‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 28 sur 74 · OÙ · texte numérisé non relu

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L'emploi des divers moyens qui constituent votre Méthode curative, me soulage souvent dès la première fois, et il est bien rare que mes crises résistent à la seconde. Mes douleurs envahissent moins souvent les jambes et surtout les pieds ; elles sont infiniment moins tenaces aux omoplates et au poignet gauche qu’eiles avaient, comme vous le savez, depuis long-temps adoptés. Elles se vengent bien encore quelquefois en attaquant le trone, qu'elles ont anciennement tant tourmenté, et ne ménagent pas non plus complètement les bras. Aussi suivrai-je votre traitement pendant deux mois encore si c'est nécessaire. Quand on à souffert autant que moi, on ne doit pas manquer de persévérance, surtout quand un espoir aussi fondé vous soutient, etc., etc. » :

TROUBLES DE L'INNERVATION (Névroses cérébro-spinales).

Pour quiconque se sera bien pénétré de ma manière d’envisager les fonctions du système nerveux, et aura saisi la véritable corrélation qui existe entre les trois centres dont la réunion forme l’ensemble de ce système, il est évident que toute médication qui aura pour résultat incontestable de remédier aux granis désordres de l’innervation, pourra être tentée avec chance de succès dans les affections qui ne sont en définitive qu'une suspension de cette importante fonc tion. Or, si ma Méthode curative est si puissante contre toutes les névralgies ou névroses viscérales, pourquoi n’aurait-elle pas quelque efficacité contre certaines espèces de paralysies ? |

Cette question qui, d’après ma théorie sur les maladies nerveuses, n’a jamais été pour moi l’objet d’un doute sérieux, a déjà trouvé sa solution pratique dans une foule de cas; je me conten'e pour le moment de citer le suivant, aussi remarquable par la multiplicité des moyens inutilement employés, que par 12 nom des médecins qui les avaient conseillés, Je laisse, suivant mon usage, parler mon malade Jui-même :

« Bordeaux, le 21 décembre 1838.

» Monsieur le Docteur,

» LA réputation dont jouit ici votre Méthode curative m'engage à vous consulter pour une maladie qui n’est peut-être pas suscep-

üible d'en éprouver les heureux effets! c'est ce dont vous pouvez seul juger. Cette maladie est une paralysie; voici les circonstances au milieu desqueiles elle est survenue : Agé de quarante-deux ans, natif de Bordeaux, mais fixé depuis vingt aus à la Nouvelle- Orléans, je devins sujet, il y a trois ans, à des étourdissemens qui furent suivis de violens maux de tête. Saigné, purgé et ventousé, suivant la violence des accès, je sentis cependant ma langue s’engager insensiblement, mon bras droit s'embarrasser et mes idées perdre de leur netteté et surtout de leur promptitude.

» Je pris alors le parti de revenir en France essayer de l'air natal. Passant par Paris, je consultai le célèbre Broussais, qui m'ordonna les eaux de Vichy. C'était au mois de juillet; j'allai aux eaux, mais elles ne me firent aucun bien. Les médecins de Vichy me conseillèrent d'aller à Bourbon-les-Bains, j'y restai vingt jours et revins à Bordeaux, n'éprouvant qu’un bien léger soulagement, car mon bras droit est toujours immobile, mes yeux toujours troubles, ma langue toujours embarrassée, et cela malgré l'application d'un séton à la nuque et un assez fréquent emploi de l'électricité. C’est dans cet état que j'ai eu occasion d'apprendre combien votre Méthode a été favorable à M. Mathieu, de notre ville, et je m'adresse à vous, attendant tout de votre expérience pour une guéri- SALE je suis venu chercher si loin de mes intérêts de cœur et

affaires.

» J'attends votre réponse avec confiance, et suis, etc.

» P.-M. PLANTEVIGNES junior. »

Ayant demandé à M. Plantevignes de nouvaux renseignemens, tant sur les causes directes de sa maladie que sur l’opinion que s’en étaient faite les divers médecins qu'il avait eu occasion de consulter, il en résulta pour moi que, bien que les uns, comme MM. Broussais père et fils, crussent à une compression du cerveau résultant d'un épanchement sanguin, les autres à un ramollissement de cet organe, je n’en étais pas moins autorisé à ne voir, dans tous les phénomènes offerts dans le cours de cette maladie, qu’une lésion nerveuse. Je répondis en conséquence, en faisant toutes les réserves, d’ailleurs, que me suggéraient naturellement lancienneté et la gravité du cas, et l’insuccès absolu des diffé— rentes médications auxquelles on avait eu jusqu'alors recours. Ces réserves, loin d’ébranler la confiance de M. Plantevigues, ne firent au contraire que l'accroitre, et le 21 janvier m'écrivit ce qui suit :

« Votre lettre du 15, monsieur le Docteur, n'a rien, absolument rien changé à mes résolutions, et je persiste, malgré les bonnes raisons que votre loyauté scientifique vous porte à me donner, à vouloir me soumettre à votre traitement. Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien me faire envoyer votre appareil avec tout ce qui le concerne; j'aurai soin de vous tenir parfaitement au courant de tout ce qui adviendra, et je le ferai autant pour votre propre satisfaction que pour aider au progrès de la science.

» Recevez étcs#reic.»

