‹ Metaphysica nova et vetusta:Chapitre 51 sur 67 · LA DÉFINITION · texte numérisé non relu

LA DÉFINITION

J. Une Chosje.

Un agrégat d'unités de sensation qui est venu s'imprimer sur la coascience attuitive est une a chose» dans le monde du sens. Mais cette chose, ainsi que nous Pavons dit fréquemment, doit être appelée une totalité seulement; et, du point de vue du sujet sur lequel elle s'est imprimée, uue synopsis dans la sensibilité. Mêiùe lorsque la totalité çst pour la première fois jfjsrçue comme un objet uuique niaut les autres objets, sçs parties sont encore à l'état de synopsis vague et attuitive dans la conscience du sujet percevant (maintenant) rationnel. La différenciation de? parties, à laquelle la Volonté est pou^^ée immédiatement ensuite par une nécessité interne, transforme l'agrégat de qualités ou la synopsis en une synthèse, qui n'est plus désormais uue simple totalité, mais une unité dans la perception ^^ un conceptrsenaible individuel. Lors même que nous avons épuisé sur l'objet les Catégories a posteriori,

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nous n'avons encore qu'une synthèse dans le sens — un concept- sensible. Sans doute, nous avons accompli un progrès considérable dans la connaissance de la chose qui nous est présentée, mais nous ne la connaissons pas encore, La réunion en une somme de ses qualités sensibles n'est pas la vraie « chose ».

C'est maintenant aux Catégories a priori à entrer en scène. Elles ont, il est vrai, été présentes à l'état implicite dans la perception et la conception, mais elles n'ont pas encore opéré avec conscience d'elles-mêmes. Elles nous disent maintenant que l'objet est^ qu'il existe comme une fin en et pour lui-même, et qu'il atteint cette fin en tant que causé. C'est-à-dire que les parties sont inter-dépendantes ; qu'il y a une fusion ou (plus correctement) une corrélation de parties déternrinée-ie manière à réaliser la chose. Cette réciprocité interne des parties est pensée inévitablement sous la pression des formes dialectiques a priori.

L'unité n'est plus désormais une simple s5mopsis, n'est plus désormais une simple synthèse de qualités — un simple composé ; mais un complexus, effectué sous la pression des Catégories a priori, de parties en relation mutuelle, inter-dépendantes, réciproques. La « chose », aussitôt que l^s Catégories a posteriori et a priori ont les unes et les autres reçu en et par elle leur plein contenu, est connue, et, par conséquent (en conformité avec l'étymologie), nous pouvons dire que le concept est devenu maintenant la notion. 'Lz. notion est vraiment la « chose » (il va sans dire que la chose ne cesse pas un instant d'être là, subsistant en dehors de moi). La notion est Tunité raisonnée de la syn-

La Chose, aSg

thèse. Tous les moments de la dialectique sont enfermés au sein de [are shut up within] l'objet ou de la chose.

Ainsi notre connaissance a différents degrés, et elle doit toujours être provisoire, quoique gagnant continuellement en richesse, jusqu'à ce que nous ayons finalement donné leur contenu et aux Catégories a priori et aux Catégories a posteriori. Dans Tintervalle, ce qui est connaissance pour un homme est ignorance pour un autre homme ; et il en sera ainsi jusqu'à ce que la science physique ait reçu son achèvement.

L'inter-relation et la réciprocité des parties, nécessaires à la constitution d'une « chose », nous révèlent que la fusion que nous appelons le « tout » n'est connue que par les parties, et les parties, pareillement, par le tout. C'est-à-dire que la « chose » est un organisme. Même les conditions dynamiques et chimiques qui constituent une pierre sont, d'un point de vue philosophique, organiques.

La « chose » donc en tant que datum est, pour ainsi dire, le produit des Catégories a posteriori] en tant que connue, en tant que la notion, elle est le produit des Catégories a priori. Mais je voudrais redire, usque ad nauseam legentis, que les Catégories a priori sont connues d'abord, et connues seulement, dans la chose, sont connues à titre de contenu véritable de la « chose » ou de contenu recelé en elle [as véritable content of, or within, the « thing »]. Elles sont formelles, il est vrai, mais cela signifie seulement qu'elles sont, et sont possibles pour nous, grâce au pur mouvement de la Raison. Elles sont la pensée qui, passant d'abord en

cfièo UEssenfi^ iU h Chose.

nous, émane eniuite de m>^o, non pour êtr^ imposa au phénoménal, mais pour toe 4écouverte en lui, en ce phénoménal qui, pris conjointement avec cette p^sée ou ce penser, isst Je ré^ inté^al [tbe actual].

L'on peut dire encore qi»e la chose e»t un syçtème de prédicats organisés, et cooune telle une entité indépendante {an sich) : et pour^uat, elle n'est pas indépejidaate (au sens strict), attendu qu'elle est djMis et par la dialectique universelle, et, de plus, en réciprocité universelle avec tout le F€»te.

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