‹ Metaphysica nova et vetusta:Chapitre 48 sur 67 · V. La Relation des individus · texte numérisé non relu

V. La Relation des individus

a) Sous le rapport de la quantité ou de l'espace; le plus grand et le moindre; ainsi que la situation locale — Où,

b) Sous le rapport de la qualité ou du Comment — Le Degré.

c) Sous le rapport de la coexistence et de la succession du mouvement. Cette dernière relation enveloppe la Séquence dans le Temps et le Quand i.

Ces data du sens sont dans le sujet sentant [in sensé] et ils sont réflexivement extériorisés par le sujet-conscient : ils sont ensuite généralisés et affirmés par la raison et ils deviennent des prédicaments du réel [real].

Interprétée par ces catégories a posteriori, la Nature serait encore anarchique — serait, tout au plus, une simple réunion et disposition de faits. C'est dans la Forme du Percevoir, qui aboutit au jugement affirmant l'identité de A, que nous trouvons implicitement contenues les catégories de la Raison pure — les pré-

Ci) a) h) c) sont la base de la perception de ressemblance et non-ressemblance entre les individus. (Note de V Auteur).

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dicats synthétiques a priori nécessaires. Celles-ci transforment la confusion en ordre, et Tordre, à son tour, en système et en unité organique, et ainsi elles interprètent le monde et constituent la connaissance.

Les catégories a posteriori peuvent être nommées les summa gênera de la réceptivité — la généralisation de ce qui est donné dans le Sens. C'est un fait positif dont témoigne notre histoire, que pas un objet donné dans le Sens ne nous fournit de lui-même toutes les catégories; mais, traité d'une manière appropriée (si on lui fait donner tout ce qu'il contient i, pour ainsi dire), tout objet peut les fournir. Puisque les summa gênera sont les généralisations de l'expérience de tel et tel et tel autre objet du domaine du Sens, épuiser leur liste en les appliquant à un objet quelconque serait épuiser tout ce qui peut 0tre dit de cet objet en tant que datum — ou, pour présenter la chose autrement, toutes ses déterminations en tant qu'il est un «( quelque chose » extériorisé. Par conséquent, il n'est pas incorrect de parler des catégories comme des summa gênera d'affirmation possible — tant que tout s'y borne à enregistrer l'enseignement du sens.

La déduction génétique de ces catégories à partir d'un principe d'unité me paraît impossible, du point de vue du Dualisme. Pour le sujet fini, elles ne peuvent être que des généralisations des data du sens, tout simplement parce qu'elles sont données an sujet, et non dans et par la raison. Une telle tentative de déduction génétique ne serait en conséquence, tout en étant par-

(i) Littéralement : « si on lui fait prendre toutes ses allures »,

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faitement possible, qu'un exercice de Timagination constructive et spéculative; et, par suite, ne serait pas science. L'arrangement des catégories sous quelque conception plus générale, telle que Substance et Accident, est purement logique et extérieur.

B) Catégories de la Perception. — Percepts Dialectiques ou Catégories 83mthétiques a priori.

Maintenant, la question se représente : Comment le sujet conscient àttuitif procéda-t-il à TefFet de prendre possession des recepts a posteriori et de les convertir en percepts, les élevant ainsi du plan du sentiment à celui de la Raison ?

Tout comme, dans la question des Catégories de la Réceptivité ou du Sentiment, j'eus à renvoyer le lecteur à la Première Partie, qui traite des faits de passivité réflexe; de même maintenant, dans la question des Catégories de la Perception, je dois renvoyer le lecteur au chapitre qui traite des faits élémentaires de l'activité pure. Il me faut observer le Sujet en tant qu'il fonctionne Volonté, et discerner les moments successifs du mouvement un par lequel il affirme. Les catégories a priori ainsi reconnues ne se trouvent pas côte à côte dans l'esprit humain, mais elles sont elles-mêmes le processus de l'esprit en tant que raison — elles constituent la raison. Elles sont une unité de mouvement vivant.

