‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 97 sur 174 · GS · texte numérisé non relu

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LE HANNETON FOULON (Melolontha [u!lo).

n'était sans doute pas en rapport avec les frais, et nous croyons qu'il n’a pas été donné de suite à cette industrie.

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h80 . LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

Les espèces voisines du Hanneton commun sont assez peu répandues pour que leurs dégâts ne soient guère à redouter. Seulement, il en est une à citer, à raison de sa grande taille et de son séjour de prédilection : le Hanneton foulon (Helolontha fullo), bel Insecte de couleur brune, avec de petites écailles blanchâtres sur toutes les parties du corps, et notamment sur les élytres, où, devenant serrées par places, elles forment de capricieux dessins. Les mâles de cette espèce se font admirer par l'énorme dimension des lamelles de leurs antennes, semblables à de magnifiques panaches. Le Hanneton foulon affectionne le voisinage de la mer. Il n’est pas rare dans les dunes de Dunkerque et des environs d'Ostende; on le trouve sur divers points des côtes de l'Océan et de la Baltique et sur presque toutes les côtes de la Méditerranée. Produisant au vol un très-fort bourdonnement, il exécute, au repos, une stridulation intense par le frottement de son abdomen contre les élytres.

Des Mélolonthes de médiocre dimension, ayant une grande ressemblance avee les Hannetons, sont les Rhizotrogues, chez lesquels les trois derniers articles seuls des antennes constituent la massue. Adultes, ces Coléoptères dévorent les feuilles des arbres; larves, ils rongent les racines comme les Hannetons. Sur les routes plantées d’Ormes, on voit souvent voler, le soir, le Rhizotrogue d'automne (Rhizotroqus solstilialis) ou le Rhizotrogue du printemps (R. æshvus).

Les Rutélines sont de beaux Coléoptères intermédiaires aux Mélolonthines et aux Scarabéines. Les espèces de certains genres de cette tribu ont des couleurs magnifiques, annonçant la vie au soleil, et encore, sous les climats les plus favorisés, comme les Rutèles, les Pélidnotes, les Chrysophores, etc., des régions chaudes de l'Amérique, les Anoplognathes de l’Australie. En Europe, nous n'avons rien d'aussi brillant. Les plus jolis sontles Euchlores, petits Coléoptères ayant la forme générale des Hannetons, et ordinairement une belle couleur verte, des antennes formées de neuf

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articles. L'une des espèces les plus répandues, est l'Euchlore de la Vigne (Zuchlora Vits), tout entier d’un beau vert métallique, avec les élytres striées et ponctuées, qui, assez fréquemment, occasionne des dégâts dans les vignobles. Un autre Insecte du même groupe, devenu le type du genre Phylloperthe, est une

sorte de petit Hanneton de la longueur de 8 à 10 millimètres,

d'un vert foncé, avec les stries d’un brun vif. C’est le Phylloperthe des jardins (Phyllopertha hortcola), que chacun, pendant l'été, remarque sur les arbres et les arbustes.

Les Scarabéines, parmi lesquels nous comptons des géants de l’ordre des Coléoptères, se signalent par leur corps lourd, massif, solidement cuirassé, par leur labre imperceptible, leurs mandibules puissantes, leur tête et leur prothorax presque toujours pourvus,chez les mâles de prolongements en forme de cornes. Les espèces du genre Scarabée ont des mâchoires garnies de dents, et tout nous montre chez ces Insectes un appareil buccal construit pour la trituration de feuillages durs et même de tissu ligneux. Les cornes que portent les mâles de ces Coléoptères leur donnent une physionomie étrange. Dans l’état actuel, on cherche en vain quel peut être le rôle de ces prolongements, qui présentent une grande diversité selon les espèces. Rien dans la vie de ces animaux ne faisant soupçonner leur usage, on est conduit à les regarder comme des ornements, comme des parures. Les grandes espèces de Scarabées habitent exclusivement les contrées du monde favorisées de la plus luxuriante végétation, les Antilles, l'Amérique du Sud, les Moluques. En effet, les larves de ces énormes Insectes vivent dans les vieux troncs, et l’on s'imagine quelle consommation elles doivent faire pendant le cours de leur existence. Parmi les gros Scarabées, les plus remarquables sont : le Scarabée hercule (Scarabœus hercules), au corps noir, avec des élytres olivâtres, brillantes, tachetées de noir, avec le front et le prothorax portant l’un et l’autre, chez le mâle, une

corne prodigieusement longue; une espèce voisine de la Nou-

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velle-Grenade, le Scarabée Jupiter, aux élytres noires comme les autres parties du corps; le Scarabée Actéon du Brésil, tout couvert d’une fine pubescence; le Scarabée Atlas de l'ile d'Amboine, ayant la teinte et le brillant du bronze, etc.

Les Scarabées de notre pays sont les Oryctes, distingués des vrais Scarabées par l'absence de dents aux mâchoires. Le type est ce gros Insecte brun luisant, pourvu sur le front d'une corne relevée, et si connu sous les noms vulgaires de Rhinocéros et de Nasicorne (Oryctes nasicornis). Sa larve, plus grosse que celle du Hanneton, avec les pattes plus courtes, vit dans les vieux troncs de Chènes pourris; mais aujourd’hui on la rencontre rarement dans cette condition, tandis qu’on peut être presque assuré de la trouver dans tous les endroits où il y a des dépôts de tan.

