CHAPITRE II. DE LA PLUIE
elles, à cause de la difficulté des observations, et à cause de la hauteur et de la vitesse des nuages, qui n’étaient pas toujours identiquement les mêmes.
Or, la distance du point de station de l’Observatoire au mur du cimetière, est de 1 220 mètres; d'où il résulte que la vitesse moyenne des nuages était de 1 4“6 par seconde. Une des mesures a donné pour limite supérieure 18“2; et une autre, pour limite inférieure 11 “i. La vitesse des nuages, ici, était considérée comme égale à celle de leur ombre.
Pour ce qui concerne l’élevation à laquelle se trouvait le nuage, il devenait important de prendre un élément de plus, c'est-à-dire l’angle apparent que parcourait le bord observé du nuage entre la direction verticale et son arrivée en un point déterminé sur le limbe. Ainsi un espace de 1220 mètres était parcouru en 83,5 secondes de temps, et il .s’agissait d’estimer la hauteur du nuage. Or, on avait un triangle rectangle dont le sommet de l’angle droit était au zénith, et l'on prenait l'angle formé entre la verticale et la direction du centre solaire, au moment où l’observateur disparaissait sous l’ombre du nuage ; cet angle était de 21 “5. On avait donc un triangle rectangle, dont le sommet de l’angle droit était au zénith. Ces trois données dans un même triangle suffisaient pour déterminer la hauteur verticale du nuage , qui était ainsi de 3077 mètres , c’est-à-dire de moins d’une lieue. D’autres mesures, prises le même jour, ont abaissé les nuages et ont Gxé leur hauteur à 2400 mètres ; l’une même a placé cette hauteur à 2129 mètres .seulement'. Le temps employé à parcourir une distance de 993 mètres a été de 68 secondes de temps, et l’angle présenté sur le limbe était de 25 degrés. On conçoit que, dans de pareilles
( Je ne parle ici que de« journées où les nuages avaient leur cours régulier et ne s'abaissaient pas jusque sur la surface de la terre, comme pendant les brouillards.
appréciations, il se présente des difficultés assez grandes ; car, dans l'espace de plus d’une minute, le nuage peut avoir changé de forme. C’est ce qui me fait estimer que l'emploi de la photographie serait particulièrement utile pour de semblables déterminations.
Quoi qu’il en soit, l’épaisseur de la couche remuée par les vents me paraît susceptible d’étre mesurée par d'autres moyens encore que par la hauteur dos nuages. Elle est moins considérable en hiver qu’en été, si l'on en juge surtout par l’électricité, qui semble se fixer à sa partie extérieure et tenir neutralisée une partie de l’électricité terrestre. Plus les deux électricités qui s’attirent sont rapprochées, et plus leur force doit être grande; or, on voit que la force pendant l'hiver est à la force pendant l'été à peu près comme 1 3 est à 1 . Cette différence est considérable ; elle montre assez combien doit être grande, en hiver, la force électrique des couches actives ; et combien, par conséquent, ces couches doivent être rapprochées de nous.
L’atmosphère paraît donc compo.sée de deux parties très distinctes ; l’une, inférieure, constamment tourmentée par les vents, et à peu près la même dans toute son étendue, à la pression près, qui doit nécessairement varier avec les hauteurs ; et l’autre , supérieure , non tourmentée par les nuages , permettant à chaque molécule de prendre librement la place qui lui convient , d’après sa pesanteur spécifique, et renfermant dans son sein des éléments dont nous ne pouvons que soupçonner l’existence. Ce sont les combinaisons de ces éléments et leurs conditions d’équilibre, qui donnent lieu à ces phénomènes curieux que nous ne sommes pas encore parvenus à expliquer, parce que nous ne voulons trouver dans les couches supérieures de l’atraosphèrc que des éléments semblables à ceux que nous rencontrons dans les couches qui nous enveloppent immédiatement.