Le premier moment que l'on trouve dans la Dialectique, à savoir la Volonté, n'est pas in rébus. Nous ne pouvons le placer dans la nature qu'en l'y plaçant sans donner de raison (exploit spéculatif assez commun), ou

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en montrant qu'il est implicitement contenu dans la Cause comme mouvement. L*on ne peut dire que nous saisissions les choses comme voulues. Le mouvement-volonté les constitue pour nous, il est vrai; mais il est, comme tel, mouvement pur, et il n'est pas encore, à cette phase initiale, venu en contact avec aucune matière que ce soit, ni avec un contenu de quelque espèce. A ce moment, le sujet-conscient n'est encore qu'en route pour la préhension et compréhension des choses — en route pour reprendre les data qui se trouvent déjà dans le sentiment et subsumer au sujet, pour les connaître, les mêmes data. C'est dans Ic/ttocessus de ce mouvement-Volonté, non dans le mouvement en tant que principe initial du processus, qu'on peut découvrir les catégories a priori. Lorsque je me jette, pourrais-je dire à ce sujet, sur le divers et le multiple de la matière donnée dans le sentiment, c'est de force que je me fraye un chemin parmi les éléments anarchiques du sens, à l'effet d'atteindre en eux et pour moi-même une fin. Le mouvement est porté par moi sur eux et parmi eux. Les mouvements cinétiques ou promoteurs [initiating] qui s'accomplissent en moi fournissent V analogie d'un moment premier dans la constitution de la Nature ; mais, en fait, je ne saisis pas la Nature comme « voulue » , mais plutôt je veux saisir la nature. Placer arbitrairement dans la Nature la Volonté, comme Volonté purement cinétique ou dynamique, ce serait imiter la fausse méthode de certains systèmes, et faire jaillir, d'un coup de baguette magique tto shoot out of a pistol], un principe qui opère des merveilles. Et lorsque nous avons mis là la Volonté,

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elle ne se peut plus distinguer d'un simple primum mobile. Nous devons nous garder des tentations spéculatives.

Le moment dynamique qui existe dans la nature, nous ne le connaissons qu'en tant qu'il est impliciteitient contenu dans le processus causal ou de médiation, considéré en général. Nous ne devons pas confondre la catégorie a posteriori Mouvement (la chose est assez claire) avec le nisus a priori ou déploiement d'énergie dans l'Esprit ou dans l'Etre. Ce moment de commencement cinétique [kinetic initiation] — ce nisus dans l'universel objectif — nous ne le constatons en aucune façon, à titre de donnée nécessaire, par l'intermédiaire du conatus ou nisus qui a lieu dans le sujetconscient (Volonté). Celui-ci est plutôt, lui-même, un cas du fait universel.

La Volonté mise en exercice, ou plutôt le sujet fonctionnant Volonté, aboutit à une détermination : celle-ci est la résultante, l'aboutissement, l'achèvement de la dialectique appliquée à percevoir, en tant que celle-ci est déterminée du dedans d'elle-même, et en aucune manière par les choses avec lesquelles elle a commerce. Mais de plu^ —

La Volonté mise en exercice et fonctionnant a atteint son résultat après un « ou bien — ou bien », et la forme est la Loi du milieu Exclu — la Catégorie de la Possibilité.

Le moment suivant dans le processus est : a n'est ' pas b (non-a) — la Catégorie de la Négation,

Le moment suivant est : « C'est pourquoi » ; c'est-àdire que, grâce aux deux moments antécédents pris

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comme prémisses et où cette aflSnnation est contenue, a est a. C'est là la Catégorie de Raison-Sufl&sante : Déterminarit-de telle manière- La conclusion est telle que nous Tavons expliquée plus haut, et elle contient la Catégorie de T Identité, la Catégorie de l'Etre, la Catégorie du Quantum (détermination ou finitude dans la pensée), et la Catégorie du Quale (le déterminé-de telle manière dans la pensée). D'un bout à l'autre de tout ce processus circule la Catégorie de l'Etre. L'objet est ou a ou 6 ; il n'est pas b ; c'est pourquoi, il est a, L'Etre est le seul universeL Par conséquent, l'exposition explicite du processus devrait se faire de cette manière: L'Etre est ou bien en qualité de a ou bien en qualité de 6, l'Etre n'est pas en qualité de b, c'est pourquoi l'Etre est en qualité de a. Bref, l'Etre Universel est ainsi quantifié et qualifié. Plongé comme il est dans l'Etre imiversel, l'homme ne peut s'en évader ni dans la sphère du Sentiment ni dans celle de la Raison.

