‹ Métaphysique mathématique [microform]Chapitre 8 sur 27 · DES A3IES EN TANT QU IDÉES VIVANTES · texte numérisé non relu

DES A3IES EN TANT QU IDÉES VIVANTES

vivant et est une idée vivante. Or il est impossible de ne pas identifier ce moyen terme avec la personne du Christ, telle que la reconnaît expressément le catholicisme. Au lieu de supposer que le terme ô exprime notre humanité, on peut concevoir qu'il exprime une société vivnnt»» d'ordre quelconque; nous aurons encore un intermédiaire divin qui, participant de Dieu, sera solidaire de la personnification du Christ, bien que pouvant jouer un rôle semblable dans une autre proportion et par un sacrifice d'ordre difiérent. Cette personne répond à la deuxième hypostase divine, an Fils du Dieu Père, c'està-dire à une généralisation du Christ. Le christianisme dans son intégrité e^t la seule religion qui soulève et résolve si profondément les rapports de Dieu et des êtres créés.

FONCTION DE l'aCTE

De ridée, il s'agit de ticlier le passage à l'acte ; l'acte est le produit de l'idée neutre, passive, par le vouloir du sujet ; le coefficient contingent dont l'idée ï doit être affectée pour devenir un acte volontaire, un acte proprement dit, (is, est objectivement une détermination de limite, d'espace ou de rayon d'action. Soit pour ce

motif- ce coefficient contingent de l'acte a^.

Il vient :

ou :

(is = ?

rr, X p = ^' X • = «.

Discussion. — Si p est nul, c'est-à-dire si k pouvoir d'orientation - de l'être libre est infini, Fade est infini,

et il correspond à celui de l'Etre parfait.

Si au contraire q est infini, ou - nul, c'est-à-dire si le

pouvoir d'orientation qu'utilise l'être libre est nul, l'acte lui-même est nul; et c'est ce qui a lieu quand le sujet demeure absolument passif, quand il ne réagit en quelque sorte pas psychiquement. Ceci suiqjose que l'on admette : que l'acte, ou que le pouvoir, ait un ressort entre zéro et l'infini et que l'idée garde une valeur finie.

SipestégauUesta«,siégalàMt-.=.;racte

réalise l'idée, vaut l'idée, donne comme la mesure de l'idée vivante, de l'idée dynamique.

Quand p diminue de 1 à zéro, - ne fait que croître,

l'acte croît de valeur d'autant plus que l'être tourne dans un plus petit rayon, Facte croît à mesure ({u'il est moins passif, qu'il sait mieux renoncer aux impulsions primitives, à la routine, à l'habitude et à l'entêtement, aux passions.

Quand p augmente de 1 à l'infini, - ne fait que

décroître; l'acte s'abaisse de valeur, d'autant plus (lue rêtre ne s'oblige pas à tourner dans un petit rayon, qu'il ne sait pas revenir sur lui-même et renoncer aux déterminations passives, naturelles ou intéressées naturellement.

Nous pouvons maintenant tirer de l'équation (6):

en y prenant j> et a^ pour des fonctions de /, l'équation différentielle (6 bis) :

(Ids dp (li

as p i

das, étant l'accroissement de l'acte ;

dp, l'accroissement de p ;

dî, l'accroissement de l'idée active.

di , di) , ds , ^. .

En remplaçant — par sa valeur -r -f — ? on obtient :

doh i ^ ^ 4 ^,

En posant mas, mp, m,;, mg et mi moditications respectives, l'équation (7) prend la forme

(7 his) nias + *'*p = "*J + ^"^ — ^i'

DES AMES EN TANT QU'iDÉES VIVANTES 5

de uicme prend la forme {8 his) :

ma, = fnï — riip.

Toutefcàs on ne peut que jusqu'à un certain point admettre cette variation de o en fonction éeï; car elle ne semble pas d'abord nécessairement liée.

r;équation (7 his) signifierait que la somme des modifications relatives de l'acte et du rayon d'action est écale à la somme des moditications relatives de l'objet et du sujet ; l'équation (8 his) signifierait que la modilication relative de l'acte est la différence des modifications relatives de l'idée et du rayon d'action. L'acte est d'un effet nul; il apporte une modificatipn nulle si on a mt = mp ; car alors rua, = 0 ; en somme, Veiïei objectif a, est nul, bien que l'acte moral ne soit pas nul, parce ([ue cet acte moral est représenté par--

Le cas où m^ — mp, c'est celui où la volonté libre luttant contre l'idée l'empécbe de produire aucun effet. Or l'expérience de nous-même nous permet de dire (jue ce cas existe comme un moment de passage en notre

conscience.

