LES ATEUCHUS SACRÉS
(Ateuchus sacer ).
le culte des animaux, on à dans ce fait l'explication du nom spécifique adopté pour notre Scarabéide. L’Ateuchus sacré, tout noir, avec la tête bituberculée, les élytres très-finement striées, les jambes antérieures quadridentées, n’a guère moins de 3 centimètres de longueur. Ce Coléoptère est doué d’in-
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stincts fort curieux. On le voit s’enfoncer dans les bouses; souvent aussi on le trouve par les chemins, roulant une grosse boule qu'il tient entre ses pattes de derrière. Quelle est cette boule? Dans quel but a lieu le travail de notre Insecte? Le besoin de mettre sa progéniture en un lieu convenable est le mobile de son activité. Une femelle pond un œuf, et au lieu de se contenter, comme les autres Coprophages, de le cacher au milieu d’une bouse ou dans une cavité, elle l’entoure d’une petite masse de fumier. Roulant cette masse sur le sol avec ses longues pattes postérieures, la boule est bientôt formée. L'Ateuchus doit alors l’enfouir; mais, pour trouver l'endroit où sa larve pourra vivre, il a parfois un assez long trajet à parcou— rir : avec le temps, il arrive à soh but. Y a-t-il un accident de terrain; sur sa large tête il soulève la boule, et la vue de cette manœuvre fait comprendre aussitôt la raison de cette forme de tèle assez étrange. Cependant, notre Insecte se trouve parfois arrèté par un obstacle insurmontable, la boule est tombée dans un trou; c’est ici qu'apparaîit chez l'Ateuchus une intelligence de la situation vraiment étonnante, et une facilité dé commu uication entre les individus de la même espèce, plus surprenante encore. L'impossibilité de franchir l’obstacle avec la boule étant reconnue, l’Ateuchus semble l’abandonner, il s'envole au loin. Si vous êtes suffisamment doué de cette grande et noble vertu qu'on appelle la patience, demeurez près de cette boule laissée à l'abandon : au bout de quelque temps, l'Ateuchus reviendra à cette place, et il n’y reviendra pas seul; il sera suivi de deux, trois, quatre, cinq compagnons qui, s’abattant tous à l'endroit désigné, mettent leurs efforts en commun pour enlever le fardeau. L’Ateuchus a été chercher du renfort, et voilà comment, au milieu des champs arides, il est si ordinaire de voir plusieurs Ateuchus réunis pour le transport d’une seule boule. Enfin, le but est atteint, il n’y a plus qu'à procéder à l’enfouissement. Il s’agit de creuser une fosse : les jambes de l’Insecte,
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avec leurs larges dents, ne sont-elles pas des bèches? et, si le tarse manque, c'est qu'une tige mince eût gèné les mouvements des jambes entamant un sol dur. Avec d'aussi bons instruments, la fosse est rapidement creusée; devenue suffisamment spacieuse, la boule y est placée; il faut la recouvrir, et alors les longues jambes postérieures, garnies d’une brosse, balayent le terrain et comblent la cavité.
On avait vu des amulettes et des peintures égyptiennes représentant un Ateuchus très-semblable de forme à l'Ateuchus sacré, mais avec une belle couleur dorée, et l’on avait cru à un embellissement de la part des artistes du pays des pyramides. On se trompait : l’Ateuchus doré des Égyptiens (Ateuchus Ægyphorum), retrouvé pour la première fois en 1819 par M. Cailliaud, n’est pas rare au Sennaar.
Des Scarabéides d'Europe plus petits que les Ateuchus ont des habitudes analogues : comme les Gymnopleures, bien reconnaissables à une forte échancrure des élytres en arrière des an— gles huméraux, une espèce (Gymnopleurus pilularius) est fort commune en France; comme les Sisyphes, qui ont le corps épais et les pattes postérieures très-longues : le type (Sisyphus Schæfferi) se rencontre quelquefois aux environs de Paris.
Notre dernière tribu de la famille des Scarabéides, les Passalines, formée essentiellement du genre Passale, renferme des espèces de grande taille, au corps long, aplati, avec le prothorax séparé du tronc par un étranglement, aux antennes arquées, aux pattes antérieures dentées. Les Passales, tous de couleur noire brillante, habitent les deux Amériques, les Indes orientales, l'Australie. Ils vivent dans les vieux trones et se cachent sous les écorces, comme l'indique, au moins chez la plupart des espèces, l’aplatissement du corps. Leurs larves, qui se nourrissent de bois pourri, ressemblent aux autres larves de Scarabéides, tout en offrant une curieuse particularité, caractéristique d’un degré de développement moins avancé. Leurs pattes
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de la première et de la seconde paire ont une longueur ordinaire , celles de la troisième paire ne sont LOUE: que par deux it tubercules.
Les Lucanes constituent une petite famille parfaitement délimitée, que, longtemps, on ne sépara point des Scarabéides. Des antennes plus longues que chez ces derniers et terminées par des articles en feuillets perpendiculaires à l'axe, ce qui fait paraître la massue plutôt pectinée que lamelleuse, donnent à ces Insectes une physionomie assez différente. Pour certains auteurs, ce caractère avait suffi pour motiver une séparation. D'un autre côté, de Haan ayant reconnu chez les larves des Lucanides, très-semblables d'aspect à celles des Scarabéides, quelques différences caractéristiques, notamment la position de l'orifice anal, on eut une nouvelle indication. Plus tard il fut démontré que le système nerveux, invariablement très-centralisé chez tous les Scarabéides, était fort éloigné de cette centralisation dans les Lucanides. Aucune incertitude ne pouvait persister à l'égard de l'importance du type.
Les Lucanides sont, en général, des Insectes de grande taille, qui se font remarquer par un énorme développement des man dibules chez les mâles. Ces pièces de la bouche, diversement courbées et diversement dentées selon les espèces, affectent l’apparence de grandes pinces, du reste fort peu redoutables. Il a été impossible jusqu’à présent de se rendre compte de l'utilité de ces grandes mandibules, dont le développement est très-variable entre les individus de la même espèce. Chez les femelles, ces pièces sont de proportions ordinaires et garnies de dents qui les rendent propres à couper le feuillage des arbres.
Les Lucanides sont disséminés dans les différentes parties du monde, mais leurs espèces sont surtout abondantes aux Indes orientalés, dans les îles de la Sonde, des Moluques, ete., d'où elles sont encore assez rarement apportées en Europe. Ces Insectes, qui habitent les bois, ne se montrant ef ne volant que
LIBRAUUE GERMEN WAILLIÈRE, IMPR, DE E, MARTINET,