CHAPITRE II. DE LA PLIIE
marche de la lune dans son orbite. Celte nouvelle analogie nous a frappé, quand nous en avons pris connaissance et que nous avons reconnu la similitude dont nous parlons
Nous nous sommes arrêté longtemps sur les principales circonstances qui accompagnent les chutes deau ; mais il convient de considérer également l'eau tombant sous forme de neige ou de grêle. Ce phénomène est plus rare, mais il mérite une attention spéciale. Nous avons déjà fait remarquer que l’on compte annuellement à Bruxelles 1 97 jours de chutes d’eau, soit sous forme liquide, soit sous forme solide. Car quelquefois la pluie est mêlée de grêle ou do neige. Le nombre de jours de grêle est assez faible. On n’en cora|)le que dix par an, et vingt-cinq jours de neige, qui se mêlent généralement aux jours de pluie, dont le nombre n’est que de i 85 quand ils se trouvent sans mélange.
Les grêles désastreuses sont peu fréquentes dans nos climats; cependant il en est quelques-unes qui ont exercé des ravages. Le 1 8 juin \ 8.19, un orage commença à Bruxelles, vers 7 heures du soir ; des nuages épais allaient du SSO au NO, tandis que la girouette indiquait un courant inférieur venant du NO. Jusqu’à 7 12 heures, on n’entendit qu'un roulement centinu, pendant lequel les éclairs se succédaient avec une étonnante rapidité. Bientôt après, un gros nuage, remarquable par une nuance cendrée et dont la direction était ONO au SE, plongea Bruxelles dans une obscurité presque complète, et creva avec une épouvantable chute de grêle (]ui causa les plus grands dégâts. La plupart des grêlons avaient une grosseur qui variait de 1 2 à 20 millimètres : un en a trouvé qui avaient jusqu’à .30 millimètres. Quelquesuns étaient à peu près sphériques; mais le plus grand nom-
‘ Voyei page 73 de cct ouvrage : on y trouve indiqués les deux maxiina pour les ll^ct jours de la |>ériode lunaire entière, auxquels on pourrait joindre cncore un mmsimutn, au commencement de la I" période.
MSTÉUHOLOGIE. LIVBE II.
bre présentaient un aplatissement plus ou moins grand. La hauteur de l’eau tombée pendant l’orage a été de 36“”i. Le thermomètre centigrade s’était élevé jusqu’à 33”4quiest son maximum pour Bruxelles; le baromètre atteignait un minimum de 7oi””i8, vers (juatre heures de l’après-midi.
Le 6 août 1846 un autre orage éclata sur Bruxelles; il fut épouvantable, et particulièrement dans le pays de Liège. Le baromètre, vers 4 heures de l’après-midi, passa par un minimum de 751 ““90 ; la teiu|iérature était très élevée et monta jusqu’à 32°7 : cette hauteur peut être assimilée à celle dont nous avons parlé précédemment.
Le nombre de jours de grêle qui se présentent pendant une année est moyennement de dix ; les jours de neige sont plus nombreux ; on en compte annuellement environ vingt-six. Voici à |>eu près leur classement par saison :
Netgtf, Grêle.
Hiver (cléopiubrc, janvier , ft'vricr). . . 15 2
Printemps (mars, avril, mai) 8 5
Élé Quiiu Juillet, août) » * 1
Hiver (septembre, oiHobrc, novembre). . 5 i
Total. . . 2Ü iO
Les physiciens se sont souvent occupés de la détermination du volume des grêlons et de la densité de la neige; les résultats qu'ils ont obtenus varient dans des limites assez grandes, comme on peut le voir dans V Introductio ad philosophiam naturalem, de Musschenbroek. Sedileau avait trouvé que généralement la neige, en se fondant, se réduit à un volume cinq à six fois moindre. La Hire, en conûrmant cette observation, ajoutait qu’en 1711 il avait obsené une neige qui s'était réduite au douzième de son volume, en pa,ssant à l'état liquide. Musschenbroek assure avoir vu, de son côté, à L'trecht, une neige de forme régulière qui était vingt fois plus légère que l’eau. Depuis les recherches de ces phy-