CHAPITRE ni. DE l’ÉIECTBICITÉ
de 3000 tours d’un fil de 0“"”15, ayant un système d’aiguilles légères de 5 centimètres de longueur'.
Le galvanomètre qui a été employé à Bruxelles, depuis le mois d’avril 1842, est de la construction de M. Gourjon de Paris : cet instrument, de 2400 tours, est d’une assez grande sensibilité. Par l’une de siis extrémités, il communique avec une tige métallique qui s’élève au-dessus du toit de l'Observatoire et qui se termine par une houppe de fils de platine très fins ; par l’autre extrémité, il est en communication avec le sol extérieurement au bâtiment. L'isolement a été produit avec soin dans les murs que traverse le fil .
Les observations, depuis 1 842, ont été faites de deux en deux heures, comme pour tous les instruments météorologiques; les résultats n’ont pas été consignés dans les tableaux imprimés , parce que l’instrument était généralement peu sensible alors même que l’électromètre donnait des indications assez fortes. L’aiguille ne se mettait guère en mouvement qu’à l’approche des orages , ou pendant les pluies, les grêles et les neigesL Dans d’autres circonstances, un petit mouvement d’un tiers ou d’un demi-degré au plus indiquait les principales variations du jour, et devenait peu appréciable dans des in.struments d'aussi médiocres dimensions.
Nous avons recueilli cependant les indications des principales manifestations du galvanomètre, depuis qu’il a été mis en exjiérience’. Je n’ai pas cru devoir tenir compte des
* .-innalei de chimie et de physique ^ tome LXVII, page 440, année 1858. — > Voyez aus«i, plus avant, ce que nous disons des nouveaux galvanuiiiètres.
^ On a depuis fait usage d'un instrument très sensible qui {>ernict d'indiquer ces variations. Un galvanomètre lent et un autre très rapide sont nécessaires pour pouvoir soigneusement rcconnaitre l'action de l'électricité pendant l'orage et pendant les temps ordinaires.
^ I^s observations faites au moyen du galvanomètre ont été données avec plus de detail dans les Annales de V Observatoire royal.
HÉTÉOROLOGtB. LIVRE II.
autres petites déviations qui y ont été observ ées, à peu près chaque jour, parce qu'on a reconnu que la plupart du temps, elles sont étrangères aux manifestations atmosphériques et proviennent ou de petites altérations que subit le fil conducteur dans toute son étendue, ou du développement de courants d induction.
Il esté remarquer, d’une autre part, que pendant le cours des observations, le galvanomètre a été assez fortement affecté par l électricité des orages , et qu’il a subi des dérangements durables. Ce phénomène s'est manifesté, deux fois surtout, d’une manière très sensible. Le 9 septembre 1846, à la suite d’un violent orage, l’aiguille s’est trouvée déviée de 20“ sous l influencc d’un courant électrique descendant. Le 6 juillet 1843, le même phénomène s’était déjà produit ; à la suite d’un violent coup de tonnerre et sous l’influence d'un courant ascendant, le système des aiguilles s’était trouvé dévié de 24“.
Il est à remarquer que les pluies, les grêles, les neiges, les bruines, les brouillards et tous les phénomènes a<(ueux en général, produisent une action plus ou moins marquée sur le galvanomètre; les orages surtout exercent la plus grande influence. C'est au moment de l’apparition de l’éclair, que l’aiguille, en général, se met brusquement en mouvement. L’électricité est tantôt positive, tantôt négative ; le plus souvent elle change de signe à différentes reprises pendant le cours d’un même orage. Les changements de signe seraient plus nombreux, s’il ne fallait un certain temps à l’aiguille pour se mettre en mouvement et accomplir son oscillation. Pour bien étudier les changements brusques de signes, il faut nécessairement recourir aux éleclromètres ; mais en employant ceux à feuilles d’or, on court fréquemment le risque de voir se déchirer les feuilles.
