‹ Méthode axiomatique et formalismeChapitre 11 sur 91 · PRIMAT DE L'ESPACE · texte numérisé non relu

PRIMAT DE L'ESPACE

ciemment distincte de l’action synthétique effective, si «la Conscience que je suis » distincte de la «connaissance de moi tel que je m’apparais », il faut cependant que je m’apparaisse, même dans l’activité synthétique pure, puisque l’ « entendement ne trouve pas la liaison du divers dans le sens intime mais la met en évidence en affectant ce sens » (1). La dualité entre les deux moi, «moisujet pensant, moi objet pensé », n’en reste pas moins injustifiable en droit : elle ne comporte ni plus ni moins de difficulté que de comprendre «comment je peux en général être pour moi un objet, savoir un objet d’intuition, de la perception intérieure » (). Il faut s’incliner devant le fait que nous impose le témoignage de la conscience ; nous sommes tellement un objet par nousmêmes que nous avons besoin de l’espace pour nous représenter notre vie intérieure : « nous ne pouvons nous représenter le temps, qui n’est pourtant pas un objet de l’intuition extérieure, que sous l’image d’une ligne, en tant que nous la traçons, mode de représentation sans lequel nous ne pourrions pas reconnaître qu’il n’a qu’une dimension ; de même la détermination de la longueur du temps ou des moments pour toutes nos perceptions intérieures doit être tirée de ce que les choses extérieures nous présentent de changeant, par suite nous devons ordonner les déterminations du sens intime... dans le temps comme nous ordonnons celles du sens externe dans l’espace » (1). Ainsi l’existence même d’une sensibilité interne est assurée, non par une fausse symétrie avec la sensibilité externe, mais parce que les témoignages de l’une sont empruntés à l’autre : nous ne nous connaissons qu'à travers de l’espace. Mais alors le temps s’évanouit dans l’espace, le temps est grandeur extensive « dans laquelle la représentation des parties rend possible la représentation du tout » (?), ou plutôt il n'y a

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