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tions du toucher dans son acception la plus générale; incomplète, car, en faisant la part de l'ouïe ou du son reçu, elle passe sous silence le son produit ou donné, c'est-à-dire la parole. Evidemment le son donné et le son reçu, surtout au point de vue de l'intelligible, ne doivent être en réalité qu'un sens, complexe il est vrai, mais d'une corrélation nécessaire.
Cette énumération des sens n'est donc pas exacte ; voici celle qui me semblerait devoir lui être substituée :
Quil ny Cl en réalité que trois sens : la Tarole-Ouïe, la Vision et le Toucher.
La matière n'affecte forganisme humain que de trois manières : par le son, la configuration et la juxta-position, c'est-à-dire en tant que sonore , visible et palpable (i).
La matière, en tant que sonore, correspond au sens de la Parole-Ouie, c'est-à-dire au sens du son produit et reçu : double expression des deux modes de la même fonction, si identiquement réciproque, que, dans l'homme incomplet de naissance, la négation de l'une emporte la négation de l'autre, et a fait créer le mot unique de sourd-muet. Ce sens, disons-le en passant, révélerait à lui seul la nature éminemment sociable de l'homme ; car il est l'organe propre de la communication des âmes.
La matière, en tant que visible, correspond évidemment à la Vue, c'est-à-dire au sens de la configuration
(i)Dans la première édition j'avais dit : auditible, visible et tangible, et je l'ai répété dans mes Lois intimes de la société. Assurément ces deux divisions de la matière, par rapport à nos sens, sont assez synonymiques pour qu'on les puisse prendre indifféremment l'une pour l'autre; mais dans un ouvrage écrit avec la préoccupation d'être avant tout simple et clair, j'ai dû préférer celle qui était dégagée de toute apparence de néologisme.
perçue, reproduite et, pour ainsi dire, imagée en rhomme.
La matière, en tant que palpable, dans Tacception la plus large de ce mot, correspond évidemment aussi au Toucher, c'est-à-dire au sens de la juxta-position, par rapport à l'homme, des éléments matériels quels qu'ils soient. Il est vrai que ce sens se subdivise nécessairement dans le rapport exact des trois états physiques de la matière, qui est gazeuse, liquide ou solide; et qu'il se nomme alors corrélativement odorat, goût ou toucher proprement dit : « le toucher^ a dit De Bonald, qui « comprend le goût et l'odorat » (i).
Mais il n'y a réellement que trois sens, puisque les trois hypothèses générales posées plus haut résument toutes les relations de l'homme avec la matière.
T>e la correspondance des sens et des facultés.
Bruire, voir, toucher : voilà, active ou passive, la triple vie de l'organisme dans le monde de la sensation.
Mais, dans le monde de l'expression, ces trois mots se transforment; car alors la sensation aboutit en dernier ressort à ce moi intime qui a, tout à la fois, initiative et conscience, bruire devient parler et entendre , c'est le son à l'état expressif; voir devient contempler, c'est la configuration à l'état expressif; toucher devient baiser, c'est la juxta-position à l'état expressif Et, chose remarquable ! tous ces mots auront une double signification, une signification à la fois idéale et matérielle : la parole sera touchante; comme le tableau, parlant.
(i) Lég. prim.,\\\.l",c. vi, p. 39.
Le premier des sens sera donc le sens de la paroleouïe; car c'est le sens des choses invisibles ou cachées dans le secret de la pensée^ le sens de la spéculation.
Le second sera celui de la vision; car c'est le sens des choses visibles ou rêvées, le sens de la contemplation.
Le troisième sera celui du toucher; car c'est le sens des choses visibles et invisibles réalisées, le sens de l'action.
Tous les trois, néanmoins, sont, comme nous l'avons dit plus haut, actifs et passifs tout ensemble. Ainsi, l'appareil vocal produit le son, et l'oreille le reçoit; l'œil, tout en étant plus passif dans la réception de l'image, concourt d'autre part à la former; la main reçoit l'étreinte tout aussi bien qu'elle la donne.
