‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 165 sur 211 · CHAPITRE VI. DE L ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. DE L ÉLECTRICITÉ

Pendant cette dernière période de six ans, comparée à celle des six années à partir de 183G, on compte pour Bruxelles d’une part 134 et de l’autre 68 orages; on trouve à peu près les mêmes nombres donnés par les autres villes

Après dilTérents essais, j’avais cru nécessaire de comparer les valeurs de Bruxelles à celles obtenues dans les villes avoisinantes, avec des instruments et des méthodes d’observation absolument les mêmes. Mais je me suis aperçu bientôt qu’il ne suffit non- seulement, de la similitude des instruments, du savoir et de l’exactitude des observateurs pour obtenir des résultats exactement comparables ; il faut encore des stations bien découvertes et qui ne soient influencées par aucun obstacle voisin. Je connaissais ces conditions; mais je ne les croyais pas aussi fortement prononcées dans les résultats. M. Peltier qui m’avait aidé à organiser ce genre d’observations, m’assurait que, dans Paris, il lui avait été impossible de songer à l’observation de l'électricité de l’air, à cause des obstacles de toute espèce que lui opposaient les toits et les cheminées des bâtiments voisins. Je croyais, je l’avoue, ses craintes exagérées, je me suis assuré depuis que la condition d’observer dans un lieu qui domine tous les autres, du moins dans des distances rapprochées , forme une des conditions essentielles. Plusieurs électroniètres furent distribués dans le pays ; je n’ai pu obtenir de valeurs régulières que de la seule ville de Gand. M. Duprez, avec une obligeance extrême, a bien voulu se livrer à des observations pénibles. Depuis le commencement de 1855, il a étudié l’électricité avec un soin dont on ne saurait trop lui tenir compte. Voici comment il s’exprime

^ Pendant les troisannées de 186^ et 1865« M. Cavalier a entendu le tonnerre 10, 17 et 9 fois, à O&lcndc. M Michel a iiiari|ué 18 fois, au lieu de 17, le inênic jdiénouièncypour la nièmc ville d’Otitendc pendant la nicme année 18G2; celle différence est très faible.

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au sujet de sa manière d’observer. « L’èicctricilé almosphèrique a été observée au moyen de l’éleelromètre de Pellier. Dans les observations, cet instrument est placé sur une tablette qui est fixée à 1”,3 au-dessus do la base d’une ouverture rectangulaire, pratiquée dans un toit dont la pente est telle, que la hauteur du sommet au-dessus de la ligne horizontale menée par la liase de l’ouverture est, à C mètres de distance de cette base, égale à 5 mètres ; ce même toit est surmonté d’une cheminée d’environ 1 mètre de hauteur. Aucun autre objet environnant ne domine la tablette, et celle-ci est élevée de 1 0“,8 au-dessus du niveau du sol. 11 résulte de cette disposition que l’électricité atmosphérique n'agit point librement sur l’électromètre, et que, par conséquent, les nombres obtenus sont trop petits : aussi no faut-il considérer que les valeurs relatives de ces derniers. » Du reste le mode de calcul adopté par 51. Duprez est exactement le même que pour Bruxelles. « Les nombres qui se rapportent aux observations d’électricité atmosphérique négative n’ont point été comptés dans le calcul des moyennes du tableau , et lorsque les indications de l’élcctromètre dépassaient 72 degrés d’électricité positive, on n’a fait entrer dans le calcul des moyennes des nombres proportionnels que le nombre 2,000 qui correspond à environ 72 degrés de l’instrument. » La manière d’observer et les moyens d’appréciation sont donc les mêmes qu’à Bruxelles. Cela posé, voici quels ont été les résultats obtenus pendant neuf années.

Électricité de l'air à Gand, de 1855 à 1883.

HKTÉOROLOGIE. LIYUE III.

On peut voir combien ces résultats diffèrent individuellement de ceux de Bruxelles que nous avons donnés plus haut. .Mais, si les valeurs absolues sont dissemblables, la prépondérance de I hivcr sur Télé , pour la quantité d’électricité plus ou moins grande qu’on recueille, est la mémo. Ainsi, je trouve que, pour Bruxelles et pour les mêmes anné*es, les nombres des degrés observés en janvier et en juin sont 442 et 44, tandis que ces nombres pour Gand sont 8o et 8 seulement, c’est-à-dire environ cinq fois moindres; et il en est à peu près de même pour tous les nombres correspondants des divers mois de l'année. Il est remart|uable , d’une autre part, que les mêmes rapports s’observent des deux côtés : ainsi à Bruxelles le maximum est au minimum à peu près comme 10 est à 1 ; et l’on obtient la même valeur à Gand. Cependant les appareils sont exactement les mêmes, sont exactement comparables : seulement la charge entière de l'électricité ne peut être recueillie à Gand, à cause des obstacles environnants.

Phénomènes du règne végétal et du régne animal. — Il est très curieux de rechercher l influence que l’électricité exerce sur la nature animée et spécialement sur les phénomènes périodiques des plantes ; j’ai présenté les résultats comparés des observations météorologiques faites à Bruxelles pendant le cours des 22 années de 1 839 à 1 860 inclusivement ; ils pourront appuyer mes premières conjectures et faire disparaître successivement les discordances que font naître des températures plus ou moins élevées, et d’autres causes qu’on connaîtra par des observations prolongées.

Parmi les plantes observées, les unes sont indigènes, quelques autres n’appartiennent pas à la flore de la Belgique. Comme mes observations avaient plus particulièrement pour objet de déterminer l’influence des agents météorologiques sur la végétation, je n'ai pas cru devoir établir

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