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CHAPITRE II

l'être, universel et nécessaire.

La substance [substantia] des choses est simplement <r l'être » de celles-ci, donné dans le Sentiment à la fois comme réalité et comme la garantie de la réalité de tout ce qui nous est présenté. J'ai parfois employé le mot « réel » [real] comme équivalent de phénoménal, mais c'est faire un mauvais emploi des mots, quoique justifié par l'histoire de la philosophie, que de parler d'un réel, d'une res qui n*est pas. Mais le réel [the real] comme être doit, par manière de distinction, être appelé l'intégralement réel [the actual]; quoique, à parler plus strictement, l'intégralement réel soit le phénoménal plus l'Etre et toute la Dialectique de l'Etre. L'Etre est une donnée universelle du Sentiment [a universal of Feeling].

D'autre part, le résultat de la Perception — un simple Percept — n'est pas lui-même simple, mais est une implication de jugements qui existent déjà dans la forme imparfaite et non-rationnelle du Sentiment. L'être ou l'exister [isness], dans ces jugements, est le pivot central de l'affirmation.

i66 UEtrc, Universel et Nécessaire.

L'Etre se trouve aussi dans chaque moment de la Dialectique. A- est ou A ou B; A n'est pas B; .'.A est A. L'Etre est ainsi le seul véritable universel. Mais, en outre, attendu qu'il est un percept dialectique (dans l'affirmation de perception) il est un nécessaire aussi bien qu'un universel : un nécessaire, parce que le processus de la raison ne peut s'éluder soi-même [escape itselfj : ce qui est en lui et le constitue est nécessaire à son être et à son activité ; tout comme les autres moments de la dialectiqne sont nécessaires parce qu'ils constituent l'acte de raison.

On répugne instinctivement à morceler le concret d'une conscience et à considérer ses moments séparément. Il y a de fortes raisons justificatives de cette répugnance. Nous, cependant, c'est précisément de cette façon que nous connaissons ce que nous connaissons des objets : nous les réduisons aux unités qui les font exister, et par une synthèse subséquente nous les reconstituons pour en obtenir une vraie connaissance. Le processus est analytico-synthétique. Maïs si j'abstrais l'Etre — le seul universel et nécessaire — je ne puis rien affirmer (je l'ai déjà déclaré) que lofait même de « l'être )», comme fondement universel. L'Etreuniversel est l'Etre de l'universalité des choses — constitutif de cette universalité. Il semble que ce soit là tout ce que nous puissions dire; et pourtant, par la vertu des lois d'Identité et de Contradiction, nous pouvons faire certaines affirmations, comme nous venons d'en faire, et comme nous en ferons d'autres encore dans le chapitre suivant.

L'Etre : La Potentialité. 167

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