‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 108 sur 211 · CHAPITRE in. DE l'électricité · texte numérisé non relu

CHAPITRE in. DE l'électricité

nulle; ces inversions, du reste, sont toujours de courte durée.

Il existe des rapports très étroits entre l’état hygrométrique et l'état électrique de l air. Dans les circonstances ordinaires, l’air est toujours électrisé positivement ; ce n est guère que pendant les pluies ou dans le voisinage des pluies, que l’électromètre donne des signes d’électricité négative. Ce dernier phénomène, comme nous l'avons vu, s’observe surtout pendant les orages et les averses, et rarement pendant les pluies tranquilles.

1/électricité négative, en général, tient moins à I humidité de l’air qu’à lu nature des nuages qui passent au zénith ou qui se trouvent dans son voisinage. Pendant le passage d’un nuage orageux, lélectricité peut changer plusieurs fois de signes , et ces changements .sont parfois très brusques.

Dans le tableau suivant j’ai mis, en regard des indications de l’électricité maximum de chaque mois, les degrés correspondants de l'hygromètre, et j’ai pris ensuite les moyennes de ces nombres ; j’en ai fait de même pour les époques d'électricité minimum. Ces calculs m’ont conduit à former les valeurs contenues dans les colonnes numériques t, 2, 3, i et 5 du tableau qui va suivre. La troisième colonne contient les moyennes des deux colonnes qui la précèdent ; elle donne, on consécjuence, l’électricité mensuelle déduite des valeurs extrêmes du mois. Ces moyennes concordent très-bien avec celles de la dernière colonne du tableau qui indiquent l'électricité mensuelle, d’après les observations faites, chaque jour, à l’heure de midi ; elles sont exprimées en degrés de l’instrument , comme si elles résultaient de l’observation directe. Knlin, les deux avant-dernières colonnes du tableau indiquent les moyennes de l électromètre pour les époques mensuelles

MÉTÉOBOLOGIE. LIVBE II.

d’exirôme humidité et d’extrême sécheresse : ces valeurs vérifient , en quelque sorte , celles contenues dans les colonnes 4 et 5. J’ai écarté des calculs les valeurs données par des temps de brouillard.

Rapports entre l'électricité de l'air et son état hygrométriqne (1845 à 1851).

MOIS

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général.

IM2 a 1847.

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général.

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Janvier , .

Février . .

Man . . .

Avril . . .

Mai. . , .

Juin . . .

Août . . .

Septembre

Octobre , .

Novembre.

Décembre.

L'i.niE,

La moyenne générale montre qu'aux époques où l'air manifestait le plus d’électricité, l’hygroraètrc de Saussure,

^ Dans le Cluat de la Belgique, 5* partie, dts Pluies^ pa^^c 5S, j*ai donne des valeurs analo^cs qui conBrinent les données actuelles. Seulement, les premières représentent des niaxima et minima al>soliis pour chaque mois, tandis qu'ici, j'ai réuni les moyennes des nombres les plus forts et les plus faibles de cliaque mois.

cnAFiTKE in. DB l’blecthicité .

en somme, s’est tenu plus bas de près de cinq degrés et demi que dans les circonstances ordinaires {colonnes 4 et 0) ; si l’on fait la distinction des saisons, l’effet est beancoup plus énergique en été qu’en hiver. Dans cette dernière saison, la différence hygrométrique, par rapport à la moyenne générale, est à peu près nulle, tandis quelle va jusqu’à 1 3 degrés en juillet. Nous voyons, d’une autre part, qu’aux minima de l’électromètre ont correspondu [colonnes 5 et 6) des indications hygrométriques également plus faibles de 5 degrés environ que celles qu’on observe habituellement; mais ces différences varient en passant d’un mois à l'autre.

En résumé, les maxima et les minima d'électricité se sont manifestés, au mois de juillet, avec une humidité inférieure de 11 à 1 3“ à la moyenne ordinaire ; et celle diminution d’humidité devient d’autant moindre qu’on s’éloigne davantage de juillet pour so rapprocher de janvier [colonHea 4, 5 et 6). Dans ce dernier mois, à part les temps de brouillards, l’état hygrométrique de l’air est à pou près le même, quelle que soit la quantité d’électricité.

