‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 96 sur 174 · A ; | \ LE · texte numérisé non relu

A ; | \ LE

“ ; r LU ‘ = . # . JL L /Ti * - . N éd EURE CE fn F- Lheal' es ni Le the

tas nd

+ 27 midi is Re PT TT 0 UT ee 7 > 4 PPS EE << à

LES COLÉOPTÈRES. h71

localités sous le nom de Mans, croissent avec lenteur. Elles n’ont pris leur croissance entière qu’à la troisième année de leur existence. Au mois de mars ou d'avril, s'effectue leur transformation en nymphes, et quelques semaines plus tard éclosent les Hannetons. La durée du développement explique parfaitement comment ces Coléoptères ne se montrent en abondance que tous les trois ans. Mais, selon les circonstances atmosphériques, la croissance des larves peut sans doute être accélérée ou ralentie. Quelquefois il n’est pas rare que des larves se métamorphosent dès la fin de leur seconde année d’existence, et même que les Hannetons éclosent à l'automne, mais la saison froide se faisant déjà sentir, ils demeurent engourdis dans leur cellule et ne sortent de terre qu'au printemps de la troisième année.

Les larves du Hanneton, avec la forme ordinaire à toutes les larves des Scarabées, se font remarquer par leurs fortes mandibules munies d’une dent taillée en biseau, c’est-à-dire pourvues d'un instrument très-propre à couper les racines.

Les Hannetons, ou plutôt leurs larves, les Vers blancs, sont considérées à trop juste titre comme l’un des plus grands fléaux de l'agriculture. Ces Insectes, aujourd’hui si répandus dans la plus grande partie de l'Europe, étaient certainement fort rares à une époque ancienne. [ls se sont multipliés en même temps que la culture s’est étendue et perfectionnée. Les conditions d'existence des Vers blancs ne laissent, à cet égard, aucun doute possible. Jamais on ne trouve de larves de Hannetons dans des terres en friche ; ces larves ne peuvent vivre se frayer des passages que dans des terres meubles; dans les temps anciens, il y avait peu de terres remuées, suffisamment légères pour convenir aux Vers blancs, les Hannetons ne pouvaient être communs; le développement de l'agriculture, en leur fournissant les conditions qui leur permettaient de se multiplier à l'excès, a créé le fléau qu’on laisse s'étendre et s’accroître avec une incurie digne d’un autre âge.

Les Vers blancs ne peuvent être atteints et détruits qu'au mo-

OL dée dt- l0d S de , sb “848

ment des labours, et encore avec une main-d'œuvre assez considérable. Il est beaucoup plus facile de recueillir les Hannetons eux-mêmes, et si cette chasse était faite et bien exécutée simultanément sur tous les points du territoire, on amènerait rapidement une diminution du mal; mais, toutes les fois que des hommes éclairés se sont occupés de la destruction des Hannetons, leurs efforts ne portant que sur un espace restreint, l’amélioration n’a pas été très-sensible. Il y a trente ans, un préfet de la Sarthe, dont le nom mérite d'être cité, M. de Romieu, avec une intelligence des intérêts du pays qu'on ne rencontre pas tous les jours chez les administrateurs, avait pris des mesures propres, avec de la persévérance, à faire disparaître une calamité dont tous les agriculteurs s’affligent, au lieu de travailler résolüment à la conjurer. Dans ces dernières années, un de nos agronomes les plus instruits, M. Jules Reiset, membre du conseil général de la Seine-Inférieure, s’est préoccupé sérieusement de cette question. Par ses soins, à l’automné de 1866, il a été recueilli 160 000 kilogrammes de Vers blancs dans deux arrondissements de la Seine-[nférieure, et le poids de chaque Ver ne dépasse guère 2 grammes. S'il était possible d'apprécier exactement sur tous les points de la France les pertes subies par le fait des Vers blancs, on serait stupéfié en présence du chiffre total, et cependant, combien de fois n'a-t-on pas plaisanté ceux qui songeaient à détruire cette cause d’amoindrissement de nos récoltes!

Avec l’incurie, le mal ne peut qu'augmenter d'année en année. Or, pour la destruction des Hannetons, nous ne connaissons que deux moyens : l’un consiste dans la chasse des Insectes faite avec soin en tout pays ; l’autre même consiste à laisser vivre et . à propager les oiseaux : Corbeaux, Corneilles, Pies, Étourneaux, etc., qui mangent en grande quantité les larves des Hannetons, comme l’ont démontré de nombreuses observations de M. Florent Prévost.

LES COLÉOPTÈRES. n79

On a eu l’idée de chercher à tirer parti des Hannetons. On en a extrait une huile bonne à divers usages, mais le bénéfice

Page 1