CHAPITRE IV. DES PHÉNOMÈNES LUMINEIX. 2fl
çst plus grand, de sorte (|ue, quand cet angle est droit, la jKilarisation est complète; elle diminue ensuite, tant que l'angle continue à augmenter, et devient nulle encore quand les rayons réfléchis sont opposés à la direction du soleil. De sorte qu'en se regardant comme placé au centre d'une sphère, dont le soleil occupe I nn des pôles, la polarisation est à son maximum aux differents points de l'équateur, et va, en diminuant eomme les carres des sinus, jusqu’au pôle opposé, où elle est nulle. Pendant le jour, la polarisation n est pasconiplète comme à l’instant ou le soleil se trouve un peu plus bas que le plan de l’horizon. Pour faire plus commodément les observations, je recevais directement la lumière à travers une petite ouverture circulaire pratiquée dans un carton, et je l’analysais au moyen d’un prisme do cristal de roche, formé de trois pièces, que M. Fresnel avait eu la complaisance de me faire construire, et dont il avait fait disposer les axes, de manière à séparer fortement les images. En plaçant devant le prisme une lame de mica, ou de chaux sulfatée, on peut rendre la polarisation plus sensible, en colorant les deux images de l’ouverture circulaire. »
Ces premières recherches, dont je m’étais occupé accidentellement et au sujet d’autres phénomènes, furent reprises ensuite, et plusieurs points singuliers furent aperçus successivement par MM. Arago, Babinct et Brewster d’Edimbourg, dans la région du ciel opposée au soleil ; ces savants remarquèrent aussi que le maximum de polarisation ne tombe pas exactement à 90“ du soleil, mais dans son voisinage, comme l’obsenation en avait été faite déjà par M. le professeur Delezenne dans le tome I^dema Correspondance mathématique , pages 338 et 339, année 1825.
Il existe peu de recherches continues sur la polarisation. On doit en exprimer le regret, car la polarisation donne lieu à un genre particulier d’expériences constatant des
MEIKOROLOniE. LIVRE II.
pIn^'HOincncs qu’on ne pourrait guère apprécii'r autrement,
,M'. ^VIleatslone a imaginé un instrument ingénieux, marquant l’heure par l'inspection seule des couleurs qno produisent de jietites lames de mica placées dans une position lixe par rap|)ort au méridien . c est un véritable cadran par polarisation, qui est assez sensible pour pouvoir donner le temps avec la précision de la minute.
Il est intéressant d’ailleurs de pouvoir expérimenter à distance un élément tel que latmosphère, qui peut être variable dans sa hauteur et dont une partie des phénomènes qu’il présente ne deviennent appréciables que par les instruments de polarisation. Il serait intéressant de reconnaître aussi comment les lois connues de la polarisation diurne sont modifiées, dans certains cas, par des températures extraordinaires ou par rimmixtion de substances étrangères à l atmosphère qui [larfois s’y introduisent et à des grandes hauteurs.