Mais, évidemment aussi, ces trois agents sont égaux et frères ; ils s'entr' aident et se suppléent sous la direction suprême de l'esprit : le geste remplace ou complète la parole, comme le toucher la vue; et l'expression est toujours une, toujours éloquente.
Par le premier sens, l'homme communique avec ïidéal et il le matérialise au moyen de la parole ; par le second, il communique avec la matière et il ï idéalise au moyen de l'image; par le troisième, il opère et féconde ces deux unions inverses mais harmoniques.
Ainsi les trois sens réalisent l'unité dans la trinité ; car leurs actes se mélangent, se pénètrent de telle sorte qu'ils semblent tous appartenir à un seul ordre d'impression ; et la parole même en vient à les exprimer par des images dont rien n'égale la saisissante poésie.
Or, à ce point, sera-t-il difficile de reconnaître et de constater la correspondance des trois sens avec les trois facultés }
Qu'est-ce, en effer, que la Parole-Ouïe, exprimant par le son l'idée de la v^w^^^mnc^ c'est-à-dire le vrai, si ce n'est rintellect en action, par l'intermédiaire d'un organe plus spécialement spéculatif?
Qu'est-ce que la Vision, exprimant par l'image la forme, c'est-à-dire le beau, si ce n'est l'imagination en action, par l'intermédiaire d'un organe plus spécialement contemplatif ( i ) ?
Qu'est-ce que le Toucher, exprimant par l'union l'amour ou la vie, c'est-à-dire le bon, si ce n'est le cœur en action, par l'intermédiaire d'un organe plus spécialement actif et réalisateur?
Notons-le bien : le premier sens, sans l'intellect, ne produit ou ne reçoit qu'un bruit insignificatif ; le second, sans l'imagination, qu'une configuration inexpressive ; le troisième enfin, sans le cœur, qu'une simple et froide juxta-position. Les trois facultés seules peuvent leur faire produire et comprendre la vraie parole, la belle image, la bonne action.
Parole, image, action ; tels sont les trois résultats de l'intervention des sens dans le domaine de l'idéal. Par les sens la vérité, la beauté et l'amour, ces trois réalités du monde invisible, seront ainsi manifestées dans le milieu des réalités matérielles; par les sens s'accomplira la mystérieuse relation de la matière avec l'esprit, ou plutôt l'action de l'esprit à travers la matière.
L'homme physique est donc façonné dans un accord parfait avec l'homme moral, reflet lui-même du type
(1) Les yeux ont été de tout temps la partie symbolique de la beauté. Je ne connais pas de plus parlante expression de ce symbolisme, que cet œil posé en diadème par N. Poussin sur le front d'une femme, représentant dans le fond de son portrait la beauté plastique, objet de son culte ardent.
divin. Les serviteurs sont en rapport avec le maître ^ comme ce maître est en rapport avec le Maître absolu .
T>e r homme complet et vivani.
L'homme, envisagé séparément dans son esprit et dans son corps, n'est qu'une sorte de double concept, dépourvu de cette réalité individualisée et vivante qui fait de lui un être véritable.
Mais qui pénétrera le grand mystère de l'union de cet esprit et de ce corps?
« L'homme, dit Pascal, est à lui-même le plus prodi- « gieux objet de la nature ; car il ne peut concevoir ce « que c'est que corps, et encore moins ce que c'est « qu'esprit, et moins qu'aucune chose comment un « corps peut être uni à un esprit. C'est là le comble « de ses difficultés , et cependant c'est son propre « être (i). »
On ne saurait mieux dire. Les choses sont plus claires que leur raison d'être, et la raison n'est le plus souvent qu'une foi, alors même qu'elle repousse la foi.
