SUR
donner un extrait de ses lettres pour faire connaître l'état fâcheux dans lequel il se trouvait, et les avantages qu'il a retirés du traitement.
À M. le Docteur Comet.
«Nantes, le 23 mars 1836.
» Monsieur,
» J'ai soixante-deux ans révolus ; depuis l’âge de trente-huit (c'est à dire depuis vingt-quatre ans), je suis affecté aux deux pieds et aux jambes, principalement à la partie droite, de douleurs, gonflemens et rougeurs que les divers médecins qui m'ont soigné ont caractérisés de goutte permanente, rhumatisme goutteux. Dans le principe, et pendant dix ans, je n'étais affecté que : momentanément, soit au lit, soit levé, et par l'effet de fraîcheurs que j'éprouvais. Mais, avec l’âge, le caractère de cette maladie est devenu tel, qu'avec les cas fâcheux désignés plus haut, je vois chaque jour aggraver ma position, au point que j'en suis à ne pouvoir faire que quelques pas, appuyé sur deux bâtons, et, par un redoublement de souffrances, je passe quelquefois deux ou trois mois Sans pouvoir sortir du lit. Au pied gauche, j'ai un très faible mouvement d'articulation, et je n’en ai presque aucun au pied droit. Telle est ma position. Pensez-vous, Monsieur, que votre remède puisse me guérir ou seulement me soulager ?
» J'ai, pour n’en pas douter, la confiance que m'inspire l'exposé de votre Méthode, que j'ai lu, etc.
» FAVREUL père, » Place du Moutier, cloître Notre-Dame, n. 24, à Nantes. »
Ma réponse, comme on le pense bien, fut d'autant plus réservée que la maladie me paraissait très compliquée et même incurable; cependant, pour ne pas désoler le malade, et avec l'espérance de le soustraire à ses douleurs, sinon de lui rendre le libre exercice de ses membres, je lui conseillai d’essayer de la Méthode curative externe, l’engageant toutefois à persévérer dans son emploi, s’il en obtenait un avantage nolable ; car alors je pouvais lui prédire un succès plus complet. D'ailleurs c’est toujours ainsi que j'agis à l'égard des personnes qui réclament mes soins; quelque peu grave que soit en apparence une affection pour laquelle je suis consul-
Do
té, et malgré la confiance que me donnent les succès muitipliés que j'ai obtenus, je ne promets rien d'avance, si ce n’est de n’occasionner jamais un trouble plus grand ou plus redoutable que celui qui existe. Mais si, sous l'empire de ma médication externe, il s'opère une modification favorable, alors j'entrevois le succès, je l’annonce avec discrétion, comme encouragement, et le malade et le médecin arrivent bientôt au but sans crainte et sans regrets.
Le 30 mars, M. Favreul me fit connaître qu’il était dans l’impatience d'essayer mon remède; je lui en fis faire l’expédition le 2 avril; il le reçut probablement le 5 ou le 6, et le 15 du même mois il m’adressa la lettre suivante :
« Nantes, le 15 avril.
» Monsieur,
» J'ai recu et en partie employé le remède que vous m'avez adressé, et j'ai à vous en faire l'éloge et des remercimens. Depuis que je le mets en usage, je trouve dans ma position un mieux sensible ; le gonflement du soir est réduit à peu de chose ; le mouvement et l’élasticité me reviennent aux articulations des deux pieds; les nerfs acquièrent une souplesse plus facile ; enfin je me trouve mieux sous tant de rapports, que hier je sortis, ce qui ne m'était pas arrivé depuis onze mois, et allai sur une promenade à soixante toises de ma demeure, appuyé d’une béquille à main seulement, et me tirai assez bien de cette course : j'étais cependant un peu fatigué à ma rentrée chez moi. Je suis résolu à persévérer, et si, comme je le crois, chaque envoi que vous me ferez faire a un résultat semblable et progressif pour ma guérison, j'espère être parfaitement bien à la fin de trois ou quatre nouvelles demandes (1).
» Je vous prie donc de m'envoyer, etc.
