‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 62 sur 173 · Accidents du rythme · texte numérisé non relu

Accidents du rythme

Pour mieux définir en quoi consiste l'essence du rythme, nous avons laissé intentionnellement de côté les qualités phonétiques des sons, leur force ou leur faiblesse, leur élévation ou leur gravité, etc.; nous n'avons parlé que de leur relation dans l'ordre du mouvement. Peu importe en effet que les sons soient sur le même degré d'élév^ation ou qu'ils aient la même intensité; il y a rythme dès que la relation du mouvement s'établit entre eux.

C'est pourquoi, bien que X iiitensité çX. la mélodie puissent apporter un perfectionnement au rythme, nous considérons les exemples suivants comme étant rythmiquement identiques, car chacun n'a qu'une arsis de trois temps et une seule thésis ; en d'autres termes, un seul élan ou impulsion et une seule retombée ou repos, avec un unique appui ou ictus rythmique pour chacune de leurs parties;

* On dira au chapitre de l'Accompagnement comment les accords doivent marcher avec les ictus.

^ On a appelé « glissement > le procédé qui consiste, chaque fois que le cas s'en présente, à transporter l'ictus initial du neume sur l'accent tonique qui le précède immédiatement. Dans une étude lumineuse et savamment documentée <L L' Ictus et le Ryth)ne^^ Dom Gajard a démontré que le dit «glissement» est démenti par les lois de la composition grégorienne non moins que par le rythme. (Cf. Revue Grégorienne, VIP Année, p. 144-152.)

Chapitre IV. — Du rythme des mots et des neumes. 75 ils ne diffèrent que par leur interprétation dynamique et mélodique.

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Pour que chaque partie d'un rythme forme un seul temps, une seule phase du mouvement, il faut absolument que les divers temps simples dont il se compose soient émis successivement en forme liée^ car le moindre renouvellement de l'impulsion initiale sur l'un d'entre eux suffirait pour les désagréger et annuler l'effet de relation rythmique. qui les réunit en un seul temps.

Le mouvement est donc seul essentiel au rythme; les qualités accidentelles des sons ne font que lui donner plus de coloris. Qu'importe, par exemple qu'en terminant un pas nous posions le pied lourdement ou sans bruit? Dans l'un comme dans l'autre cas, le pas n'est-il point complet? Il ne lui manquerait quelque chose, il ne serait inachevé que si, après avoir levé le pied, nous le laissions en l'air. Poser le pied, voilà l'essentiel ; le reste, qu'on le fasse avec ou sans bruit, c'est purement accidentel et n'affecte en rien l'essence de ce mouvement local.

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