Chapitre VI. — Aperçu historique
Entre-temps se développaient les études paléographiques qui devaient amener et conduire à bonne fin la période de restauration.
445. . — La quatrième période, ou période de restauration, commence vers le milieu du dernier siècle et se poursuit jusqu'à nos jours.
Nombre de religieux de divers Ordres, de prêtres et de laïques de grande érudition, ont pris part aux études paléographiques de cette glorieuse période; mais c'est aux Bénédictins de Solesmes que revient principalement l'honneur de la restauration grégorienne. En réalité, elle est leur œuvre. Léon XIII et Pie X leur en ont rendu le plus flatteur et le plus éclatant témoignage.
Les travaux commencèrent sous la direction immédiate de Dom Guéranger, et, après quelques années, Dom Pothier, aidé de quelques-uns de ses confrères, publiait le Liber Gradualis (1884), qu'il avait fait précéder, en 1880, de son célèbre ouvrage Les Mélodies Grégoriennes.
En 1889, Dom Mocquereau projetait et entreprenait la publication de La Paléographie Musicale.
Nous n'avons pas à le dissimuler, c'est cette grande publication, toujours en cours, qui a fait la démonstration scientifique des travaux grégoriens de Solesmes, et qui a ouvert la voie à l'Edition vaticane. D'elle ne saurait se passer le paléographe, le musicologue et l'artiste qui désirent connaître à fond la tradition musicale authentique de l'Eglise.
Le 17 mai 1901, Léon XIII adressait à l'abbé de Solesmes, Dom Paul Delatte, le bref sensationnel Nos quidem, qui reconnaissait la valeur scientifique des éditions de Solesmes et fut le signal de leur adoption un peu partout.
Enfin, le 4 août 1903, le cardinal Sarto, enthousiaste et compétent admirateur de l'œuvre grégorienne de Solesmes, montait sur le trône pontifical sous le nom de Pie X. On sait quel fut son premier acte et les fruits qu'il porta. Les documents suivants, émanés directement ou indirectement de lui, seront à jamais sa gloire et proclameront à travers les siècles qu'il fut le plus digne successeur du grand pape, dont, par humilité, il ne se crut pas digne de prendre le nom.