CHAPITRE VI. DE L'ÉtECTRiaTÉ
galvanomètre, qui, selon la nature du courant, se trouve jetée à droite ou à gauche de sa position d’équilibre.
Pendant les plus fortes tensions électriques, le galvanomètre peut rester en reposet n’accuser aucun courant; d'une autre part, pendant le passage d’un courant, l’électromètre peut accuser une tension électrique positive, négative ou nulle.
Tremblements de terre. — Un phénomène qui se produit assez rarement en Belgique, surtout dans la partie voisine do la mer, est celui des commotions souterraines. Depuis vingt-cinq ans que les observations se font régulièrement à Bruxelles , on ne peut guère on citer ijue doux , et encore les commotions ont-elles été si faibles, qu'elles ont à peine été ressenties. Ces tremblements de terre, d’ailleurs, n’avaient pas leur principe en Belgique ; ils partaient plutôt des bords du Rhin, et leur effet s’est étendu jusqu'à Bruxelles, oii il paraît s’étre éteint.
Le premier tremblement de terre annoté à l'Observatoire de Bruxelles, depuis les observations régulières, date du 6 avril 1843, et le second du 29 juillet 1846. Ce dernier n’a été apprécié que par très peu d’observateurs, et s’est manifesté vers 9 heures du soir dans le haut de la ville. On en compte encore trois depuis cette époque.
La commotion du 29 juillet paraît avoir eu son foyer dans un triangle ayant pour sommets Kreutznach, Francfort elBoppaert; on a pu l'apprécier en Belgique, à Namur, Arlon, Liège, Bruxelles. Plusieurs autres Irerablemcnts de terre ont été éprouvés en riiéme temps en Italie et en Angleterre. Ce tremblement a été suivi de chaleurs assez fortes ; le thermomètre a monté, à Bruxelles, jusqu’à 33°, 9 centigrades, à peu près le plus haut point où on l’ait observé.
En 1848, le 20 octobre, vers 7 heures du matin, une nouvelle secousse de tremblement de terre sest prolongée
üiTéOROLOGIE. LIMIB III.
pendant quelques instants, et a été ressentie sur plusieurs autres points de la Beliïique.
En général, comme nous l avons vu, le pliénomène des tremblements de terre est rare dans nos climats, surtout dans la partie occidentale , et on ne peut guère le mentionner que comme un prolongement de secousses produites à l’extérieur du royaume. 11 a été accomjiagné, chaque fois, de fortes commotions électriques.
Nous présenterons ici une liste des principaux tremblements de terre que nous avons déjà communiquée à l’Académie royale do Belgique, et que nous avons successivement complétée depuis.
Tremblements de terre en Belgique
803, en hiver. Tremblement do terre dans les alentours d'Aix-la- Chapelle.
823, le palais d'.\ix-la-Chapelle croula par un mouvement de terre.
829, vers Piques, violents mouvements de terre.
1013, 18 sept, et 18 nov., mouvements mentionnés à Liège.
1112, 3 janv., par suite d’un tremblement de terre, la Meuse déborde il Liège.
1117, 3 janv., des secousses terrestres furent senties à Liège. 1117, 3 mai, tremblement de terre.
1395, à Anvers, tremblement de terre violent.
1449, 23 avril, tremblement en Flandre.
1456, 26 août, 2 h. matin, tremblement à Liège.
1504, 23 ao5t, en Belgique tremblement de terre de courfe'durée.
1505, 30 juin, en Belgique tremblement très court.
1531, 26 janv., secousses en Flandre.
1549, 12 mars,. à Bruxelles, deux secousses.
1354, 21, 22 mars et 30 avril, tremblements de terre mentionnés par Cornélius Gemma.
1563, 17 janv., en Belgique, tremblement de terre (Cornélius Gemma).
CUAPITRE VI. DE L’ÉlECTRiaTÉ.
1569, 14 mai, nouvelles secousses (Cornélius Gemma).
1579, 6 avril, dans les Pays-Bas, deux secousses.
1580, 6 avril, secousses ressenties en Belgique, on .Angle-
terre, etc.
