‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 147 sur 173 · CHAPITRE VL Aperçu historique · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL Aperçu historique

Période de formation. — Période de perfectioji. — Période de décaderice. — Période de restauration.

441. — Ne pouvant donner ici qu'un simple aperçu de la longue histoire du chant grégorien, nous comptons sur le professeur pour y ajouter de vive voix les développements qu'il croira nécessaires.

442. — Nous divisons cette histoire en quatre périodes. La première, appelée période de formation, va de la fin des persécutions (312) jusqu'au pontificat de S. Grégoire-le-Grand (590-604).

On ne sait que très peu de chose sur le chant, durant cette première période. En se fondant sur les témoignages des saints Pères et la tradition ecclésiastique, il paraît hors de doute que les chrétiens des premiers siècles faisaient, durant la célébration des saints mystères, usage du chant pour louer Dieu et s'exciter à la piété.

Il paraît également hors de doute qu'avant S. Grégoire, l'Eglise

* C'est ce qui fait que les fonctions sacrées dans lesquelles, à côté des morceaux de musique exécutés avec toutes les ressources de l'harmonie moderne, on entend chanter les mélodies grégoriennes sans accompagnement, celles-ci paraissent, par l'effet du contraste, pauvres et nues. Ce phénomène provient de ce que le sens musical de la monodie pure n'arrive pas à suppléer complètement au défaut d'harmonie.

162 Troisième Partie.

romaine possédait son répertoire propre de mélodies liturgiques; mais on ne peut rien affirmer de précis à cet égard.

443. — La seconde période, ou période de pe^-fection, s'étend de S. Grégoire-le-Grand jusqu'au XI 11^ siècle.

La critique historique a victorieusement démontré, de nos jours, l'authenticité de la tradition qui attribue à S. Grégoire la compilation et l'organisation définitive des mélodies auxquelles avec raison on a donné son nom.

Cette seconde période peut se subdiviser en deux époques : celle de Vâge d'or du chant grégorien qui commence avec S. Grégoirele-Grand jusqu'au XI^ siècle, et celle de simple conservation ou de transition qui va du XI^ au XI 11^ siècle.

Durant la première époque le chant grégorien atteint son apogée : l'œuvre de S. Grégoire se répand avec rapidité en Italie, pénètre en Angleterre avec son disciple S. Augustin (596) et ses compagnons; introduite en Gaule par Pépin, auquel le Pape Paul I^' (757-767) envoie un de ses chantres, elle y parvient à sa plus complète diffusion sous Charlemagne (768-814); enfin sont fondées les célèbres écoles de Saint-Gall et de Metz.

A la fin de cette première époque la notation neumatique ou chiro7îomique fait place à la notation diastéviatique qui, d'abord par l'espacement calculé des signes neumatiques et ensuite par l'emploi des lignes et de clefs, traduit les intervalles et fixe ainsi à jamais la inélodie sur le parchemin. La part principale de ce perfectionnement revient au moine Guy d'Arezzo (f 1050?).

Pendant le seconde époque le répertoire grégorien se transmet et s'augmente; mais les nouvelles compositions ne respirent plus le parfum de simplicité et de spontanéité des anciennes. L'emploi des grands intervalles y est plus fréquent, et la forme est, en général, plus recherchée.

444. — La troisième période, ou période de décadence, s'étend de la fin du XI 11^ siècle jusqu'au milieu du XIX^.

C'est la période de l'engouement pour la polyphonie et la musique moderne. Elle porte un coup fatal à la tradition du chant. Les plus tristes souvenirs que nous ait laissés cette ère de décadence, sont le mauvais goût dans l'exécution du chant et, chose plus grave, la mutilation des mélodies grégoriennes.

En 1614-1615, l'imprimerie du cardinal de Médicis publia, à Rome, une édition de plain-chant qu'on appela de son nom Médicéenne et dont on fit longtemps honneur au génie de Palestrina.

Rééditée en 1871 par Pustet de Ratisbonne et déclarée officielle en 1873, cette édition n'est qu'un misérable squelette du vrai chant grégorien.

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