‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 56 sur 173 · Chapitre III. — Du rythme · texte numérisé non relu

Chapitre III. — Du rythme

Faut-il s'étonner après cela que la rr>élodie grégorienne nous présente des cas innombrables où la syllabe accentuée n'a qu'une note, tandis que les syllabes ordinaires sont chargées de neumes.

C'est encore à cause du caractère vif et aigu de l'accent latin que, dans le chant syllabique, le rythme grégorien préfère, autant qu'il est possible, placer l'ictus ou appui sur la dernière syllabe (ce que nous venons de faire précisément au mot Deus) : i^ l'accent est ainsi plus dégagé, 2° l'unité du mot plus étroite, 3° les mots mieux enchaînés et 4° la phrase plus liée.

C'est pourquoi, lorsque l'accent correspond à l'ictus de Varsis^ comme dans l'exemple suivant :

Dé- us

il faut veiller à ne pas l'écraser ou à ne pas faire peser la voix sur lui lourdement. Ici, qu'on se le rappelle bien, l'ictus est une impulsion et, en conséquence, il doit être vif et lancer le mouvement avec vigueur et agilité.

Nous nous trouvons en présence du cas dont nous avons parlé au numéro 218. Il faut le remarquer parce que rien ne vaut les exemples pour faire comprendre les principes. La première note de cet exemple est à la fois :

1° Appui ou touchement rythmique, étant le point d'arrivée du mouvement préliminaire qui donne le branle au mouvement sonore; 2° impulsion, puisqu'elle communique à toute l'arsis l'élan qu'elle reçoit elle-même du mouvement moteur; et 3° accent parce qu'elle s'approprie la valeur et l'intensité de l'accent tonique qui lui correspond. Attribuer à une même note plusieurs caractères ou plusieurs rôles simultanés n'implique donc aucune contradiction.

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