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III. Sur le Sujçt des Percepts a priori

Pour en revenir à notre objets après la digression que nous venons de faire dans l'histoire naturelle :

Si nous voulons mettre la main sur quelque matière ou contenu de la connaissance qui n'appartienne pas, en dernière analyse, au sens interne ou externe, c'est dans Tactivité pure de la Raison qu'il nous la faut chercher. Il est à peine nécessaire de redire que par Raison nous entendons le pur pouvoir-volonté du sujet conscient et le processus par lequel il se réalise dans l'acte rudimentaire de percevoir. C'est ici qu'il faut chercher les prédicats synthétiques a priori , s'ils existent. Et ici nous les trouverons : car ce mouvement-Raison renferme implicitement en sa nature intime plusieurs apports à la connaissance, ayant leur origine dans le sujet ou a priori, apports qui, de plus, sont des prédicats universels et nécessaires de tout autre contenu de la connaissance, et font leur apparition en cette qualité.

Les nouvelles connaissances [cognitions], qui ont leur source dans le processus dialectique par lequel nous connaissons, sont des connaissances nées de la Raison, et elles doivent être ajuste titre nommées percepts Dialectiques et distinguées ainsi des connaissances qui trouvent leur matière dans le sens, interne et externe.

i5o La Matière

Si ces Percepts doivent se découvrir, c'est nécessairement dans le mouvement initiatif lui-même — la Volonté, dans le modus ou la forme de son mouvement, ou, dans l'aboutissement de son mouvement. ^

1. — La Volonté, comme fonction assumée par la conscience-sujet, présente à la conscience un fait nouveau, mais comme telle elle n'entre pas à titre de prédicat synthétique dans le contenu de la conscience.

2. — Dans l'aboutissement du mouvement — l'aflErmation, nous trouvons le fait de l'Etre et de l'Identité, A est A.

3. — L'Etre du présenté posé devant moi, grâce auquel ce présenté est un réel [^ctual] et est affirmé (et affirmable), est, lorsqu'on le maintient, en qualité de percept, à part du présenté phénoménal, dépourvu de contenu, non-déterminé, non-fini — par suite absolu et infini, exactement comme il l'est dans le sentiment [Feeling]. L'Etre-universel, comme fondement de l'universaUté de la présentation sensible, réelle ou possible, est l'Absoluto- Infini, Dans sa relation au particulier, il est le fondement absoluto-infini du fini. Il confère la réalité [reality] sans laquelle tout serait fantasmagorie.

4. — Ce résultat final du mouvement, qui nous donne l'Identité et nous révèle l'être absoluto-infini sous la forme de quelque chose de déterminé existant là [as a determined there], n'est pas atteint d'une vue immédiate, mais médiatement. Et dans cette forme

(i) Ce qui suit anticipe sur Texposé plus raisonné et peut être accepté à titre provisoire. (Note de V Auteur,)

et les Sources de la Connaissance. i5i

de médiation (qui a déjà été exposée au chapitre : « La Forme du Percevoir ») nous trouvons la Cause comme fondement de l'affirmation. Et comme cette Forme est le modus nécessaire de tout acte de connaître, il suit que tout contenu phénoménal de la connaissance ne peut être pour la conscience que causé; et, en outre, c'est seulement dans les choses et par l'intermédiaire des choses que la cause existe jamais pour nous. La Cause est un percept dialectique, et elle est aussi le fait objectif dans le tout des choses.

5. — Le processus de médiation ou causal comprend, implicite en lui, un aboutissement ou une Fin [End]. Ainsi les choses sont connues par nous comme constituées téléologiquement — la fin de chacune étant ellemême.

Par conséquent, l'Etre, TAbsoluto- Infini, la Cause, la Fin sont tous suscités , [thrown into] dans la conscience, comme purs percepts, par le processus- Raison: et, de plus, ils y sont suscités d'une manière qui les constitue prédicats a priori ampliatifs ou synthétiques de tout contenu possible fourni à la Raison en qualité de data.

Ces produits de l'activité pure, nous les nommons Percepts Dialectiques ou catégories a priori, et, dans leur relation phénoménale, prédicats synthétiques a priori, non dans un sens simplement formel, mais dans un sens réel [in a real sensé]. Il nous reste, après cet exposé préliminaire, à les examiner d'une manière plus approfondie.

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