On ne peut pas renverser la proposition et dire que, (juel que soit l’état hygrométrique de l’air, l’état de l’électricilé reste le môme : c.ar, à partir de l'hiver et en se rapprochant de juillet et d’août, la quantité d électricité tombe, de plus en plus, au-dessous de la moyenne ordinaire, par l’extrême humidité comme par l’extrême sécheresse.

Si l'inverse semble avoir lieu pour les mois de janvier et de décembre, c’est qu’il est très difficile do séparer ce qui appartient à l'influence des brouillards humides et ce qui dépend des différences de température. Quand l’air est simplement humide, sans mélange do brouillard, on peut être certain de le trouver électrisé au-dessous de la moyenne : je ne puis que répéter les paroles de Pellier, l’un des hommes les plus compétents qui aient écrit sur ce genre d’études :

MÉTéOROLOGIE. LIVRE II.

« Un fait a été constaté presque généralement dans l’état électrique de l’atmosphère , dit-il , c’est que son influence diminue lorsque la quantité de vapeur élastique augmente ; il faut lever l’électromètrc beaucoup plus haut pour avoir une divergence égale à celle d’une expérience faite sous un ciel serein et sec. Suivant l'humidité de l’air, il faudra l'élever de 1 , de 2, de 10 mètres pour obtenir un signe d’électricité qu’on obtenait facilement en l’élevant de 2 décimètres sous un ciel pur '. »

Pour me rendre compte de ces effets, j’ai calculé, dans les colonnes 7 et 8, les électricités de l’air correspondantes aux époques des maxima et des minima d humidité. Les résultats généraux de l'année donnent une moyenne inférieure de 2 à 3 degrés à la moyenne ordinaire.

On voit donc que, pendant la majeure partie de l’année, et surtout en été, les maxima et les minima d’électricité sont accompagnés d’une diminution d’humidité; et de même les maxima et les minima d’humidité sont également accompagnés d’une diminution d’électricité. En hiver, c’est plutôt la proposition inverse gui s’observe.

On ne s’explique pas, au premier abord , ces dilférenls résultats; et cependant on peut s'en rendre compte en se rappelant ce qui a été exposé déjà dans les premières parties de cet ouvrage Ces résultats ne sont, en effet, que des corollaires des faits suivants :

1° Pendant les différents mois de l’année, excepté à l’époque des plus grandes chaleurs, l’électricité de l’air est plus forte par un ciel serein que par un ciel couvert ; et elle surpasse d’autant plus I électricité observée par un ciel couvert, qu'on se rapproche davantage de janvier^;

* Recfurches sur la cause des phénomènes électriques de t atmosphère^ par M. \. Pelticr, broch. in-8®. Paris, 184'â. page 19.

^ Sim LE Cliiat or. la Beuhvoe, 3® partie, de rEUctriciié de Tair, page 17.

CnAPTTRE ni. DE L ELECTRICITE .

2“ Les nuages, surtout en été et par des temps secs , sont des conducteurs plus ou moins électrisés, agissant par influence sur les corps placés à la surface de la terre ;

3° Pendant les brouillards, l’air est toujours électrisé positivement d'une manière très énergique *.

Cela posé, nous pourrons concilier les faits énoncés précédemment en jetant les yeux sur le tableau suivant, qui rappelle ces faits et indique l'aspect général du ciel sous l'inlluence duquel ils se présentent. Ces corollaires, déduits de la théorie, sont d ailleurs confirmés par l'expérience. J'ai dû naturellement partager l'année en deux périodes : l une, la plus froide, ne renferme que les mois d'hiver; et l'autre, beaucoup plus étendue, comprend les mois des trois autres saisons.

MOIM I.K* PLl'M mOIM<

1. ^Voximum d'électricitr ; humidité ordinaire. . — Ciel serein.

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