La valeur morale de l'acte «,« est donnée par :

S Os

L'équation (8) :

dds rfï di

Us

c'est, en effet, le rapport de l'acte à son objet, à son moyen ; ainsi un acte donné a une v-ilour morale

(rautant plus grande qu'il est obtenu avec un moindre moyen. Mais nous ne donnons encore cette assimilation mathématique que comme définition d'essai préalable. On a l'équation difTérentielle :

(Ir,„ (js (Jp das (16

Cl,

dv,n accroissement de Vm est quelque chose comme un effort moral s,,,.

Gomme formules solidaires, on a aussi :

di = p X da., + as X (k,

qui est obtenue avec (6) et (G bis).

De (H) on tire, en remplaçant di par sa valeur

sdô + ôds = p X d<^s -h a s X ^p.

L'action simple, en tant que dualisme passif, inerte de deux objets, o^, ô^ (soit fl;^) serait a^ =i o^ X ô^., ou, s'il doit y avoir une inversion de point de vue et de variable? \ \

iO

Elle demeure subordonnée suivant nos conceptions à deux sujets actifs, desquels t), et 0.2 ne sont que des intermédiaires comme inertes.

DES AMES EN TANT QU'lDlŒS VIVANTES

Il doit y avoir moyen de passer de l'acte à la force, puisiiuo l'acte est une force, qu'il est analogue à une force d'orientation instantanée. S'il est vrai que l'acte qualifie spatialement ou géométriquement lacliou dynaini(iiie, le travail, T énergie, la puissance vive, un lion dès lors est possible entre la fonction mét.aphysi<iue et la fonction mécanique ; le domaine de la mathémali.Iiie dès lors peut s'étendre sans discontinuité, pourvu qu'on parvienne à interpréter les formules à travers les transformations de l'algèbre.

Dans la formule initiale ï = 0 Xs. seM le sujet qui

appartient au devenir, et ce sujet variable, phénoménal,

vecpiiert métaphysiquement un support fixe, v, fond

invariable et nouménal. En tenant compte de la chose

en soi, le sujet devrait être -^ + S ', mais y n'appartient

(ju'au seul être eu soi, à l'être immuable; il est du

fond, par hypothèse inaliénable, qui supporte tous les s ;

toutes les monades, ces existences particulières, t -r s

n'étant que des existences locataires de l'existence

unique propriétaire, Sy, Dieu en tant qu'inconnaissable.

Une monade ne peut toute seule développer une idée,

la moindre idée d'un objet, pour ce qu'elle ne saurait à

elle seule figurer un système atomique.

Elle ne forme l'idée, elle n'effectue l'idée qu'en appli(iuant l'intuition rationnelle, qu'en commandant rationnellement une chaîne de monades de l'espace, ou de son espace. Cette chaîne vivante et disciplinée est ordonnée par elle en une réduction de l'objet, réduction

m ESSAI SUR LES FONCTIONS iMÉTAPHYSIQUES

déformée, en une figure anamorphique de l'objet, en une figurf' qui est un fonctionnisme synclirone do celui ou de ceux de Tobjet antagoniste.

Un fonctionnisme est aussi bien une idée vivante, une idée d'idée... à divers degrés. L'idée vivante participe bien réellement de son objet; elle est de doubb' valeurexistence, étant à la fois cliose de lolqt'l al cbose du sujet.

C'est pourcpioi elle est identique à une fonction du sujet et de l'objet, laquelle se résume au minimum en un produit du sujet et de rol)jet.

On reconnaîtra dans cette fonction une trinité, en la regardant comme l'expression dun t-hc vivant, en voyant : dans l'objet, le corps de cet être; dans le sujet l'esprit; et, dans l'idée, la raison consciente, qui est la synthèse.

Pour expliquer l'influence du vouloir dans cette fonction vivante, on peut concevoir que la volonté dirigeante est d'abord intervenue au début pour limiter le ressort de son acte, et pour donner ainsi une détermiiuition pendant un intervalle de fonctionnement. La volonté a encore la faculté de passer d'une façon, (|ui est relativement comme irrationnelle, d'une fonction à une suivante. C'est là la place de l'erreur. Il s'en suit que, pour découvrir la vérité objective, que pour éviter l'erreur scientifique, l'esprit doit plutôt se laisser conduire par la raison pure et neutre.

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