Pourquoi, d'ailleurs, prétendre à pénétrer le mystérieux rapport des deux natures, réunies en nous dans une personnalité complexe incontestable ? Pourquoi scruter l'inscrutable dans le certain ? Quand l'être existe, qu'importe la manière d'être ? Ce qui importe, c'est son unité dans sa distinction ; le reste est plutôt affaire de subtilité vaine que de science utile. Telle est notre conclusion pratique, même après avoir tenté nous-même d'exposer certaine hypothèse à ce sujet dans un précé-
(i) Pensées. Ed. Faugèi-e, 1 1*^ vol., p. 74.
dent ouvrage (i). Au surplus, si intéressante qu'elle puisse paraître, cette question ne saurait s'imposer directement au présent livre. Il nous suffit, en effet, pour la juste détermination de l'art & de ses lois, de tenir pour constant : que l'homme, esprit & matière, est une double trinité de vie, harmonieusement correspondante 5 qu'en tant que matière, il relève des trois personnes divines, aussi bien qu'en tant qu'esprit; que la matière ou la chair, bien qu'associée en lui à l'esprit et douée, par son contact même avec cet esprit, d'une sorte de personnalité volitive, lui doit être néanmoins subordonnée ; qu'enfin de cette double triplicité de facultés spirituelles et d'agents sensibles, qui constitue la nature humaine, découle très logiquement toute notre théorie esthétique.
T)e l'homme dans la famille.
Mais, SI tel est l'homme individuel qu'on retrouve toujours en lui la reproduction des trois caractères divins, que sera-ce donc si on le considère dans la famille, ce groupe naturel de toutes les puissances distinctes de son être?
Ici les distinctions sont visibles, palpables, vivantes;
(i) Des lois intimes de la société. Lyon, Pélagaud, 1867, 2' édit. C'est à cette édition seule que je prie d'avoir recours. Dans la première, la forme d'exposition était plus affirmative que ne doit l'être la pensée en pareille matière; certaines expressions y pouvaient aussi prêter à de fausses interprétations du système exposé. De plus mûres réflexions m'ont amené à penser que, sur des idées qui confinent si étroitement aux croyances, il est bon de parler avec réserve, meilleur peut-être de se taire, et, dans tous les cas, indispensable de se soumettre d'avance à cette chaire de vérité, qui est la maîtresse des esprits tout autant que des âmes.
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mais il nous faut néanmoins les constater, car elles importent grandement à notre théorie.
La famille est une trinité parfaite : l'homme est sorti des mains de Dieu, mais la femme a été tirée de Thomme ; et l'enfant procède de l'un et de l'autre.
Ainsi le père est l'expression de la race ou de la substance même de' la famille ; la mère, de la manifestation de cette race ou de sa. forme extérieure; et l'enfant, de la fusion de ces deux êtres en un, ou, si l'on peut ainsi dire, de leur vie vivante.
L'homme vit et prédomine plus spécialement par l'intellect; la femme, par l'imagination; l'enfant, par le cœur.
Ce qui revient à dire que l'homme est l'élément vrai de la famille; la femme, est-il possible de le nier.'* son élément beau; l'enfant, son élément bon. La réunion de ces deux derniers mots en un, dans le langage familier, ne formule-t-elle pas la réalité de ce troisième rapport?
Faudrait-il donc prouver que la famille n'est autre chose que la vérité et la beauté de l'être humain, unis par l'amour, qui, à son tour, s'y personnifie pour perpétuer leur union ? Les grands travaux de l'homme poursuivant la vérité qui toujours fuit ; l'universelle admiration décernant à la femme le nom même de la beauté ; la poésie enfin représentant l'amour sous les formes pures de l'enfant, et tous déposant sur son front ce nom si doux avec un baiser : voilà plus que des preuves ; n'est-ce pas l'éternelle histoire de la famille humaine ?
Ces trois êtres, aussi distincts qu'ils sont semblables, sont comme la nature humaine détriplée et individualisée en chacun de ses éléments. L'homme est le
THÉORIE GÉNÉRALE. Çf
savant de la famille 5 à lui la raison directrice et les sages calculs d'avenir. La femme en est l'artiste; à elle les grâces, les parures, l'élégance, les soins domestiques, et enfin le rude enfantement de cette vivante statue humaine, qui est le type de tout art. L'enfant en sera plus tard comme le prêtre ; à lui de plus en plus le service dévoué et le divin sacerdoce de la piété filiale.
