DUALITÉ DES INTUITIONS
« intuition homogène en général » aux deux intuitions particulières de notre faculté de connaître : on aura recours pour les caractériser aux notions naïves de l'expérience courante : le temps « contient les rapports de la succession, du simultané et de ce qui est simultané avec le successif (le persistant). manière dont l'esprit s’affecte lui-même » (1) tandis que l’espace est «la propriété formelle (de l'esprit) d’être affecté par des objets ». Distinction à propos de laquelle KANT ne cache pas sa gêne : «ici toute la difficulté réside en ceci : comment le sujet peut-il avoir une intuition intérieure de lui-même ; mais cette difficulté est commune à toutes les théories » (?). Elle est pourtant essentielle dans le système, si l’imagination est le pouvoir central permettant de soumettre la diversité intuitive à l'unité des concepts : il faut que l’acte d’unification soit lui-même en quelque façon sensible. C’est ce que rend parfaitement clair la Déduciion transcendantale en revenant sur «le paradoxe du sens intime » (*) : puisque nous ne possédons pas d’intuition intellectuelle, la dualité en nous entre activité connaïissante et réceptivité soumise à l'extérieur exige que l’acte synthétique, en tant qu’il s'applique à cette réceptivité, l’affecte et se révèle ainsi sensiblement. « Sa synthèse [de l’entendement] si on le considère seuil, n’est rien d'autre que l’unité de l’action dont il est conscient, en tant que telle même sans sensibilité, mais par elle il peut déterminer la sensibilité en vue de la diversité qui peut lui être donnée suivant la forme de l'intuition. Il exerce donc, sous le titre d’une synthèse transcendantale de l’imagination, cette action sur le sujet passif, dont nous disons à bon droit que le sens intime en est affecté » (*). Si l’unité synthétique de l’aperception est donc, non seulement numériquement, mais cons-
2) bd}, p.470: