES HYMÉNOPTÈRES. h24 se débarrasser de sa charge; on croirait volontiers que l’Insecte peut y trouver quelque difficulté, si l’on ne connaissait

pas les particularités de sa conformation. Ayant appris à les

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