D'autres Scarabéides composent les tribus des Géotrupines et des Coprines. Ge sont les Insectes des fumiers, des bouses et de toutes les matières stercoraires. Les Géotrupines ont les mandibules et les mâchoires faibles, mais encore les mandibules de consistance coriace, et les antennes de dix ou onze articles. Les Coprines ont les antennes de neuf articles, les mandibules et les mâchoires petites et membraneuses, ce qui indique chez ces derniers que l'alimentation consiste en matières fluides. Le principal genre de la tribu des Géotrupines est celui des Géotrupes, qui, avec les Coprines, partagent l'appellation vulgaire de Bousiers. Durant les belles soirées de la fin de l'été et de l’automne, sur les chemins, au voisinage des murailles près desquelles sont habituellement déposées des immondices, vole, en produisant un fort bourdonnement, le Géotrupe stercoraire (Geotrupes stercorarius), gros Coléoptère d’un noir luisant, passant au vert, au bleuâtre, au violacé, avec des élytres fortement striées. La femelle de cet Insecte prend des soins particuliers pour le dépôt de ses œufs. Pratiquant dans la terre une sorte de puits profond, elle façoune une loge; dans cette loge, elle dépose un œuf et introduit dans ce berceau une certaine quan—

tité de matière stercoraire destinée à l'alimentation de sa larve.

Les espèces d’un autre groupe de la même tribu (Trogites), ayant les mandibules saillantes, composent principalement le genre Trox. Les Trox, d’une dimension très-médiocre, ont une physionomie caractéristique, due à leur couleur grise et aux aspérités que présentent leurs élytres. Ces Insectes aiment la poussière, ils en ont la teinte : sur nos chemins poudreux, on rencontre le Trox des sables (Trox sabulosus), petit Coléoptère long de 8 à 10 millimètres, ayant les élytres cannelées et garnies de petites touffes de poils. L’adulte et la larve se repaissent de cadavres d'animaux.

Parmi les Coprines (Coprophages des anciens auteurs), les Insectes auxquels est échue dans la nature la mission de fumer la terre, on distingue quelques types parfaitement caractérisés. Les Aphodies, au corps oblong (groupe des Aphodites), sont nombreux en espèces, et ces espèces, disséminées dans presque toutes les parties du monde, comptent parmi les plus petits Scarabéides. On aperçoit sur toutes les bouses l’'Aphodie du fumier (Aphodius fimetarius), insecte long de 6 à 8 millimètres, d’un noir luisant, avec les élytres d’un beau rouge. L’Aphodie fossoyeur (Aphodius fossor), d'une taille un peu plus forte et entièrement d’un noir brillant, se trouve dans les mêmes lieux.

Les Onitis (groupe des Onitites), avec des dimensions plus considérables, sont surtout caractérisées par des pattes postéricures massives et par un écartement considérable des pattes intermédiaires, donnant à ces Insectes une démarche bizarre. Les Onitis, habiles à fouir, vivent seulement dans les parties les plus chaudes de l'Europe, en Orient, en Afrique.

Les Coprites, qui leur ressemblent à beaucoup d’égards, s’en distinguent aisément par l'absence d'éeusson; les mâles en général portent des éminences sur le prothorax et des cornes sur la tête. Il y a dans ce groupe plusieurs genres remarquables, les Onthophages, les Copris, les Phanées. Les premiers, toujours

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d'assez petite taille, sont abondamment répandus dans le monde. L'un d'eux, l'Onthophage taureau (Onthophagus taurus), est tout noir, finement ponctué, le mâle portant sur la tête deux longues cornes arquées. Les Copris, assez gros Insectes noirs, habitent les régions chaudes et tempérées des deux hémisphères. Une seule espèce du genre se trouve dans l'Europe centrale (Copris lunaris), le mâle cornu, la femelle, autrefois regardée comme une espèce particulière, ayant une éminence frontale échancrée. Les plus crandes espèces sont africaines, comme le Copris d'Isis (Copris Isis), de l'Égypte. Les Phanées, bien distincts des précédents par leurs tarses dépourvus de crochets, appartiennent aux régions chaudes de l'Amérique. Ce sont dé magnifiques Coléoptères ayant des couleurs métalliques, dorées, vertes, bleues, violettes.

Un dernier groupe de cette tribu des Coprines est celui des Ateuchites, les Pilulaires de quelques auteurs, qui ont, comme les précédents, l'écusson caché, mais la tête, toujours dépourvue de protubérance, large, déprimée, avec son bord antérieur, où le chaperon, plus ou moins denté, les pattes postérieures beaucoup plus longues que les autres. Dans ce groupe, les formes sont multipliées, et les genres de l’ancien continent sont représentés par d'autres genres sur le nouveau continent. Les Ateuchus, qui donnent leur nom au groupe tout entier, sont de gros insectes noirs, particulièrement répandus sur les terres qui avoisinent la Méditerranée. Leur corps large et aplati les désigne aux yeux les moins attentifs. Chez ces Coléoptères, les jambes de devant, élargies, garnies de plusieurs dents trèsfortes, ne portent aucun vestige de tarse à leur extrémité. Il serait difficile de n’y pas reconnaitre des instruments de travail. En considérant la tête des Ateuchus, on songe également à une adaptation à certaine condition d'existence. Tous les Ateuchus ont les mêmes habitudes; arrèêtons notre attention sur l’une des plus grandes espèces, l’une des plus abon— dantes, le type du genre, l’Ateuchus sacré (Ateuchus sacer).

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Cet Insecte est commun en Provence, dans toute l’Europe méridionale, en Orient, dans le nord de l'Afrique, jusqu’en Égypte. Représenté sur les monuments de la terre des Pharaons et des Ptolémées, figuré en amulettes, placé dans les sarcophages, réputé sacré chez le peuple antique qui avait

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