‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 164 sur 211 · CHAPITRE V. DE LA PLlilE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. DE LA PLlilE

colle loi csl plus prononcée pour Télé que pour l’hiver, el c est à peu près à 1 2 heures de dislance, ou de minuit à 3 heures du malin, que se présente le minimum.

Les quantités de pluie qui tombent entre G heures du malin et 6 heures du soir sont un peu plus grandes que celles qui tombent, la nuit, entre 6 heures du soir et 6 heures du matin, la prépondérance des pluies est très manifeste tant pour le nombre que pour le produit.

Pendant l'hiver, la pluie élève la température normale de deux degrés : elle l’abaisse au contraire d'un peu plus d’un demi-degré au printemps. L’abaissement subsiste encore, bien qu’un peu moindre, en été ; puis la température normale est encore dépassée d’un demi-degré en automne. Les pluies, prises en général, ne produisent qu’une légère élévation de température qui, sur les résultats annuels, ne dépasse pas 0"i3.

En classant les écarts, d après l’ordre de grandeur et par rapport à 1 état moyen qu’éprouvent les températures pendant les pluies, on trouve que les chances sont à peu près exactement les mômes pour les écarts en plus el pour les écarts en moins. Les limites de ces écarts sont de 1 0 degrés de chaque côté de la moyenne. Les grêles, les orages et les ouragans sont généralement précédés d’une température élevée : l’abaissement de température suit assez communément le commencement de la pluie.

La pression barométrique moyenne subit, pendant les pluies, un abaissement qu’on peut évaluer à 5“"1 2. Cet abaissement varie régulièrement avec les mois : son maximum 6'"“ü3 se présente en janvier, el son minimum 2"'“G0 en juillet. Dans Iheure qui précède la pluie, le baromètre baisse plus généralement qu’il ne monte ; pendant la pluie, son mouvement est assuré; il remonte cependant un peu plus qu’il ne descend. .Après la pluie, la hausse se prononce

UÉTÉOROIOCIB. tIVBE III.

davanlago : le baromètre rcmoiilc environ sept fois, quand il baisse quatre fois.

L'instant de la plus grande dépression barométrique a lieu quarante minutes environ après le commencement de la pluie.

Les vents de SO, même en tenant compte de leur fréquence, sont ceux qui accompagnent le plus souvent les pluies ; les vents de NO et d'O, sous ce rapport, se rangent immédiatement après eux. Les vents les moins pluvieux sont ceux d E et de SE.

En ce qui concerne l’abondance des pluies ou la quantité d'eau (|u’elles donnent par heure, les rapports se trouvent il peu près renversés : les vents de NE et de N donnent le plus de pluie; ceux de S, SO et NO sont plutôt au-dessous de la moyenne générale, qui est de 0“”82 par heure.

L intensité du vent exerce aussi une influence : en général, il pleut le plus souvent, et l’on recueille le plus d'eau pendant des vents faibles : le nombre absolu d heures et les quantités de pluie décroissent progressivement à mesure que l’intensité du vent augmente; le rapport de l’une et de l’autre progression est de 2 à 3.

L’égalité du rapport dans ces deux progressions montre que la quantité d eau par heure est indépendante de la force du vent ; cette ipianlité est représentée par une couche d’eau de 0“‘“82.

Les plus anciennes observations faites en Belgique sur les quantités d’eau qui tombent annuellement ne remontent pas au delà de 1775.

Les lieux oii des observations ont été faites régulièrement sont, comme on l’a vu précédemment, Bru.\ellcs, Louvain, Gand , .Most, Liège, Saint-Trond, Ostende, Namur et Slavelot.

CIIAriTIll! VI I)E I.'Él-Er.THICITÉ.

Chahtbe VI. — Électricité de l’air.

Les premières observations sur l’électricité de l'air, en Belgiipie, paraissent avoir été faites par l'abbé Mann, pendant les années 1786 et 1787 Ce savant ne fait pas connaître les moyens dont il s’est servi pour obtenir ses déterminations : peut-être, comme l'un de scs confrères-, employait-il à cet effet une machine électrique, et déduisait il ses indications du nombre de tours que devait faire le plateau pour produire l'étincelle à une distance donnée. On conçoit combien ce procédé était défectueux, en faisant surtout l'expérience à l’intérieur d’un bâtiment. Quel que soit le procédé qu’il ait employé, les nombres trouvés, qui ne SC rapjiortcnt d’ailleurs qu’au maximum et au minimum de chaque mois, ne peuvent donner qu’une idée très imparfaite de la loi qu’il cherchait à déterminer.

