Chapitre V. — Pluie, grêle, neige
Les quantités d’eau qui tombent annuellement sur chaque partie de la terre forment une des études les plus intéressantes auxquelles puisse se livrer l'esprit investigateur du savant. Ces études sont nouvelles encore, car on n’a pas fait jusqu'à présent de recherches assez suivies pour pouvoir déterminer les lois de ce phénomène, dont l'existence mystérieuse appartient plus encore à la physique du globe, qui à peine a pris naissance, qu'à la météorologie dont nous nous occupons ici.
En examinant le problème dans sa forme la plus simple, il semble au premier abord ne présenter aucune ditliculté à l’esprit de l’investigateur. Si l'on estime les quantités d'eau que chaque pays recueille annuellement, on peut être disposé à dire que ces quantités, vers les régions polaires, sont généralement faibles, et qu’en se rapprochant de nos climats, quoique moins rudes, les quantités d’eau tombées sont cependant faibles encore ; ainsi à Breslau , en Prusse , d’après plus d’un demi-siècle d'observations , la quantité d’eau recueillie annuellement n’est que de 352“”, 8 ; à Upsala , en Suède , elle est de 397”“, d’après plus d’un siècle d’observations; à Prague également, à 50°5’ de latitude; cependant la quantité de pluie recueillie pendant plus d un demi-siècle d'épreuves ne dépasse pas moyennement 388 millimètres.
La quantité annuelle de pluie augmente quand on se rapproche de l'équateur; nous avons vu, par exemple, quà Bruxelles et dans toute la partie occidentale de la Belgique, la quantité de pluie, recueillie chaque année, ne dépasse guère 700 millimètres; plus bas, vers Genève, Lyon,