» FAVREUL, père. »
M. Deschaumes, à Saint-Germain-en-Laye, me fit demander mon avis sur un engorgement considérable, et fort douloureux, situé à l'articulation du pied avec la jambe. Cette affection existait depuis fort long-temps, et avait résisté à tous les moyens employés pour la détruire; il ne
(1) Une deuxième expédition a seulement eu lieu,
h0.— . pouvait aucunement s'appuyer sur le membre affecté. D’a- . près les indications qui me furent données, j'avais lieu de penser qu'il devait y avoir un commencement d’altération organique des surfaces articulaires. Cependant M. Deschaumes ne me consultait que pour la forme, et, bien inspiré, il était d'avance décidé à mettre en usage la Méthode curative externe. Je ne crus pas devoir l'en dissuader; il n’y avait aucun inconvénient à en faire l'essai. Je ne croyais pas à la : guérison radicale du mal, mais j'en attendais üne grande diminution des douleurs, et dans cet unique but je permis de l'employer. M. Deschaumes fut livré à lui-même : il pratiqua seul la vaporisation et les frictions, et je n’entendis parler de lui que pour apprendre sa guérison, qui fut presque complète en moins de quinze jours. Le 5 avril, il m’envoya un de ses amis qui m’assura que M. Deschaumes marchait fort librement, par précaution appuyé sur une canne et le pied chaussé d’une pantoufle. Mais comme il restait une sorte d'engourdissement et de raideur dans l'articulation, il désirait Continuer de faire quelques applications de remèdes; sa visite n’avait d'autre but que de me prier de lui en faire parvenir. | J'ai su depuis que M. Deschaumes est complètement guéri. J'ai appris ee résultat définitif par des personnes qui l'ont connu malade, et qui, par suite des bons effets qu'elles lui ont vu obtenir de l'emploi de la Méthode curative externe, sont venues réclamer mes soins pour des accidens moins gra- .ves, mais analogues à ceux dont M. Deschaumes s'était enliérement débarrassé sans le secours d'aucun médecin, ainsi qu'ils’en glorifiait et se plaisait à le raconter. Il est vrai que je n'ai jamais vu ce monsieur, et que tout le mérite du traitement lui appartient; il n’y a que le garçon de laboratoire qui pourrait réclamer sa part du succès, pour la peine qu’il a prise à préparer les remèdes; pour moi, je n’ai à revendiquer que le droit de constater le fait.
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Madame L..., mère de M. le secrétaire des commandemens de S. A. R. Madame Adélaïde, est atteinte depuis plusieurs années d'une, affection rhumatismale. nerveuse, ayant son siége dans la profondeur des articulations des épaules et des bras. Il existe un engourdissement douloureux habituel de ces membres, qui ne se dissipe un peu que lorsque la malade leur ‘imprime un exercice forcé ; mais la pesanteur et l'engourdissement ne tardent pas à reparaitre accompagnés de douleurs très vives, et qui, dans certains momens, arrachent des cris.*
Madame L... ne se mettait au lit qu'avec une grande répugnance, car, dans la position horizontale, le corps appuyant .même légèrement sur les épaules, les douleurs devenaient atroces ét ne laissaient pas un instant de repos : elles excitaient de tels gémissemens que les voisins en furent quelquefois éveillés. L'état de madame L... m’inspira la plus vive compassion ; elle montrait une résignation qui faisait naître la plus tendre pitié pour elle. Si quelques instans de sommeil Jui permettaient de recouvrer des forces, elle s’estimait en core heureuse; mais à peine sa paupière était-elle fermée pendant quelques minutes qu’une crise violente venait Ja rappeler à ses souffrances, Tous les remèdes imaginables internes et externes avaient été mis en usage sans succès; les .Calmans, les antiphlogistiques, les révulsifs les plus énergiques, parmi eux le moxa, n'ont aucunement modifié l’état de la malade, qui enfin est venue réclamer mes soins. Mais, sur l'exposé des symptômes, je n'hésitai pas à déclarer que je croyais à une altération organique, contre laquelle il ne pouvait y avoir de moyens curatifs.
Madame L... m'était adressée par une de sés amies qui lui avait assuré que je la guérirais. Je n'avais point cette espé- .Tance ; cependant elle insista tant, que je me décidai à essayer quelques applications méthodiquement faites sur Les régions affectées. J'opéräi la vaporisation et les frictions tous les soirs pendant une demi-heure sur chaque épaule. Le premier jour, il n’y eut aucun effet appréciable ; le second jour,