‹ Métaphysique de l'artChapitre 9 sur 39 · X PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

X PRÉAMBULE

il n'y aura plus une morale spéciale pour l'art et Tartiste, une notion spéciale du beau en dehors des règles des convenances publiques et des croyances religieuses; on ne verra plus des artistes légers et des critiques déplorableSj confondant les moyens avec le but et méconnaissant la vivante divinité du Beau, rajeunir ce ridicule axiome : tan pour Fan, et s'efforcer ainsi de remplir le vide de leur âme, à l'aide d'un enthousiasme sans direction objective, c'est-à-dire sans raison d'être. Suivant la loi universelle de la vie, toute diversité convergera à l'unité, et se rattachera à l'ensemble par un rapport nécessaire.

Beaucoup déjà ont écrit sur l'art, les uns subissant la fascination supérieure des chefs-d'œuvre antiques, les autres se réduisant aux séductions parfois vulgaires de la forme réelle, d'autres enfin s'absorbant dans les arides concepts d'un rationalisme nuageux ou grossier. J'aurais pu, car c'est assez l'usage, faire ici l'histoire et la critique de ces diverses théories; j'ai cru plus sage de m'abstenir, et de me borner à placer humblement mon œuvre à la suite de toutes celles qui m'ont précédé, en laissant au lecteur le soin de lire, de comparer et de prononcer lui-même. A lui de décider si cette théorie est aussi neuve et féconde que la naturelle prévention d'auteur tend à me le persuader.

Je vais donc rechercher les titres de noblesse de l'art, et tenter de rétablir la généalogie de ce déchu superbe; je vais, en laissant de côté le point de vue technique et matériel que j'abandonne à de plus compétents que moi, je vais, dis-je, tâcher de rédiger quelques-unes de mes méditations sur son origine et sa nature, ses moyens et son but. Je ne me bornerai donc pas à sa sphère intime

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