CHAPITRE 111. DE I.'ÉLECTRICITÉ
(1 lin bâton de cire électrisée. L'électromètre dont il est fait usage marque environ 82 degrés dans ses plus grandes excursions et dans les conditions les plus favorables '. Quelquefois pendant les orages, les charges électriques sont puissamment fortes et laiguille dépasse ce point exceptionnel ; cet état est alors de peu de durée, et ces sortes d'anomalies ne sont comptées que comme les charges les plus fortes des temps ordinaires.
Au moment de l’estimation de l’électricité de l’air , l’observateur place son instrument sur la tablette, où on la recueille habituellement ; il s’abaisse alors pour ne pas nuire aux indications de l électricité qui ne doit être dominée par rien, non-seulement dans son proche voisinage, mais encore dans tout ce qui l'entoure à de grandes distances. Dans ce moment, la boule supérieure sépare les deux électricités ijui la couvrent et présente à sa partie supérieure de l'électricité positive, si l’air est électrisé négativement, comme il arrive d’ordinaire. La quantité négative provenant de cette décomposition est refoulée au bas de l’électromètrc et agit sur l’aiguille i[ui en mesure la quantité par ses écarts. Dans ce moment on touche du doigt la partie inférieure do l’électromètre, on enlève la partie négative qui s’y trouve, et l’électromètre ne porte plus que la charge positive que lui a fait prendre l’atmosphère par son action. L’observateur emporte aussitôt son éleclromètre avec toutes les précautions nécessaires; il va placer, dans la tourelle inférieure, l’instrument de manière (pie l’aiguille immobile soit dans la direction que prendrait l’aiguille magnétique, si elle était entièrement libre : cet angle plus ou moins grand donne la charge plus ou moins forte de lélectricité de l’air, il reste à vériBer si l’électricité
* Ce point remarquable où «'arrête l'aiguille aimantée, dans sa charge la plus forte, peut ne pas être le même dans les divers iiistruuiciits.
recueillie est positive ou négative ; ce que l’on fait sans peine, en approchant avec précaution un bâton de cire à cacheter qu’on a élerdrisé par quelques frottements.
Voici, du reste, les procédés employés par M. Peltier; ils sont empruntés à l’un de ses ouvrages :
« Lorsque je veux interroger la tension électrique recueillie dans l’atmosphère, je monte sur la terrasse, je place rinstrument sur une tablette élevée de 1 mètre ;i0 centimètres, je l’équilibre en louchant la tige dans la partie la plus inférieure, puis je redescends, et je place l’instrument sur la tablette qui lui est destinée. Tout cela se fait avec une grande rapidité, et ne demande pas huit secondes ; lorsqu’on équilibre l'instrument, il faut élever le bras le moins possible, car si on l’élevait assez pour toucher au globe, la main, devenant résineuse par influence, repousserait l’électricité résineuse de la boule ; elle y neutraliserait la portion vitrée quelle y attirerait, et l’instrument serait chargé résineusement au moment de l’éloignement de la main. Il faut donc toucher la tige le plus bas possible et même avec un corps fin, comme un fil métallique, pour éviter l'influence de la masse de la main sur le reste de la tige. Étant équilibré pendant son élévation, l’instrument, en le baissant, donne des signes d’électricité résineuse, tandis qu’en le levant, il en donnerait de vitrés. Lorsqu’on opère ainsi, il faut donc se rappeler ce changement de signe pour ne pas donner une électricité contraire à l’atmosphère. On notera une tension vitrée, lorsque l’électromètre donnera un signe résineux en descendant. De môme on indiquera une tension résineuse à l’atmosphère, si l’instrument descendu dans le cabinet donne un signe zéro. »
Il est important de remarquer que les degrés d’écartement de l’aiguille mobile n’ont pas une valeur uniforme