‹ Metaphysica nova et vetusta:Chapitre 49 sur 67 · VIII. Le Nisus Cinétique · texte numérisé non relu

VIII. Le Nisus Cinétique

Catégories dérivées : a) Le Nexus Causal ; b) La Notion d'Organisation.

Le Nexus Causal de ab est une catégorie dérivée : il repose sur la Catégorie Causale, opérant au sein d'une série phénoménale et exigeant que b soit causé, et sur la Catégorie d'identité qui détermine la synthèse particulière ab (voir le chapitre sur la Cause).

D'autre part, ce qui à l'égard du « simple » [« singular »] n'est que le moment téléologique, devient la notion d'Organisation, du moment que c'est un complexe phénoménal que j'ai devant moi.

Il y a certains termes qui ont l'air de dénoter des catégories, mais qui n'en dénotent pas.

Par exemple, la « substance » est simplement l'Etre d'une chose par opposition. à la détermination finie phénoménale en quantité et qualité. Le « Sujet » ne naît que comme corrélatif de l'Objet : en lui-même, il

(i) In concreto, quantum et quaU, {Noie de V Auteur),

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est, dans la sphère universelle de l'esprit, de ses formes les plus basses aux plus hautes, simplement ce qu'est la Substance dans la sphère du sensible.

Le résultat général est qu'il y a, donné au sujet, un monde extérieur, datum dont les formes sont généralisées dans les Catégories a posteriori de la Réceptivité. Ce monde une fois donné, ce Sujet, par un mouvement libre, s'empare, selon un certain procédé qui est un procédé nécessaire, de toute la matière a posteriori y en vue de la connaître. Le procédé selon lequel il s'en empare constitue une série de moments qui fournissent les Catégories a priori. Et le nouveau résultat obtenu par là est, que le tout de la matière a posteriori est nécessairement conçu comme « l'Etre procédant à sa propre détermination causalement et téléologiquement ». La chose individuelle est subsumée telle par moi, et, conséquemment, c'est telle aussi qu'est subsumée la totalité en tant que système.

Ainsi se trouve justifiée toute tentative de réduire à une unité les lois empiriques de la nature. Ces catégories interprètent et systématisent la Nature. Car c'est dominés par le mouvement des catégories a ^rfoW, mouvement inévitable et se déterminant par soi, que nous prenons contact avec les catégories a posteriori ' de la réceptivité, et que, nous emparant de la matière ' du Sentiment, nous saisiesons sous nos prises le monde comme un organisme, dans l'unité -finale de la Pensée.

La conception de la nature comme système ordonné et unité organique, nous la trouvons ainsi implicitement contenue dans le simple acte de Percevoir —

Catégories de la Perception. 24S.

r^cte premier et élémentaire de la Raison — acte danslequel sont enveloppées toutes les catégories a priori. En d'autres termes, le réseau [the network] de tout ce, qui est, ou peut être, objet de connaissance, est la forme du Percevoir, qui est à la fois raison et raisonnement; car le s3dlogisme, inductif et déductif, procède médiatement par notions générales positives, tou;t comme la Perception procède médiatement par négation.

Du commencement à la fin, nous ne prenons connaissance de cet élément formel que dans Tacte de saisir la nature, c'est-à-dire in concreto. C'est dans ces conditions et. non autrement qu'il s'offre. C'est là ce qui fait que cette forme de la pensée est non seulement le réseau de la raison, mais aussi le réseaU; de la nature elle-même — ^ est constitutive de la nature. Les Catégories n'interprètent pas seulement la nature, pour moi ; elles interprètent la nature pour elle-même. Lq grand Datum qui est en face de moi, qui m'est, donné dans le sentiment et par son moyen, est simplement, comme tel, un mystérieux fait en extension,, mouvement, et relation qui, en tant que fait, me subr jugue spirituellement, tout comme il subjugue finalement ma machine naturelle en la dissolvant en ses. éléments. La Nature est le vêtement dans lequel l'Etre-Absolu-Causal Se présente au sens, et dans et SQUS lequel. Il vit et travaille^ Notre vision peut aller jusque-là; mais le domaine entier du sentiment semble défier toute réduction à des termes inférieurs à ceuxci : l'extension, le mouvement, et la relation.

C'est quelque chose toutefois (n'est-ce pas assez?)

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d'être assuré que Textérieur n'est pas simplement un x niant ma conscience-personnelle, mais qu'il est, au contraire, la Raison extériorisée; et que, comme raison universelle, il est un avec les moments de ma raison finie. Ma raison finie se porte au dehors pour découvrir elle-même dans la nature, et, l'y trouvant, trouve aussi Dieu, comme Etre et Raison.

Lorsque, sous l'impulsion du libre nisus de la Raison, nous aurons finalement atteint la vérité physique — les lois statiques et dynamiques des choses (c'està-dire les relations et corrélations) en et par lesquelles Tuniverselle-Raison s'exprime et vit — nous ne posséderons, même alors, que le plan-géométrique [groundplan] du monde comme extension^ mouvement et relation; mais, nous ne seroils pas plus proches de Dieu que nous le sommes maintenant, si nous voulons seulement ouvrir nos yeux. La philosophie observe le mouvement physico-scientifique avec un intérêt que le pur physicien ne peut comprendre. Elle désire voir "une construction des catégories physiques ultimes. La concentration du regard de l'esprit physico-scientifique sur les conditions physiques le rend malheureusement aveugle pour la philosophie; mais ce n'est que pour un temps. L'antagonisme est ridicule. Mais le métaphysicien doit se rappeler que le phénoménal ne peut être expliqué que par le phénoménal; la métaphysique ne peut l'expliquer. La tâche de la Métaphysique se résume à exposer les formes par lesquelles la Raison libre saisit le tout des choses soiis ses prises, et à montrer que celle-ci est aussi la forme de l'existence, c'està-dire est Raison-universelle. Elle révèle ainsi le prin-

La Réduction à V Unité. 247

cipe universel sous-jacent au tout et constitutif du tout. La relation qui existe entre cette Raison-universelle et le phénoménal, entre T Infini et le Fini, c'est en vain que nous tentons de la pénétrer. Nous faisons des conjectures, et, inévitablement, nous nous enveloppons dans des contradictions.

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