1640, 4 avril, secousses en Belgique, on Hollande, en France. 1670, septembre, Anvers ; une secousse.
1692, 13 et 18 septembre, tremblement de terre ii Bruxelles et ii Anvers.
30 octobre, id. à Liège.
1714, 13 au 14 janvier, dans le Brabant, dans le Hainaut et à Liège, secousses.
1755, avril, en Brabant, quelques secousses.
1" novembre, id. sur le littoral des Pays-Bas.
26 et 27 nov., secousses en Belgique.
Nuit du 26 au 27 déc., trois secousses eu Belgique et en Hollande.
1756, 18 fév., secousses en Belgique, en France, etc.
3 juin, secousses ii Liège, Maestricht, etc.
19 nov., secousses à Liège, Malmédy, Cologne, etc.
1760, 20 juin, secousse légère ii Bruxelles, Cologne.
16 juil., à Bruxelles et dans le Brabant, plusieurs secousses.
1702, 1" août, à Bruxelles, tremblement.
1767, 22 juin, secousse il Bouillon, Sedan, Cologne.
1773, 8 août, secousse ù Luxembourg.
1800, 9 nov., deux secousses à Bruxelles.
1809, 30 jauv., à Courtrai, légère secousse.
1828, 25 au 26 janv., la montagne qui domine Spa s’est écroulée. 23 fév., secousse à Bruxelles, ii Liège, etc.
21 mars, à Louvain, secousse faible qui s’est propagée en divers lieux.
13 août, à Bruxelles, secousses avec bruits souterrains.
3 déc., secousses à Spa, Stavelot, Liège.
1843, 6 avril, secousses à Liège, Louvain, Bruxelles!
1846, 29 juil., il Bruxelles, Louvain, Liég^, Namur, secousses.
1848, 20 oct., à Bruxelles, ii .Anvers et dans la Flandre occ.
1849, 14 janv., tremblement de terre à Liège.
1867, 3 janv., tremblement à Spa, Liège.
1867, 7 fév., tremblement ii Liège.
HKTÉOROLOGIB. LIVRE III.
CoAPiTRB VII. — Phénomènes optiques.
Les phénomènes optiques que présente l’atmosphère forment une des parties les plus intéressantes et les plus curieuses de la physique : ceux que produit la réfraction astronomique, en particulier, méritent une attention spéciale. Toutefois, les phénomènes que nous apercevons dans le ciel nécessitent une correction préalable qu’il faut savoir calculer. La loi de la réfraction qui sert à cet effet n’est pas fort ancienne : un des plus habiles observateurs que la science ait produits, l’immortel Kepler, avait inutilement recherché scs lois : Snellius eut l’honneur de les découvrir ', et le célèbre Descartes à qui on l’a souvent attribuée, contribua à la vulgariser et à lui donner plus d’extension.
C’est en 1613, et lorsque Snellius n’avait encore que 22 ans, que le Bruxellois D'Aiguillon (ou D'Aguillon) publia à Anvers son intéressant ouvrage : Opticorum libri VI, dans lequel il applique les recherches de la géométrie à la solution de plusieurs problèmes des plus intéressants -. Une mort prématurée ne lui permit pas de publier tout son ouvrage sur l’optique ; nous devons le regretter surtout, en lisant, dans l’espèce de programme qu’il en donne, ces mots assez curieux : « postremus (liber) denique de iis agit, quœ sublimé eveniunt, Solaris radii partim reperctissione, partim infractio.ne. Ific irides, lialones, parhelia, aliaque id genus meteora, ex scientiœ hujtis porismatibus explicantur.
* Snellius Willcbrord tic Royn Snell) était né à Levde en et
mourut en iC2C. Cet habile pbysicieiif mort si jeune, proposa éjjalcment de mesurer la grandeur de la terre par des iiioyeiis géométriques et fut le père de la pUiiimélrie moderne.
* Uislotrt dit teitnett ti par Ad. Quclclet ,
1 vol. iii-8“, |>agL’ 195, Itnixellrs, 18Gi.