‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 65 sur 173 · Ç JI · texte numérisé non relu

Ç JI

Sá-lus, hó-nor, vírtus quóque

Cette fois nous constatons l'inverse de ce que nous venons de voir. Au lieu du rythme naturel des mots qui est le précédent, l'ictus se déplace et de la dernière syllabe passe sur l'accent. Du coup les mots ne forment plus un rythme, mais la partie d'un

* Le geste bouclé indique un temps fort et s'emploie quand l'ictus est intensif, V. gr. quand il coïncide avec l'accent tonique.

Du rythme des mots et des neumes. — Des pauses. 79

rythme. C'est le temps composé. Chacun constitue une mesure, tandis qu'auparavant il fallait deux parties de mesure pour chacun.

Sa- lus, hó-nor, vírtus quó- que

235. — Si les mots-rythmes s'enchaînent, les mots-temps se juxtaposent. Alourdi au contact de l'ictus et gardant de plus son intensité naturelle, l'accent tonique les sépare en quelque sorte par son propre relief. Les barres de mesure, comme les virgules du texte, indiquent fort bien cette séparation.

236. — Entièrement opposées, ces deux manières de rythmer les mots sont cependant également légitimes. La mélopée les emploie tour à tour à sa convenance, et c'est à leur mélange harmonieux que le rythme du chant grégorien doit en grande partie sa souplesse et sa beauté.

B. — Rythme des neumes.

237. — Comme les rriots, lès neumes se divisent en neumestemps et en neumes-rythmes.

238. — A l'inverse du mot qui par lui-même est un rythme, le neume est en soi un temps composé.

239. — Cette différence entre le mot et le neume vient de la place différente de l'ictus rythmique.

Tandis que le mot le reçoit naturellement sur sa syllabe finale, le neume le porte régulièrement sur sa note initiale.

Cette disposition du neume indique sa destination. Il a été constitué pour jouer avant tout le rôle de temps composé.

Puisque tel est le neume, commençons par le neume-temps.

a) Neume-temps

240. — Le neume-temps possède donc un appui sur sa première note, mais il en est privé à la dernière.

241. — De ce fait, un neume-temps ne peut rester seul. Il lui faut la famille. Il a besoin d'un autre neume pour terminer son évolution. Dans une série de neumes-temps, en effet, chacun termine son évolution sur l'ictus du suivant. Le dernier seul sera nécessairement rythmé : on doublera sa finale. — Ainsi enchaînés, les neurnes-temps forment — en eux-mêmes — autant de rythmes élémentaires, l'ictus étant le point d'arrivée des uns et le point de

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