Chapitre V. — Pluie, grêle, neige, etc
L’élal (I humidité de l’air, dans un pays, mérite une attention toute spéciale; cependant jusqu'à 1 époque de ^ 830, on n’a indiqué pour l'atmosphère que peu de résultats qui méritassent d’être signalés pour la Belgique. L’abbé Mann, le baron de Poederlé, Durondeau', Kickx et les autres physiciens qui, à partir de la création de l’ancienne Académie de Bruxelles, avaient tourné leur attention vers la météorologie, négligèrent généralement cet élément essentiel. M. de Poederlé, sans entrer dans des détails suffisants, estimait qu’on pouvait élever à 1 60 le nombre des jours de pluie; M. Kickx, d’après ses observations depuis le commencement de ce siècle, portait ce nombre à 1 49 ; il le déduisait de 22 années d’observations dont il communiqua les résultats, en 1824, à l’Académie royale de Bruxelles (t. 111 des Nouveaux mémoires). Selon ce physicien, la quantité d’eau qui tombe annuellement s’élève à 64 centimètres, mais il ne donne aucun autre détail’.
Voici toutefois le tableau général qu’il a présenté, sans qu’il se soit arrêté aux spécifications des années^.
• MM. Durondeau el l'abbé Mann communlqucrenl leurs observations sur les quantités d'eau tombées en 1770, 1786 et 1787, pendant lesquelles iU rrcncillirent les valeurs suivantes 794,1 ; 760.49; 768,96. {.-innaUs de V Observatoire de hruxelleSy t. 1, Introduction, p. 44.) j
- Ses obscr\alions ont été faites rue du Movbooni, à environ 26 mètres d'élév'ation au-dessus du niveau ordinaire des eaux du canal. ti I/année 1810. dit-il, nVst pas comprise dans cette estimation, la quantité d'eau tombée alors est si disproportionnée à celle des autres années, qu'en l'admettant je croirais établir un calcul tout à lait erroné, u (Pa^ 241 du tome 111 des /loureauj' mémoires.)
^ Voyez pour le nombre de pluies, de neige, de grêle, etc,, page 144 el suivantes de cet ouvrage.
METEOROLOGIE. LIVRE III.
MOIS
Pluies
trauqulUes.
Oudéen ou giboulées.
Averses.
Pluies
d’orage.
Jours
do cUutes d’oau.
Janvier . .
Février , .
Mars. . . .
Avril , . .
ti
Mai. . . .
Juin. . . .
Juillet. . .
Août . . .
Septembre.
Octobre ,
Novembre .
îi
Décembre .
ti'J
M. Kickx a recherché quelles relations pouvaient exister entre les quantités de pluies et la direction des vents ; « Les pluies sont très fréquentes dans le Brabant inériilional, dit-il elles présentent, (juant à leur force et à leur continuité, des diflFéreiices qui paraissent être en rapport avec certaines directions des vents; par exemple, les pluies tranquilles viennent communément îles divers points entre le S et 10; elles durent plusieurs jours de suite et tombent avec plus ou moins de force. Les ondées et les giboulées, les premières arrivent par des vents de 10 au NO et constituent les pluies abondantes, tombant par intervalles, chassées })ar des coups de vent très forts ; les giboulées sont ces mêmes ondées, poussées par un vent qui tient plus du N que de l'O , et accompagnées de grêle ou de gros flocons de neige en partie fondue ; les averses , pluies subites, de peu de durée, mais excessivement fortes, dont la chute est presque toujours perpendiculaire, et qui ne sont
* pluies ne sont tiî plus fréquentes,, ni plus abondantes dans le Brabant méridional que dans aucune province du royaume; il )>arait au contraire que la partie montagneuse du myaiime, qui avoisine la Prusse, fournit beaucoup plus d'eau que la partie du centre cl celle de l'ouest du royaume.
ClIAPITHE V. PB LA PLUE.
accompagnées ni clc grêle, ni d'éclairs, ni de tonnerre; elles arrivent le plus souvent des diverses directions du SE au S, et leurs eaux descendent quelquefois en telle abondance des collines, dont la province est hérissée, quelles ressemblent à de véritables torrents. Enfin , les pluies d'orage, qui suivent naturellement la direction du météore. Ces pluies, produits immédiats d une commotion électrique, sont plus favorables que toute autre à la végétation, notamment si leur chute n’est pas trop rapide ; du N à l’E, ou de leurs points intermédiaires, il pleut rarement, et toujours très peu de temps ; cette pluie est très froide, et son influence sur 1a végétation est plus nuisible qu'avantageuse. »
M. Kickx reconnaît qu'il est diflicile dévaluer exactement la quantité de pluie. « 11 est plus difficile encore, dit-il, de déterminer la quantité de neige qui tombe annuellement et le temps précis de son apparition ; l'une et l'autre dépendent nécessairement des gelées qui sannoncent d'une année à l'autre à des époques trop différentes pour pouvoir être indiquées avec sûreté ; cependant on peut regarder les mois de décembre et de janvier comme la période dos neiges, et fixer à dix- sept jours le terme moyen de leur chute. Quant à la grêle, il en tombe peu en comparaison des autres météores qui concernent la [>rovince; et il n'arrive guère plus dune fois en 12 ou la ans, que les grêlons soient de grosseur à causer des dommages notables. On compte 11 jours de grêle dans le cours de l’année commune, distribués ordinairement entre les 7 mois d'octobre et d'avril '. »
üès rétablissement de I Observatoire, nous avons tûcbé
^ .Hénioire sur la géographie physique du Brabant mtrldional, dans It'S Idèmoires de t Académie^ t. lll,anm*c 18â8.
(le compléter avec l’aide des phy.sicicns belges les plus actifs, les documents ejui nous manquaient encore. Voici quelques ren.seignements sur l'aide qu'ils ont bien voulu nous prêter. Je pense que leur concours bienveillant, en ce qui concerne I appréciation des pluies, nous met à même de regarder spécialement cette question comme aussi avancée qu’on peut le désirer dans l’état actuel de la science.
Mons — Nous avons, pour cette ville, des observations faites par .M. Flécher, pendant 8 années, à partir du commencement de ce siècle; elles étaient resteies manuscrites et m'ont été communiquées par M. Delmotte '.
Liège. — M. Courtois estimait qu'à Liège le nombre de jours do pluie, do neige et de grêle s’élève à liiO, et que la quantité moyenne d eau est de 0“,71-l -.
Les observations qui ont été faites, plus lard, dans celte même localité, sont dues à .MM. Davreux, Deville-Tliiry, Leclercq; les résultats en ont été publiés dans les Annales de l' Observatoire et dans les Mémoires de l’Académie royale de Belgique. Le premier de ces recueils renferme les observations de M. Davreux et de M. Deville-Thiry, lesquelles se rapportent uniquement à l'indication du nombre de jours de pluie, de neige ou de grêle. M. Leclercq, l’observateur actuel, achève de combler la fêclieuse lacune qui se trouvait encore dans les annales météorologiques de celte importante station. L’udoniètre employé est pareil à celui de rObservatoire royal de Bruxelles; il est placé au milieu d’un vaste jardin et se trouve éloigné des bâtiments, afin que la pluie puisse y tomber librement de tous les côtés.
> J’rii ni dunui' les n-siillals ilaii» V.Jperça hiitoriqut drt obtercations mclejrologiques en Belgique, tj du (unie I" dos .ts.iALi» de l'Uuehta-
TtlIBE. 181^4.
fieeherchet tur ta tialittique, t. I* ', p. 25.1.