‹ Métaphysique et psychologieChapitre 7 sur 15 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des principales

Hypothèses métaphysiques

sur l'union de TAme et du Corps.

Il ne saurait être question de nous livrer ici à une revue détaillée des innombrables théories auxquelles le fait de notre double nature a donné lieu. Mais toute cette diversité se laisse facilement embrasser dans un nombre restreint de groupes ou types généraux, que la logique permet de réduire à quatre.

En effet, nous sommes en présence de deux choses, l'esprit et le corps, que Texpérience nous montre différentes mais unies. Le plus simple est de les accepter comme telles, et d'essayer d'expliquer leur union. C'est ce que fait le Spiritualisme ^ qui attribue une égale réalité aux deux éléments de notre être et

reçoit parfois pour cette raison le nom de dualisme. (Il importe de ne pas confondre ce dualisme mé-taphysique, consistant dans l'admission de deux suBSTA>^GES OU réalités en soi^ avec le dualisme /?5ychophysique, scientifique, qui s'en tient à la reconnaissance de deux catégories de phénomènes et ne s'inquiète pas de savoir s'il y a, ou non, des substances réelles cachées dessous).

Si maintenant l'on ne veut pas de ce premier parti, ou s'il se trouve, après l'avoir pris, que la matière et l'âme conçues comme également réelles ne se prêtent à aucun rapport intelligible, il ne reste qu'un moyen de supprimer l'abîme qui les sépare : c'est de renoncer précisément à les concevoir comme également réelles, et de ne plus admettre qu'une seule et unique existence là où le sens commun et les sciences particulières croient en apercevoir deux.

Ce moyen énergique, radical, qui consiste à rabaisser au rang de simple apparence ce qui passait jusque-là pour une réalité, se subdivise d'ailleurs suivant qu'on l'applique à l'un des termes, ou à l'autre, ou encore aux deux à la fois. Il n'y a que ces trois alternatives de possible, et toutes trois ont été tentées. Par opposition au dualisme spiritualiste, elles mériteraient toutes le nom de monisme ; mais il est plus particulièrement réservé à l'une d'entre elles. Celle qui nie la réalité de l'esprit et prétend le ramener à la matière, s'appelle le Matérialisme. Celle qui fait l'inverse et réduit la matière à n'être qu'une idée ou une collection de phénomènes de conscience, a reçu le nom d^Idéalisme ou Phénoménisme. Enfin

celle qui prend le parti de supprimer également les deux termes, en ne les considérant que comme deux apparences, deux aspects, d'une seule et même réalité fondamentale différente en soi de chacun d'eux, se nomme spécialement le Monisme.

Spiritualisme, Matérialisme, Phénoménisme et Monisme, telles sont donc les quatre grandes doctrines métaphysiques que nous allons interroger sur l'union de l'âme et du corps.

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