CHAPITRE V
De l'accompagnement.'
De r harmonie diatonique.
Des 7'apports de r harmonie avec V accent latin»
L'accompagnement proprement dit.
DE l'harmonie diatonique.
431. — Les mélodies grégoriennes sont composées de telle sorte qu'elles évoluent sur l'échelle des modes auxquelles elles appartiennent, sans presque jamais en sortir. Mais elles font cela avec beaucoup d'aisance; car, sans s'astreindre rigoureusement aux lois de la tonalité avec laquelle elles se trouvent, elles s'en affranchissent assez souvent. Ce qui n'empêche pas que chaque mode, chaque tonalité a son caractère spécial, sa physionomie particulière; caractère et physionomie qui proviennent soit de la nature des sons répartis sur l'échelle diatonique, soit de l'ambiance, soit de la répétition de certaines formules spéciales.
L'harmonie, pour ne pas défigurer ou, du moins, pour défigurer le moins possible le caractère propre de chaque mode, doit être entièrement diatonique et n'admettre d'autre altération dans le jeu des notes modales que le si bémol et le bécarre.
Nous ne croyons pas opportun de faire a priori des exclusions dans le choix des accords pour l'harmonisation des mélodies grégoriennes : l'harmonie consonnante est toujours digne de recommandation, tandis que la dissonnante ne doit être employée qu'avec une grande discrétion.
Ainsi les accords de quatre sons ou accords de septième avec leurs renversements respectifs ne nous paraissent pas convenir à l'accompagnement du chant grégorien. Leur caractère dissonant, qui agit aussitôt sur les sens, contraste avec la sérénité de la mélodie.
Pour la même raison, l'accord de quarte et sixte, quoiqu'il ne soit pas toujours dissonant, ne nous paraît pas non plus un accord à conseiller.
Cependant, s'il se trouvait dans les conditions d'un véritable retard de l'accord parfait, ainsi que cela se présente souvent dans
' Nous devons ce chapitre, écrit pour notre première édition française, à robligreance de M. Giulio Bas.