‹ Métaphysique et esthétique = Parerga et paralipomenaChapitre 4 sur 21 · La quantité · texte numérisé non relu

La quantité

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n'en a qu'une, mais celle-ci a trois parties, coupures, ou deux directions avec un point d'indifférence .

On pourrait peut-être envisager notre intellect cérébral comme une simple borne et une entrave qui exclut de la conscience les idées des individus séparés, aussi bien que les choses futures et absentes. Car la connaissance de tout ceci serait pour nous aussi inutile et torturante que le serait la sensibilité et la perception pour la plante, qui n'a ni irritabilité ni locomotilité.

Quand, en présence d'un vaste horizon, je me figure qu'il prend naissance, en ce que les fonctions de mon cerveau, c'est-à-dire temps, espace et causalité, sont appliquées à certains endroits nés sur ma rétine, je sens que je porte en moi cet horizon, et l'identité de mon être avec celle du monde extérieur me devient étonnamment sensible.

Vois donc ce grand, nlassif, lourd arsenal ! Je te le dis, cette masse dure, pesante, disséminée, n'existe réellement que dans la molle bouillie des cerveaux; là seulement elle a son existence, et en dehors d'eux on ne peut la trouver. C'est ce que tu dois comprendre avant tout.

Oh! quelle merveille j'ai vue î Dans ce monde des choses et des corps étaient étalées devant moi deux de ces choses : toutes deux étaient des corps pesants, de forme régulière, beaux à voir. L'un était unvase de jaspe avec une bordure d'or et des anses d'or; l'autre était un organisme, un animal, un homme. Après que je les eus suffisamment admirés du dehors, je priai le génie qui m'accompagne de me laisser pénétrer, moi

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aussi, dans leur inlériour. II nu* le permit. DanH le vase je ne trouvai rien que riiiipulsion de lapesanteuretune obscure Aspiration (|(iali(i(;<; (ra((inilé chinnf|ue. Mais quand j*eu8 p(;nr^trddans Tautrt! objet... comment exprimer mou élonnement sur ce (|uc je vis ! Cela défiasse en invraisemblance tous les contes et toutes les fables qu'on ail j^iinais imaginés ; je veux pourtant le raconter, dussr-je ne pas être cru.

Dans cette chose donc, ou plutôt à son extrémité supcrieure, appelée la tête, qui, vue du dehors, est une chose comme toutes les autres, circonscrite dans l'espace, pesante, etc., je trouvai quoi? Rien de moins que le monde lui-même, le monde entier, avec l'immensité de l'espace, qui renferme le lofft, et l'immensité du temps, dans lequel ce tout se meut, et enfin avec tout ce qui remplit les deux, dans toute sa diversité et son infinité. Et ce qui est le comble, je m'y trouvai moimême en Irain de m'y agiter.

Et toutcela non pas en image, comme dans une boîte d'optique, mais en pleine réalité.

Voilà ce qui se trouve en bonne et due forme dans cette chose-là, qui n'est pas plus grosse qu'une télé de chou, et qu'à l'occasion le bourreau tranche d'un seul coup, ce qui a pour elï'et de plonger soudainement ce monde-là dans l'obscurité et dans la nuit. Et il disparaîtrait, si ces choses-là ne foisonnaient pas comme des champignons, de sorle qu'il y en a toujours assez pour rattrapper le monde plongeant dans le néant, et que celui-ci est toujours retenu par elles en suspens, comme une représentation commune à tous, dont on explique la relation par le mot (c objectivité ».

J'éprouvai à ce spectacle à peu près ce qu'éprouva Ardschouna quand Krischna se montra à lui sous

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sa vraie forme divine, avec cent mille bras, yeux, bouches, etc.

Il y a quelque chose qui se trouve au delà de la conscience, maisy fait parfois irruption comme un rayon de lune dans la nuit nuageuse. Alors nous remarquons que notre course vitale ne nous en rapproche ni ne nous en éloigne, que le vieillard en est aussi près que l'enfant, et nous constatons que notre vie n'a pas de parallaxe avec ce quelque chose, pas plus que Torbite terrestre avec les étoiles fixes.

C'est notre être en soi situé hors du temps.

Quand nous sortons d'un rêve qui nous a vivement affecté, ce qui nous convainc de son inanité est moins sa disparition que la découverte d'une seconde réalité qui se trouvait au-dessous de celle qui nous émouvait tellement, et qui maintenant se manifeste. Nous avons tous le pressentiment durable qu'au-dessous de cette réalité dans laquelle nous vivons et par laquelle nous sommes, il s'en dissimule une seconde tout à fait différente. Celle-ci est la chose en soi, rfcao de cet 6vap ^

Gomment l'individu, dont la caractéristique particulière est la connaissance, pourrait-il acquérir la notion de l'essence en soi d'un monde qui lui est mis dans la tête uniquement comme représentation, s'il n'arrive pas à constater, par la réflexion, que le macrocosme dont il est lui-même une particule infinie est de même nature que la partie qu'il connaît mieux comme microcosme? Son propre intérieur lui donne la clef du monde. FvwQ', csauTOv.

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