‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 80 sur 174 · LA CHALICODOME DES MURAILLES · texte numérisé non relu

LA CHALICODOME DES MURAILLES

(Chalicodoma muraria).

Un mâle au vol. — Une femelle occupée à l'achèvement de son nid. — Une autre femelle en exploration, vue par devant, — Un nid totalement achevé,

connaître, il sera aisé de comprendre comment, en peu d’instants, l’'Hyménoptère a entassé dans sa loge tout le pollen apporté. L’Osmie est pourvue d’une brosse placée sous le premier

article de ses pattes postérieures; avec la facilité que ces pattes ont de se plier en dedans, la brosse remplit son office; elle fait tomber non-seulement tout le pollen logé sur les tablettes spé. ciales, mais encore celui qui s’est attaché aux poils de toutes les parties du corps.

Sous ce rapport, toutes les Osmiines agissent de lamême façon ; mais elles n’agissent pas de la même manière pour construire, et de ce côté est la partie vraiment intéressante de leur histoire.

Une des Osmies les plus communes en France, aux environs de Paris, est l’Abeille maçonne de Réaumur. Cette espèce, qui a un corps massif, des mandibules fortes, avec quatre dents peu prononcées, est devenue le type du genre Chalicodome. Ce nom signifie maison de pierre : il n’a pas été mal choisi. L’Abeille maconne femelle est entièrement d’un noir terne et velue ; le mâle, toujours plus petit, est revêtu d’une pubescence rousse; seule, l'extrémité de son abdomen reste noire. Les naturalistes l'appellent la Chalicodome des murailles (Chahcodoma muraria).

Les constructions de cet Hyménoptère sont des plus remarquables. Continuellement, on découvre sur des murs exposés au midi des plaques terreuses de forme ovalaire, que l’on peut prendre aisément pour de la boue lancée contre la muraille, puis desséchée. Si l’on veut bien examiner de près ces sortes de plaques assez régulièrement voûtées, on s'aperçoit qu'elles ont une dureté à défier le ciment romain, et qu’elles sont constituées non point par de la boue, mais par du gravier et de la terre mélangés. On doit bientôt constater, après un examen même assez superficiel, que la présence de ces plaques voûtées n’est pas due au hasard. L’adhérence à la pierre de cette composition de terre et de gravier est incroyable. Le marteau et le ciseau sont indispensables pour l’en détacher. Nous avons sous Les yeux, dans ces objets d'aspect grossier, des nids de la Chalicodome des murs, constructions volumineuses exécutées avec un art consommé par un Hyménoptère seul, à la fois architecte et ouvrier.

LES HYMÉNOPTÈRES,. h23

Ces travaux de la Chalicodome commencent au mois de mai. c’est-à-dire peu de temps après sa naissance. Une femelle explore une muraille et fait choix d’un emplacement. Fixée sur ce point, elle va à la recherche des matériaux, et, si vous la suivez avec patience, vous la verrez s’arrêtant sur un terrain rempli de graviers. Avec ses mandibules, notre Insecte saisit de petits graviers d’une certaine dimension, il dégorge un peu de salive, y réunit des grains de terre, et agglutine ainsi terre et gravier, pour en former le mortier qu'il doit employer à bâtir. Une petite masse se trouvant bien pétrie, il s'envole avec son fardeau, et retourne

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