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CHAPITRE II

EXAMEN PLUS APPROFONDI DE LA NATURE DE l'acte de percevoir le COMMUN OU LE GÉ- NÉRAL. ^

1. — L'Ego (c'est-à-dire le sujet attuitif engendrant la spontanéité appelée Volonté, ou, exprimons-nous ainsi, fonctionnant Volonté et par là se transformant en Ego) dans son désir d'appréhender ou de connaître, continue maintenant de propos délibéré à chercher et à saisir la caractéristique qui est commune à beaucoup d'objets extérieurs, exactement comme, consciemment, il cherche et saisit le différent et le spécifique dans rindividuel. Les actes sont réellement de la même espèce. Le dernier est simplement l'affirmation:, ou la: connaissance d'une seule qualité ^/w5 l'affirmation qu'elle peut être donnée comme prédicat à une totalité extérieure individuelle [single] ; le premier est la même affirmation plus l'affirmation que la qualité peut être donnée comme prédicat à plus d'une totalité individuelle [singlej. Le pur pouvoir dynamique de la Volonté est tel qu'elle peut affirmer une qualité et, dans ' le même temps, affirmer ou sous-affirmer que cette

(i) Les termes ce Généraux » bu « Communs » semblent meilleurs que les termes « Universaux » ou « Prédicaments ». Ce dernier terme, il est préférable de le réserver pour les Catégories a posteriori'^ et « Universaux » pour ces prédicables qui s'appliquent à tous les objets quels qu'ils soient, par exemple : la Quantité, la Qualité, etc. (Noie de f Auteur).

I04 Le Commun ou le Général.

qualité se rapporte à une pluralité d'objets, par une répétition rapide dans la pensée des objets dans lesquels cette qualité a été perçue comme commune.

2. — Toutefois, cette répétition infiniment rapide de nombreux objets dans la pensée devient de très bonne heure non nécessaire, parce que le fait de la communauté comme telle — en tant que chose à rechercher et à découvrir — a déjà été affirmé. Il suffit par conséquent de penser le percept, comme une entité de pensée, par exemple, « le vert » ou « la dureté » ou « la rudesse », pour évoquer à la conscience tout ce qui est indiqué par ces termes en tant qu'ils sont des « communs », que nous les appelions qualités communes (en nous référant tacitement aux objets), percepts communs (en nous référant tacitement au sujet percevant), ou termes communs (en nous référant tacitement au vocable par lequel ces qualités ou ces percepts sont dénotés). La Volonté, en un mot, affirme la qualité et aussi le fait qu'elle a déjà été affirmée commune (par exemple n la propriétéde- ruminer » est une qualité de toutes les vaches), sans entrer de nouveau, à propos de son caractère commun, dans le détail de la manière dont celui-ci fut originairement discerné grâce à la perception de la même qualité dans des objets successifs. La Volonté est soutenue dans cette opération (non pas rendue capable de cette opération) par l'expédient du langage qui fournit des mots quantitatifs (« beaucoup » ou « tous ») symbolisant le fait, affirmé, de la communauté. Ceux-ci donnent, dans une proposition, une énonciation explicite, visible ou perceptible à Touïe (sensible) à ce qui, au-

Le Commun oit le Général. io5

trement, serait une afi&rmation silencieuse. Le nom même qui présente le percept sous forme d'entité, en réunissant une série d'affirmations silencieuses antérieures et particulières, facilite largement le progrès de la volonté dans la connaissance, les noms étant (comme on l'a dit avec raison) les forteresses de la pensée.

3. — Une Généralisation, par conséquent, est un simple acte de la Volonté concentrée sur un percept individuel [single] séparé et en outre un second acte ou acte synchrone de la Volonté affirmant que ce percept a été trouvé en beaucoup d objets. Ce second acte est s)anbolisé par le mot « beaucoup » ou « tous » lorsque les observations ont été complétées et rapportées à quelque groupe tel que « homme » ou « vache », et il est exprimé dans la forme d'une proposition : par exemple, « toutes les vaches sont ruminantes » (c'est-à-dire* la propriété- de- ruminer est en toutes les vaches). Cet expédient verbal consolide, en leur donnant une expression vocale, les nombreux actes séparés et antérieurs de la Volonté. La Volonté affirme le percept, et ensuite ou en même temps affirme la généralité du percept, c'est-à-dire sa propriété d'être donné comme prédicat à un nombre déterminé ou indéfini d'individus. S'il est propre à servir de prédicat à beaucoup d'individus, on peut l'appeler un (percept) commun plural [a plural commun] fou une généralisation partielle) ; s'il peut être prédicat de tous les individus 4'une classe, on l'appellera alors un (percept) commun général (une généralisation proprement dite).

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