Remarquons encore comment la chose est saisie par et dans le mouvement dialectique. Elle (le déterminé) est saisie comme « un quelque chose » possible et comme « un quelque chose » causé. Le processus entier, du commencement à la fin, est un Processus de médiation ou Processus Causal.

Du point de vue d'une conscience en acte [actual] (ou, en général, d'un esprit), la Cause formelle ou qualitative, et la Cause finale ou Fin, et la Cause efficiente (par celle ci nous entendons ici le mouvement ou nisus initiatif) sont toutes des moments dans une unité à la fois d'acte et de pensée. Cela est si manifeste que

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même lorsqu'il est question d'un organisme sensible, par exemple d'une plante, personne ne peut séparer, sauf dans la séquence temporelle, le fruit de la potentialité de ce fruit dans la semence. La fin eàt déjà dans le commencement, et le commencement est dans la fin, et le mouvement initial de réalisation se trouve dans le résultat final en tant que réalisé. De même, dans les catégories a jpriori, si j'ai la Cause et la Fin comme moments, j'ai, implicitement contenu en elles, un commencement — un nisus initiatif .

Ainsi, en appréhendant la Nature comme Causée, et comme ayant une Fin, l'on pose le nisus initiatif; ■et ce que nous faisons réellement, nous esprits finis, c'est étreindre ou saisir le tout universel comme constitué téléologiquement. Les catégories a priori constitutives nous contraignent à posséder toutes choses dans la pensée sous la forme d'un tout reposant sur un fondement téléologique.

Je pense que si nous nous bornons strictement à enregistrer les données a priori, le bref exposé ci-dessus en épuise la liste. Nous n'y trouvons pas l'organisme ou l'organisation. Pour celle-ci, la contribution de Va posteriori du sens est nécessaire. Ce sont des complexes qui sont présentés à mon sens, et la condition que Je dois remplir pour les connaître est de faire une diathèse du complexe en ses parties et une synthèse de ces parties qui reconstitue le complexe posé devant moi : et, dans cette mesure, il y a connaissance. Mais ce processus lui-même est mis en œuvre sur la présomption qu'elles se combinent en un tout qui est vine MET. 16

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unité — la <c chose 3f> résultante qui est devant moi. C'est ici qu'intervient la nécessité de la raison qui a priori exige simplement, comme fin d'un mouvement, un tout constitué, et rien de plus. Le fait phénoménal de parties s' agrégeant en un tout qui est une unité est ainsi nécessairement conçu comme une unité dont les parties sont gouvernées par le tout et se trouvent dans une réciprocité (relation causale) qui détermine le tout comme unité; et c'est ainsi que nous obtenons notre concept d'organisme ou d'organisation.

Par conséquent, la notion d'organisation naît de la combinaison du fait a posteriori et de la catégorie a priori téléologique.

Ainsi, nous saisissons et interprétons l'expérience comme un système causé et projeté [purposed], reposant sur le fondement-universel de l'Etre, Etre-universel dont toutes les choses sont, par l'entremise de la Dialectique de la Raison, les déterminations. Non seulement ces catégories se présentent à titre de catégories in rébus, mais nous ne pouvons par aucun effort d'esprit les construire, pour notre propre consciencepersonnelle, comme objet de connaissance, si ce n'est en qualité de catégories in rébus.

Nous sommes maintenant en mesure d'énumérer ces prédicats synthétiques a priori.

Catégories de la Perception ou Prédicats Ssmthétiques

a priori.

I. L'Etre-Universel (absoluto- infini , et fondement de toute détermination possible).

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