‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 167 sur 211 · CHAPITRE VI. DE L 'ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. DE L 'ÉLECTRICITÉ

qui porlenl une électricité qu’on pourrait nommer accidentelle, et qui produisent les orages. Quelquefois ces nuages donnent naissance à la grêle qui se trouve attirée et repoussée tour à tour entre eux et la couche électrisée supérieure, Jusqu'à ce que les gréions tombent par l'effet de leur pesanteur. Quelquefois, l'action a plutôt lieu avec le sol et donne lieu aux orages, ou à d’autres fléaux qui ravagent la terre. J’ai eu occasion d’en citer déjà quelques exemples : on pourra eu voir un très saillant dans le chapitre qui suit.

L’électricité négative est plus fréquente pendant l'été ; l’espace entre la terre et la partie immobile de l’atmosphère est plus élevée alors, plus sèche et peut donner place à des nuages interposés qui prennent une électricité supplémentaire.

L’écoulement tranquille de l'électricité vers la terre est plus fréquent en hiver ; il se fait généralement sans secousse , les instruments indiquent à peine son passage, mais son intensité reste forte; l'électromètre parle et le galvanomètre est à peu près muet. Le contraire a lieu en été; cet écoulement, à cause de la sécheresse, se fait plus brusquement alors et produit de nombreux orages'. Mais nous avons fait remarquer di^'à qu ils sont généralement moins destructifs à la surface de la terre : leur action s étend sur un espace plus limité. Quand l’orage éclate en hiver, ce qui arrive assez rarement dans nos contrées, il sévit sur une surface beaucoup plus étendue et frappe de

I Les orales sont beaucoup plus nombreux en été quVn hiver; ceux qui éclatent pendant celle dernière saison sont quelquefois extrêmement dan^e reux. Nous verrons bientôt qu'un seul orage pendant Phiver de i8G0 a frappé plus de vingt clochers dans réteiiduc de la Belgique et dans Pespaee de queU ques heures. Ainsi Pou peut citer encore Porage de la nuit du 14au loavril i718, qui ravagea également dans Pespace de quelques heures 2-4 clt>chers en France, le long de la côte do Bretagne,

MÉTÉOROLOGIB. LIVRE III.

préférence les points élevés; son action, en effet, s’exerce d'une hauteur plus grande que si elle provenait de nuages interposés.

Jours de tonnerre. — D'après les observations recueillies en Belgique, il paraîtrait au premier abord que le nombre de jours d’orage était un peu plus fort dans le siècle dernier, car, d’après l'abbé .Mann, il s’élevait à 7î pour la période triennale 1785, 1786 et 1787. Mais, pendant cette dernière année seule, qui a été tout exceptionnelle, on a compté 36 jours d orage, dont 13 pondant le mois de juillet. On se demandera peut-être si ces jours d’orage étaient bien réellement des jours où l'on avait entendu le bruit du tonnerre. On pourrait en douter, si I on considère que , pendant les vingt-huit dernières années, celle qui a produit le plus de jours de tonnerre est 1857, pendant laquelle on a compté jusqu’à 64 orages à Saint-Trond; 57 à Namur ; 37 à Liège; 30 à Stavelot; tandis que, dans la partie occidentale du royaume, les choses ont suivi leur cours ordinaire ; le nombre des orages n’a pas dépassé les limites communes '.

Le nombre des jours de tonnerre constatés à Bruxelles , pendant les 28 années qui précèdent 1862, a été de 16 à 1 7 par année, comme on peut le voir, plus haut, à la page 220, ou sont donnés les jours de tonnerre qu’on a eu l’occasion d’observer successivement pendant cette longue période de temps. On trouve incontestablement plus d orages penjiant les mois de juillet et d'août que pendant les mois de décembre et de janvier : le rapport est de 184 à 8 ou do 23 à 1 .

Les jours de tonnerre semblent suivre les indications thermométriques plus encore que la longueur des jours et les élévations du soleil : ce n’est pas au mois de juin que

• Voyct le dernier chapitre du Climat de la Belgique, p. 19, ou le tome XI de« .4u»aletde V Observatoire royal de Bruxelles, p. 20, 1H57.

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