Donc l'homme, en tant qu'auteur invisible ou substance de la famille, relève du Père ; c'est de sa chair qu'est sortie la femme, son égale, que pourtant dans son amour protecteur il peut nommer sa fille !
Donc la femme, en tant que manifestation ou forme de la famille, relève du Fils : c'est de cette splendeur de la forme divine qu'elle tient tous les enchantements et toutes les puissances de sa beauté. Mais, plus particulièrement déchue que l'homme, elle relève surtout du Christ, forme divine incarnée, qui l'a réhabilitée en lui et en sa Mère; et, comme il est subordonné au Père, elle est elle-même subordonnée à l'homme.
Donc enfin l'enfant, en tant qu'expression de l'amour et de la vie de l'un et de l'autre, relève du Saint-Esprit, ce lien personnifié des deux personnes divines.
Et pourtant, à tous les trois ont été départis les trois instruments divins de l'intellect, de l'imagination et du cœur; tous trois en doivent user dans la mesure de leurs destinées distinctes; car leur essence est la même, et ne varie que dans la proportion des éléments qui la constituent.
Que la famille caractérise les trois facultés. L'élément substantiel ou l'intellect se nommera donc
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masculin, et il sera Télément dominant; Télément formel ou l'imagination se nommera féminin, et il sera subordonné au premier; enfin l'élément vital ou le cœur se nommera spirituel, du nom de son patron divin, et il sera unissant par excellence.
Retenons ces rapports; ils nous serviront souvent, par la suite, à rendre plus intelligible la coordination des facultés et la condition des œuvres dans la science esthétique.
Ainsi, qu'il soit considéré seul ou dans son unité de famille, Ihomme est toujours la contre épreuve divine ; toujours en lui se retrouvent, réduits aux humaines proportions, et Fauteur, et le révélateur, et l'opérateur ; et toujours aussi les trois ne font qu'un. L'esprit ne peut qu'être frappé de ces analogies.
Nous pourrions les poursuivre et les signaler encore dans la constitution de la grande famille sociale ; mais notre coup d'œil sur cet ensemble sera plus prompt et plus sûr, lorsque nous aurons déduit la notion des actes de l'homme de sa simple nature individuelle.
Des actes de l'homme.
Nous connaissons Dieu et ses actes; nous connaissons l'homme. Comment donc ne déterminerions-nous pas, au moyen d'une proportion logique, la nature des actes de l'homme? La loi des êtres semblables est-elle, en effet, autre chose que l'identité dans la proportion .'^
Or, Dieu s'étant reproduit, c'est-à-dire glorifié, dans Fhomme d'une manière finie, l'homme ne devra-t-il pas se reproduire et se glorifier de la même manière dans ses propres œuvres.'^.. En vérité, ce sont là ses deux ten-
, dances invariables. Mais^ l'être relatif n'étant que par TEtre absolu^ qui ne voit qu'en se reproduisant et se glorifiant, il ne se reproduit et ne se glorifie pas simplement soi-même; et que, rattaché à cet Etre par son origine, il doit encore retourner naturellement à Lui, par ses actes et ses œuvres, comme à sa fin nécessaire? Il devra donc, à peine de s'anéantir, ou du moins de s'amoindrir, reproduire dans sa mesure cette indivisible Trinité, qui le constitue comme elle constitue Dieu luimême.
