CHAPITRI! II. DE I.A PLUE
(^0 qui vient d’élre dit sur les principales pluies, neiges ou grt^les qui ont marqué le cours des dix-liuii années, de 1 833 à 1 830, me porte à parler des ouragans et des inondations : je me bornerai à indicpier les principaux
Ouragans. — Le 29 novembre 1830, ouragan dont les elTets ont été ressentis le long de la côte du Nord ; il a sévi à Bruxelles pendant toute la journée. Le vent, qui soufilait du SO, paraît avoir atteint sa plus grande force vers 3 heures du soir; il s’est calmé vers G heures, et à 7 12 le ciel était eu jiartie découvert. Le thermomètre, au plus fort de l ouragan, marquait 17°2 entre 1 et 2 heures de l'après-midi. Le baromètre, vers la même éjKxpie, atteignait son point minimum; et, réduit à zéro, il indiquait, à 2 heures, 738”‘"’iG. Les dégâts ont été considérables ; plusieurs personnes ont péri. Du 28 au 29, à midi, pluie, !»™"'29; du 29 au 30,
Le I" novembre 1837, le vent souilla avec violence {)ondant toute la journée ; la pluie était tombée en abondance le matin ; à midi , elle devint moins forte et cessa vers 4 heures; puis il plut encore à différentes reprises pendant la soirixî. Le ciel resta constamment couvert; des nuages épais et peu élevés étaient chas.sés avec impétuosité par un vent qui variait entre l'O et le S. Plusieurs édifices en construction, un cirque que I on élevait dans les bas-fonds de la rue Royale, furent renver.sés; un arbre des boulevards fut déraciné près de l'Observatoire. Le 2, l'ouragan était aussi fort que la veille ; le ciel séclaircit entre fi*" 12 et H*' 3 4 du matin; le vent élait un peu plus faible, mais il reprit bientôt toute sa violence, et la pluie recommença ; à 4 heures, on aperçut un arc-en-ciel dans la (direction N'ü. Il plut à différentes repri.ses dans la soirée et dans la nuit. Le 3 , l'ouragan avait cessé. Ce phénomène a été observé aussi à Louvain, mais avec moins d intensité.
Le haronièlro a atteint iin mininiiiiii de 731"’"’05, le l", vers 8 lieiires du soir; la teniiiëratiire était alors de 13“ centii,'rades et le vent OSO. Le 31 octobre, vers 7" 3 4 du soir, ou avait remarqué un grand nombre d'éclairs. La jiluio , tombée du 31 octobre à midi au 1*' novembre à midi, a été de 9“"’49; du 1“' au 2 novembre, de 13"’”50; et du 2 au 3 novembre, d(> 21 """oO.
Les 9 et 10 mars 1842, de violents ouragans ont exercé de grands ravages en Belgique et dans les jiays voisins. Le baromètre a éprouvé des oscillations considérables :
1 intervalle de l'échelle parcouru en 24 beures (de 9" du matin à O" du .soir) a été de 40"’"'27 pour Gand. l'n vent très violent souillait du NO ; la quantité d'eau recueillie a été de 13™"’ü. Pendant ces deux jours, le tbermomètre ne s'est pas élevé au-dessus de 8"7 ; et, dans la nuit du 9 au 10, il s'est abaissé à 0“0. A Bruxelles, ce même ouragan a commencé par une chute de gros gréions et par des coups de tonnerre.
Le commencement du mois de janvier 1 843 avait été signalé par des bouleversements atmosphériques remarquables; le 14, vers 10 beures du soir, le mercure s'étail abaissé, à rObservatoire de Bruxelles, à 722'”“’()r). Un minimum considérable avait également été observé dans les villes avoisinantes, et même dans d'autres pays. Cet abais- .sement a été accompagné de boiirrasijues et d’un violent ouragan (pii a causé , à .Mons, des dégâts nombreux , tels que bris de cheminées, de toitures, de fenêtres, etc. A Bruxelles, on obstu va un passage extraordinaire d’oiseaux qui, au ras de terre, fuyaient pêle-mêle comme une armée en déroute ' .
Inondations — Le 2G décembre 1 833, à la suite de pluies
* BuHetins de C Jctfdémicj 1845, Umie X, première partie, page 90.
CBAPITBE II. DE LA FLIIE.
prolongées, sans avoir été excessivement abondantes, les eaux de la Senne sortirent de leur lit et inondèrent les prairies adjacentes : il était tombé, pendant les dix premiers jours du mois, 59““o2 de pluie ; pendant les dix jours suivants 61 ““02; puis successivement, pendant six jours encore, U““4i, 7““12, 8“"11, 17"”78, 7““64, 2““74.
On a pu voir plus haut le désastre, résultant des pluies du 4 au O juin 1839, qui ruinèrent le hameau de Borght.
1 5 au 1 8 février 1 847 : par suite du dégel, débordement de la Senne, de la Sambre et de la Meuse, et grande crue des eaux de la Lys et de l’Escaut.
13 au 16 août 1850 : j’ai déjà parlé des pluies extraordinaires qui ont eu lieu à cette époque ; des inondations désastreuses ont été occasionnées dans une partie du pays, et notamment dans les vallées de la Senne et de la Sambre.
Nous devons nous borner à indiquer quelques-uns des principaux orages qui se sont manifestés pendant les trente années qui nous occupent. Nous renvoyons pour les autres phénomènes qui concernent la môme période, aux Annales de l’Observatoire royal qui en renferment les détails.
Parmi les documents météorologiques qui méritent de fixer notre attention, nous mentionnerons particulièrement la sérénité moyenne du ciel : depuis 1 842, elle a été annotée avec assez de régularité, et sa valeur, après une trentaine d’années , a des formes bien arrêtées. On voit sans peine que c’est aux jours les plus longs que la sérénité est la plus forte, et qu’aux jours les plus courts, elle a le moins d'étendue. lien est ici à peu près comme de l'abondance des pluies dont nous avons parlé plus haut. Le mois de septembre seul semble faire exception à la loi générale de l’année, comme pour la plupart des autres phénomènes météorologiques ; la sérénité moyenne de ce mois est incomparablement plus grande que celle des autres mois.
MÊTioROLOGIB. LIVRE II.
Sérénité moyenne du ciel par année et par mois.
Annéet.
Janv.
Fév.
Mars.
AvrU.
Mal.
Juin.
Juil.
Aoat.
Sept.
Oct.
Nov.
Déc. Année
Hoyrniic.
Maximum
Minimum
Des nuages La sérénité du ciel cl 1 indication des nuages, par année, n’ont pas toujours été renseignées avec la mémo précaution. On suivait, il est vrai, pour marquer la forme des