Comme il a fallu do loin en loin suspendre le cours des
CBAPITHB m. DE L'ÉLICmCRÉ.
. observations, soit parce qne des altérations étaient survenues dans les conducteurs, soit parce que l’instrument luimême avait éprouvé des dérangements, il serait impossible de regarder les observations comme formant un tout complet.
J'ai pris soin d'indiquer les vents qui dominaient pendant les manifestations du galvanomètre; mais il n’est guère possible de reconnaître de relation bien déterminée entre ces deux éléments. Cependant, toutes choses égales, les courants étaient plus généralement ascendants sous l'influence de vents compris entre l'O et le SSO ; et ils étaient descendants au contraire sous l’influence des vents entre le S et le NE. 11 n’est question ici que de la direction que prenait le courant au commencement de l’orage ; car, pendant l’orage même, les directions changent très fréquemment; il arrive aussi que, quand l'orage s’éloigne, le courant suit assez souvent une marche inverse de celle qu’il avait d’abord.
En me bornant aux cas qui paraissaient les moins douteux, j’ai pu en constater 92, sur lesquels 54 ont manifesté un courant ascendant et 38 un courant descendant. '
Ces nombres justifient ce qui a été dit plus haut au sujet de l’électricité statique; les courants descendants ou positifs paraissent favorisés par l'influence des vents entre le S ctl’E; tandis qu’on reconnaît, d’une autre part, la prédominance des vents SSO au N pour faciliter les courants ascendants ou négatifs. En général :
1° L’électricité dynamique agit d’une manière si peu prononcée sur les galvanomètres, qu’il faut des instruments très sensibles, pour qu’on puisse reconnaître dans son action une période soit diurne, soit annuelle' ;
1 Comme nous l'avons dit plus haut (page 231], nous avons reçu d'Allemagne un eicelicnt instrument de M. Weber, construit par M. Ueyerstein de Gottingue.
MÉTÉOROIOOIE. LIVRE II.
2" Les manifestations de rélcctricité dynamique n’ont guère lieu qu’à l’approche de nuages orageux ou pendant les brouillards, les pluies et les neiges. Les courants sont alors soit ascendants, soit descendants; ils sont généralement en rapport avec la direction des vents ;
3" Pendant un orage, les courants changent fréquemment de nature; ils suivent, vers la lin, une marche oppo.sée à celle qu'ils avaient en premier lieu.
Pendant les pluies, et surtout pendant les pluies d’orage, les courants électriques sont indistinctement ascendants ou descendants. QueUfuefois, le galvanomètre est absolument muet, pendant que l’électromètrc accuse les tensions électriques les plus fortes, soit positives, soit négatives, et vice versa. Le galvanomètre peut indiquer l'existence de courants très prononcés, pendant que l’électroniètre est à zéro.
Quand, au lieu de l'électromètre, on emploie l’électroscojie à feuilles d'or de Pelticr, on peut voir, pendant un même orage, les tensions électriques positives et négatives .se succéder de la manière la plus rapide. Un exemple pourra jeter quelques nouvelles lumières sur le sujet intéressant qui nous occupe.
Le 4 i juin 1 852, il avait plu , ii différentes reprises, pendant la matinée ; on avait recueilli 2““'35 d'eau. Vers midi, d'épais nuages flottaient dans les régions inférieures de, l’atmosphère, et laissaient voir, à travers de larges éclaircies, une partie du ciel et des cumuti, dont la blancheur éclatante contrastait avec leur teinte grisâtre, légè-
Ce galvanomcirr permet d’appréeier les plus ptites dévintions, et sera d’un usajjc fort utile : il peut fonclioiirier d'une manière à {>eu près continue; mais, pendant les oi*a{res. ses mouvements sont si rapides et ses excursions si grandes qu'il faut recourir à l'appareil ordinaire de (lourjon qui devient alors d’une véritable utilité.