Affirmation de l'être divin en son essence, il le sera aussi en ses actes : l'œuvre de l'homme exprimera rhomme, comme l'homme, œuvre de Dieu, exprime Dieu. Et de même que Dieu en créant ne peut que se révéler, c'est-à-dire manifester le vrai, le beau et le bon absolus, de même l'homme ne pourra créer qu'à cette condition : toute œuvre de l'homme ne pouvant avoir vie, qu'autant qu'elle contienne quelques parcelles au moins de ces trois divins éléments. Telle sera la loi de ses facultés ; tel sera pour lui le bonheur, qui est son bien-être idéal, comme le bien-être est son bonheur matériel. C'est là évidemment sa double exigence, qui ne doit point aboutir à l'assouvissement égoïste des besoins de l'être, mais à la légitime satisfaction et à l'expansion généreuse de ses aspirations au souverain bien, c'est-à-dire à sa propre perfection.
A ces trois affirmations, il est vrai, l'homme peut, avons-nous dit, substituer les trois négations correspondantes du faux, du laid et du mauvais; ce pouvoir découle de la plus élevée de ses prérogatives, la liberté. Mais alors ce serait la coupable liberté du suicide et non la liberté saine de la vie : la négation, en son sens absolu,
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n'étant autre que la mort. « Je suis, dit Méphistophélès à « l'orgueilleux Faust, je suis l'esprit qui toujours nie, « et cela avec raison ; car tout ce qui existe mérite « d'être anéanti, et il vaudrait mieux que rien n'existât. « Ainsi tout ce que vous appelez péché, destruction, « en un mot le mal, c'est mon élément (i). »
L'homme doit donc affirmer, s'il veut vraiment vivre.
Il ne s'ensuit pas cependant que la négation lui soit interdite pour exclure le faux, le laid ou le mauvais, puisqu'au fond ce n'est alors qu'une affirmation implicite de leurs divins contraires ; mais nous expliquerons plus tard que, soit directe, soit indirecte ou ironique, elle ne doit être employée qu'avec réserve ; car l'entraînement de la négation est grand : qui se plaît trop à détruire détruira jusqu'à sa propre maison, et ne la saura reconstruire.
Affirmer ou nier le vrai, le beau et le bien : telle est donc la suprême alternative de la liberté pour l'homme, jusqu'au jugement final de Dieu, qui sera le point de départ de l'impeccabilité immuable et de l'éternel bonheur.
Mais, avant d'étudier le fonctionnement respectif et combiné des facultés qui réalisent l'œuvre humaine, il est bon d'étudier l'activité même qui produit l'acte, dans sa nature et dans ses divers modes de manifestation.
T)e r activité et du travail.
L'activité de l'homme se révèle, comme celle même
(i) Faust, i" partie. Cabinet d'études.
de Dieu, par l'œuvre : l'œuvre est le produit du travail ; le travail est l'activité se réalisant.
Le travail est la condition suprême du bonheur et du bien-être de rhomme, et la loi du monde primitif comme du monde déchu. Dieu, en effet, ne plaça-t-il pas l'homme dans le « paradis de volupté, pour qu'il le traf< vaillât; » de même qu'après sa faute, il le rejeta sur la terre maudite, qu'il devait travailler encore, mais « à « la sueur de son front (O-"^ "
Le travail est partout et toujours 5 acceptons-le donc, si nous ne voulons le subir : c'est le rigoureux, mais noble devoir de notre nature.
Quelques-uns, plus préoccupés de l'état originel de l'homme que de son état présent, et jaloux de reconstituer sur la terre cet état où selon eux doit se réaliser à nouveau l'idéal de la félicité matérielle, quelques-uns, dis-je, entendent, au contraire, que le travail soit naturellement attrayant, et que par conséquent la jouissance en soit Paccompagnement autant que le prix.
Ces philosophes de la matière ont le double tort de méconnaître les lois mêmes de la madère et de supprimer la déchéance.
Le travail étant l'homme même en action, on doit distinguer, de même que l'on distingue à propos de l'être qui l'accomplit. Il y a, en effet, le travail des facultés, le travail des organes et le travail combiné des unes et des autres.
Evidemment, en tant qu'être spirituel et primidf, l'homme est doué d'une activité essentielle; et cette activité doit être attrayante, puisqu'elle n'est autre que la
(i) Gen., II, ly, et III, 17.