Chapitre X. — Exemples pratiques
353. — Ce sont des qualités éminemment artistiques de ce chant que l'intime et mutuelle pénétration du texte et de la mélodie, l'expression sublime de la parole sacrée, la traduction idéale du sens mystique et liturgique des grandes pensées et images dont l'Eglise se sert dans ses communications avec nous.
Mais c'est toujours sans excès d'enthousiasme et sans aucun écho des passions qu'elle manifeste sa révérence envers Dieu; de là les caractères que nous reconnaissons au chant grégorien et qui sont le calme, le repos et la paix inaltérable avec lesquels il déroule sa trame mélodique sans recourir jamais aux effets tant recherchés par la musique théâtrale; l'expression qu'on doit donner à ce chant ne peut donc être que sainte, paisible, pleine d'onction sacrée et comme le reflet de la paix du cœur.
354. — L'observation des règles du phrasé, exposées dans cette partie, sera d'un grand secours pour donner au chant l'expression qu'il requiert.*
355* — QiJG 13- dernière note avant les pauses ne soit pas exécutée comme si le chantre, oublieux et distrait, heurtait contre elle. C'est l'impression que l'on éprouve quand la voix tombe lourdement et fortement sur cette dernière note. Dans les pauses princilement, on doit prendre garde d'abord de ne pas accentuer et ensuite de ne pas prolonger inconsidérément la dernière syllabe : Ultima sy liaba non turpiter caudetur^ ainsi que s'exprimaient les anciens.