‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 95 sur 174 · MÉTAMORPHOSES DE LA CÉTOINE DORE · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DE LA CÉTOINE DORE

{ Cetonia aurata).

Un individu au vol, un individu posé, — Des larves de différentes grosseurs, — Une nymphe dont la coque a été ouverte,

femelles vont pondre dans les bois pourris. Leurs larves vivent de débris ligneux au pied des arbres morts, quelquefois dans les [e) P ’

47h LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

fourmilières. Elles ont l'aspect des larves de Hannetons, mais leur tête est beaucoup plus petite, leurs pattes plus courtes et le dernier anneau de leur corps porte une petite pointe qui n'existe pas chez ces dernières. Au terme de leur croissance, dont la durée, croyons-nous, est assez longue, les larves de la Cétoine se construisent une coque ovalaire à parois épaisses au moyen d’une foule de détritus agglutinés.

D'autres Cétoines de petite taille sont encore plus abondantes dans notre pays que la Cétoine dorée. Elles paraissent beaucoup aimer les Ombellifères : telles la Cétoine hérissée (C. hurtella), d’une teinte noirâtre sale, vêtue de longs poils d’un gris fauve, et la Cétoine piquetée (C. stictica), noire, à reflets cuivreux, pointillée de blanc sur les élytres et le prothorax.

Des représentants du groupe des Cétoniites, bien remarquables par leurs belles couleurs, par leur grande taille, par les saillies ou les prolongements en forme de cornes que présente la tête des mâles, sont les Goliaths. Plusieurs espèces superbes de ce genre habitent l’Inde, les Moluques, les îles de la Sonde, mais la plupart sont propres aux contrées les plus chaudes de l'Afrique. Au Gabon, on prend le Goliath cacique (Goliathus cacicus) et le Goliath de Drury (G. Druryi), qui comptent au nombre des plus gros Coléoptères. Autrefois ces Insectes, rarement apportés en Europe, avaient une valeur énorme; mais les voyages à la côte occidentale d'Afrique étant devenus plus fréquents, on se procure aujourd'hui ces magnifiques Insectes pour un prix assez modique.

Les Trichites ont les mêmes mœurs que les Cétoines. C'est le genre Trichie (Trichius) des anciens entomologistes qui à été subdivisé d’après quelques différences dans la configuration des mâchoires et dans les dentelures des jambes. On voit partout sur les fleurs le Trichie abdominal (Trichius abdominals), joli Insecte noir à duvet cendré, ayant les élytres d’un jaune vif, traversées par trois bandes noires interrompues à la suture. Ses larves

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LES COLÉOPTÈRES. h75

vivent dans le bois mort. Une espèce voisine, le Trichie à bandes (T. fasciatus), dont les bandes noires des élytres ne sont pas interrompues, est moins commune dans notre pays. Une espèce d'un vert brillant et de plus grande taille que les précédentes est devenue le type d’un genre particulier, le Gnorime noble (Gnorimus nobihs). Un petit Trichiite noirâtre (Valqus hemiplerus), que l’on rencontre souvent à terre, appartient au genre Valge, caractérisé par la présence de cinq épines aux jambes. La femelle est pourvue d'une longue tarière droite, qui lui permet d'introduire ses œufs dans les fissures des vieux bois fendillés.

- Les Glaphyrines, qui ont des mandibules fortes, une lèvre inférieure divisée en deux languettes flexibles, des élytres faibles, un peu écartées à l'extrémité, ne nous sont pas connues dans leurs métamorphoses. La solidité des mandibules indique que ces Insectes rongent le feuillage; la contexture de leur lèvre, qu'ils sont capables de lécher sur [es fleurs. Certains d’entre eux, les Glaphyres et les Amphicomes, sont de jolis Coléoptères plus ou moins velus, très-abondants dans le midi de l'Europe, en Orient, dans le nord de l'Afrique.

Les Mélolonthines ont des mandibules fortes, conformées pour ronger le feuillage, une lèvre inférieure très-courte, les crochets des tarses construits d’une manière assez variable, selon les espèces, et dénotant des aptitudes diverses. Les Hannetons (Melolontha) sont les représentants typiques de cette tribu. Chez les espèces pour lesquelles a été réservé, par les naturalistes de l'époque actuelle, le nom générique de Hanneton, les antennes ont dix articles, les sept derniers dans les mâles, les six derniers seulement dans les femelles formant la massue. On connait plusieurs espèces du genre; mais c’est le Hanneton commun (Helolontha vulgaris), qui, à raison de son abondance extrême dans une grande partie de l’Europe, réclame attention. Les Hannetons, qui se montrent en quantité prodigieuse en certaines années, sont rares dans d’autres années, ce qui s'explique par la durée de leur

développement. Quand la saison printanière est douce, ces Insectes paraissent dès le mois d'avril; mais c’est toujours dans le mois de mai qu'on les voit en grandes masses, et c’est seulement dans le mois de juin qu'ils disparaissent. Ces Insectes rongent le feuillage des arbres, des Chènes, des Hêtres, des Érables, des Peupliers, des Bouleaux, et, dans notre pays, plus encore celui des Ormes que de tous les autres. Souvent des arbres sont complétement dépouillés par les Hannetons, c'est ce que chacun constate sans peine. Insectes presque nocturnes, les Hannetons s’abritent de la chaleur du jour, et surtout du soleil, en se tenant sur les arbres touffus, cachés à la face inférieure des branches. Ils ne sont actifs que le matin, et particulièrement le soir, où ils volent en faisant entendre un bourdonnement sonore. Ces Insectes pesants, malhabiles à se diriger, se heurtent facilement contre les corps qui se trouvent sur leur passage, et pendant les belles soirées du printemps, les promeneurs, comme chacun le sait par expérience, éprouvent sonvent l'ennui d’être frappés en plein visage par ces Insectes incapables d'éviter les obstacles.

Les Hannetons, à l’état adulte, commettent des dégâts considérables, mais encore leurs dégâts, qui se réduisent à la destruction momentanée du feuillage des arbres, sont-ils médiocrement graves, comparativement aux ravages que ces Coléoptères exercent dans leur état de larves.

Vers la fin de mai s'effectue, chez les Hannetons, le rapprochement des individus des deux sexes; il est ordinaire de voir les mâles et les femelles accrochés aux feuilles, demeurant unis pendant des journées entières. Après la fécondation, les femelles s’enfoncent dans les terres légères ou fréquemment remuées par la charrue, et y font leur ponte, consistant en une quarantaine d'œufs. Au bout de quatre ou cinq semaines, les larves éclosent, et au milieu des champs cultivés elles ne sont pas en peine pour trouver leur nourriture, car loutes les racines leur conviennent. Ces larves, si connues sous le nom de Vers blancs, dans certaines

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