Chapitre IV. — Htjgrométrie
En considérant l’état des vapeurs aqueuses répandues dans l'atmosphère, nous avons eu l’occasion de distinguer, pour Bruxelles, des circonstances assez remarquables, et surtout dans les variations que présentent les vapeurs atmosphériques pendant le cours d’une année ou même pendant l’espace d’un jour. Ces variations ne sont pas tout à fait les mêmes, d'une extrémité de la Belgique à l’autre; et l’on conçoit facilement en effet que les variations ne peuvent plus être les mêmes en changeant de position à la surface du globe. Cependant les variations ne sont pas assez tranchées, pour qu’on puisse y voir des différences bien prononcées, et pour reconnaître des inégalités qui exigeraient des études spéciales. Sans doute cette partie de la science n’est pas tout à fait aussi avancée que celles qui concernent les températures, les pressions barométriques de l’air ou les effets des vents. Cependant les vapeurs et plus spécialement les pluies méritent une attention toute spéciale : elles peuvent offrir des différences considérables, comme on le verra dans le chapitre suivant, où, en parlant des pluies, il est dit que ce météore, à peu près inconnu dans certains pays, exerce son action avec la plus grande violence dans les pays voisins. C’est ce qu’on peut voir en Egypte où les pluies sont à peu près nulles, tandis qu’en se rapprochant davantage de l’équateur, les chutes d'eau deviennent immenses. r
Pour nous en tenir à ce qui concerne l’état statique de la vapeur, considérons un exemple assez simple et rapprochons de notre climat un autre qui, sans en être très voisin, se trouve cependant au centre de l’Allemagne et assez
éloigné de la mer, pour ne pas être exposé aux mêmes actions atmosphériques que le climat de la Belgique. Les expériences que nous employons ont été faites par un météorologiste habile, par M. Khmtz à qui nous devons un des traités les plus justement estimés qui aient été écrits sur cette partie. C’est par ce motif que nous avons été curieux de comparer la tension de la vapeur d’eau contenue dans l’air entre la ville de Bruxelles et la ville de Halle en Allemagne, d’après les déterminations de ce savant. Les observations de Bruxelles comptent 23 années, et ont été recueillies avec la plus grande régularité.
Tension de la vapeur d'eau contenue dans l'air'.
Hall# 4’iprcs lâatt L'Okaeruloire de Briullea MOIS. lift** Nrli. BlIUBeirM. pitcbriBeirt 4
J.nvier 1,848 = 4,169 5,59
Février 2,023 = 4,564 5,73
Han 2,285 -= 5,154 6,00
Avril 2,694 = 6,158 7,03
Mai 3.517 = 7,933 ' 8,98
JuiUet 5,106 =11,518 12,09
Août 4,744 — 10,701 12,45
Septembre 4,238 = 9,560 11,05
Octobre 5,488 = 7,867 9,16
Novembre 2,523 — 5,691 6,97
Décembre 2,439 ■= 5,502 5,97
Moyenne 3,287 = 7,419 8,49
Pour faciliter les comparaisons, il a fallu réduire en millimètres les tensions de la vapeur, à Halle, qui setrouvaient
' Lehrbuch der Météorologie, bearbeitet von Dr Ernest G. Schmid , prof, in Jena, Leipzig, 1860, 1 vol, in-8°, page 619.
CHAPITEE IV. DK LBTGKOXÉTBIE.
exprimées en lignes de Paris. On peut voir que les valeurs déterminées sont à peu près les mômes. La moindre tension s’observe des deux côtés au mois de janvier ; cette tension augmente ensuite de mois en mois jusqu’en juillet pour Halle et jusqu’en août pour Bruxelles. La différence des deux maxima est à peu près la môme ; elle décroît ensuite des deux côtés jusqu'au minimum de janvier. Si l’accroissement et le décroissement se font à peu près de la môme manière, on pourra voir cependant que les différentes valeurs observées à Bruxelles dépassent de près d’une unité les quantités observées à Halle.
Ces nombres tendent à montrer que l'humidité de l’air se trouve être à peu près la môme. Los grandes variations que l’on peut reconnaître d’un ciel à un autre, se trouvent plus particulièrement dans les chutes d’eau ; c’est donc plus particulièrement vers cette partie que nous pouvons être porté à examiner les différences qui se trouvent entre notre Belgique et d'autres pays , placés dans des circonstances différentes.
«lETüOROLOGII. LIVRE IV.