Modes transposés
Il est des mélodies qui terminent par les notes la^ si Jj do^ c'està-dire par celles qui font suite aux quatre notes, ré, 7ni,fa, sol, les seules que nous avons données comme toniques. Ces tonalités équivalant respectivement aux trois premières, Protus (i^^ et 2*^), Deuterus (3^ et 4^) et Tritus (5^ et 6^), si on en bémolise le si, v. gr. :
, Protus i« et 2^ Mode
Normal
Transposé §
* Propter subiectain semitonii iinperfectionem. G. d'AREZZO. — Gerbert. ScHpt.,\\. p. 13.
' Voirie Pdngé lingua espagnol au chap. VI (11*^ partie). 3 Le graduel Constitues eos en offre un exemple au motfilii.
Deuterus .
3e et 4^ Mode
Normal -§ 1i
Transposé j"
lU- ^
Tritus
5« et 6= Mode
Normal •
Transposé
certains les ont considérées comme de pures transpositions. Nous ne saurions partager ce sentiment.
120. — On range aussi dans le quatrième mode transposai^') quelques antiennes telles que Laeva ejus^ In odoreni^ bien qu'en réalité leur mélodie soit écrite dans une gamme toute différente de la gamme normale de ce ton.
Modîilations.
Nous avons précédemment attiré l'attention sur l'influence que la dominante exerce dans toute tonalité. En voici une nouvelle preuve. Elle nous est fournie par les modulations.
En chant grégorien comme en musique, moduler c'est passer d'un ton dans un autre. Mais tandis qu'en musique l'harmonie prête aux modulations des moyens variés et puissants, en chant grégorien la mélodie doit les réaliser par ses seules ressources. Et cependant aucun genre musical n'^stp/us riche en modulations que le chant grégorien. Il n'y a qu'à examiner une pièce tant soit peu importante du Graduel pour s'en convaincre. A chaque pas la mélodie module. Elle va d'un ton à un autre, sans effort, naturellement et avec un art consommé.
Or, quel est le principe de ces oscillations modales presque continuelles, auxquelles les mélodies grégoriennes doivent en partie leur variété et leur charme? L'entrée en scène, à tour de rôle, de