Nous avons aujourd’hui des moyens plus sûrs pour donner

* Tome V des ^femoires de V AcatUmie imperiaUet rùyaïe de Bru.relUs,

* Voici ce (ju’écrivait M. Tabbé de Wilry, dans le tome III des Mémoires de

V .icadèmie im]>ëriale et royale de Bruxelles^ 454, au sujet du froid de décembre 1785 : « L’on sait (|tratijourd'hiii, parmi les observations météoro> logiques, l'on tient compte des efp.utes électriques, et que c'est pendant les fortes gelées qu’ils passiMtl pour être le plus a)>oiidaiits : malgré celte prétendue remarque, qui semble faire loi parmi les électriciens, j’ai obser>é que cinq de mes inncbiiies d’électricité, dont dem les puissantes à double plateau n’ont donné que de faibles marques d'électricité, pendant ces jours les plus froids, nonolistant les précautions usitées pour favoris<’rct*s effluves. Je me propose de suivre ces observations vraiment neuves, surtout h l’aide de la machine toute nouvelle du célèbre Nairne. » Dans Itrs Ephémérides de la Société météorologique palatine pour 1780, p. 185, l’ablw Mann, en rendant compte de ses instruments, SC borne à dire : Aeris elertricîtas similiter a 0 ad 1 usqae quantitnlis scintillarum gradus assutnitur : quandn rero ni<//a datur sciutillay grttdus ex prtmuntar fractiofiihus uititalisj sriVrcei et '/*•

WÉTÉOROlnGIE. LIVRE III

les indications de l’électricité de lair; nous traiterons avec développement, dans la Physique du globe, l'étude si belle et si variée de ces phénomènes dans lesquels l'action de la terre joue le rôle le plus important.

L’abbé Mann a fait connaître quel a été le nombre des orages observés chaque mois, pendant les années 1783, 1780 et 1787 ; ce nombre a été moyennement de 24 (“t, par conséquent, plus considérable qu'aujourd hui. On pourrait SC demander si les déboisements considérables qui ont eu lieu dans les environs de Bruxelles n’ont pas, sous ce rapport, modifié la nature du climat. II est à regretter, du reste, que les observations s’étendent sur si peu d’années ; elles doivent par cela môme n'étre employées qu’avec la plus grande circonspection.

Si les observations directes sur l’électricité atmosphérique nous mampient pour le reste du royaume, nous en possédons au moins d’assez exactes sur le nombre des orages que l’on compte annuellement. Cependant ces observations mômes ne sont pas d’une date antérieure au commencement de ce siècle.

M. Kickx père a fixé le nombre annuel des orages à 22, pour Bruxelles; mais sans présenter le détail de ses observations, peut-être môme s’est-il fondé sur les observations recueillies par l'abbé Mann il y a lieu de croire que ce nombre est trop élevé. P’après seize années d’observations faites de 1833 à 1848, il en a été compté 13 seulement, comme nous l’avons dit plus haut.

Les observations faites à Louvain de 1836 à 1848 montrent que le nombre des orages s’est annuellement élevé aussi à 13 environ dans cette localité. Pour Alost, Gand et

> Wémoire tur la gragraphie phgiigne da Brahant mrrldional. Vrmolret de V Académie royale de Briiselles, tome 111, pagr238.

CIIAPITHK VI. DE LÉLECTBICITÉ. 397

Liège , nous trouvons des nombres un peu plus grands ; mais CCS nombres dépendent encore de peu d'années d’observations.

Tous CCS nombres présentent un accord assez satisfaisant et tendent à montrer qu’il existe, pour les orages, une période annuelle ayant .son maximum et son minimum. Le minimum tombe au mois de décembre et le maximum au mois de juin. La longueur des jours semblerait être en rapport avec cette période, si les mois de janvier et d’août, par un léger excès, ne venaient faire anomalie.

11 |«iraît assez probable aussi qu’il existe des causes locales qui rendent les orages moins fréquents à Bruxelles et à Louvain qu’à Liège et dans ses environs; mais il faudra réunir les observations d'un plus grand nombre d’années pour pouvoir se prononcer avec quelque certitude. Cet élément prendra chaque jour plus d'importance dans la science, et sera consulté un jour avec un intérêt plus grand que celui de la simple curiosité, quand on s’occupera des grands phénomènes du globe, dans lesquels l’électricité occupe l'un des premiers rangs, et que d’une autre part, sous le rapport industriel, on examinera la question des assurances contre les accidents produits par les orages. Ce sujet mérite une attention toute spéciale, quand on s’occupera de la pluie, de la grêle et des iiutres météores aqueux; on préparera ainsi de loin les éléments les plus nécessaires à la solution de grandes questions qui rattachent la météorologie aux sciences politiques. Nous indiquerons cependant, dès à présent , le nombre de fois que le phénomène s’est reproduit annuellement dans nos provinces. Les observatoires météorologiques nous aideront à mieux connaître ce phénomène, pour l'importance qu’il mérite sous le rapport de la science et des intérêts particuliers de la société.

Nombre annuel des orages à Bruxelles.

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Il serait difficile de se prononcer sur une classe de phénomènes, qui offre encore si peu de documents, et surtout pour les différents points du royaume. Il est certain néanmoins que les orages ont été beaucoup plus nombrcu.'c que d'ordinaire pondant l’année 1 852 ; on trouve aussi une succession do jours d'orage très remarquable de 1 857 à 1 862.

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