Me trouvant dès lors dans la position la plus favorable pour un homme qui tient avant toutes choses à sa réputation, je répondis à la demande exprimée plus haut, et je ne tardai pas à recevoir la lettre suivante :

« Bordeaux, le 8 mars 1839, » Monsieur le Docteur,

» Après une expérience de quatorze jours seulement, je n'empresse de vous donner de mes nouvelles. Ma situation est infiniment meilleure : ma main droite commence à remuer sous l'influence de ma volonté; mon bras est moins engourdi; enfin j'ai tout espoir, toute confiance dans votre traitement... Je vous annonce ce commencement de succès pour voire propre satisfaction, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire, mais surtout dans l'intérêt de Ia science. Je n'ai pas encore osé frictionner la tête à cause du séton, dont je ne voudrais pas troubler le fonctionnement. Si vous croyez cependant qu'il soit nécessaire de porter les frictions même sur la tête, je n'hésiterai pas à le faire, d'autant plus que j'éprouve aussi une véritable amélioration de ce côté-là... Mes idées sont plus nettes, ma prononciation plus facile. Je ne prendrai donc aucune détermination à cet égard avant un nouvel avis de vous. |

» Recevez mes remercimens et mes bénédictions pour ce commencement si prononcé de guérison, et croyez que ce sera un bonheur pour moi de vous prouver moi-même, en passant à Paris, l'efficacité de votre traitement, etc.

» P.-M. PLANTEVIGNES junior. »

M. Plantevignes n’est pas venu me voir; mais j'ai appris,

par une personne de Bordeaux, que, sans que la guérison ait été complète, l'amélioration obtenue s’était consolidée,

L'observation suivante prouve encore que la Méthode eurative externe n’est pas moins efficace dans les troubles

— 9% — de l’innervation rachidienne, que dans ceux de Pinnervation cérébrale :

M'': Servais, de Liége, actuellement âgée de trente-quatre ans, avait eu, à l’âge de douze ans, à la suite d’une fièvre dont la nature m'est restée inconnue, une déviation complète et des plus prononcées de la colonne vertébrale. Redressée en partie à vingt-trois ans, par l'emploi de moyens orthopédiques, elle recouvra un peu de santé et en jouit pendant près de deux ans; mais ayant jugé convenable, à cette époque, de chercher à corriger, par des pressions latérales sur la colonne vertébrale, ce que l'extension avait encore laissé de défectueux dans sa taille, elle vit renaître les maux de tête et les douleurs dans les mâchoires qu’elle avait primitivement éprouvées, et auxquelles se joignirent, cinq ans plus tard, des dispositions aux syncopes, des défaillances, une surdité momentanée, et, qui plus est, un engourdissement de la jambe droite et du bras droit, ayec gène et irradiations douloureuses dans les divers points de la périphérie de la poitrine, chaleur et tension du bas-ventre, enfin disposition au délire le soir ou dans la nuit.

Croyant que ce qui restait encore de dévié dans sa taille était la cause de ce désordre général, M! Servais se décida à porter une ceinture orthopédique d’Ossart ; mais elle reconnut bien vite que, si cette ceinture remédiait à la courbure de l’épine, elle ajoutait, dans le trajet de cette colonne osseuse, de nouvelles douleurs à celles qu'elle éprouvait ailleurs. Ces douleurs, qui rendaient la marche impossible, s’accompagnaient d’une gêne extrême de la respiration, de fréquentes palpitations, d'un état habituellement fébrile, enfin d’un embarras dans les mouvemens des membres inférieurs, et quelquefois d’une vive douleur dans les genoux. La suspension du régime antiphlogistique auquel on l'avait soumise, et l'usage des eaux de la Géronstère et de Spa, semblèrent améliorer un peu son élat; mais les maux de

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tête, les douleurs dans les mâchoires, la faiblesse de l’intelligence et surtout de la mémoire persistèrent.

M'': Servais était à peu près dans cette position lorsqu'elle me demanda si je pensais que l’emploi de ma Méthode curative püt lui procurer, sinon une guérison, du moins une amélioration. Appuyé sur plusieurs faits assez analogues, je crus pouvoir consciencieusement répondre affirmativement, et lui fis adresser, immédiatement, l’ensemble des remèdes que je jugeai appropriés à son état. Voici ce que cette demoiselle m'écrivait moins de trois semaines après avoir mis mes moyens en usage :

« Monsieur le Docteur,

» J'ai déjà ressenti les heureux effets de votre traitement, bien cependant que je n’aie fait encore que peu d'applications d’après le procédé actif, et voici pourquoi : le jour de l’arrivée de la caisse, la personne à l'intelligence de laquelle je pouvais me fier pour l'opération, ne devait être à ma disposition que dans deux ou trois jours. Impatiente que j'étais d'essayer le remède, je fis pratiquer une friction avec le baume névropathique. Cette friction me fit tout d'aberd un grand bien et calma mes douleurs qui, depuis l'époque de ma première lettre jusqu’à celle de Parrivée des médicamens, s'étaient aggravées et étaient devenues presque permanentes. Pendant la nuit, le temps étant à l'orage, ce qui aggrave toujours mon état, je me trouvai plus souffrante et dans un mal extrême.

» Redoutant mon excessive susceptibilité, je crus plus prudent d'employer d'abord le procédé passif, et je me soumis à la simple absorption des médicamens. Cet essai me réussit parfaitement; l'application faisait disparaître à l'instant même la chaleur douloùreuse de l'épine, diminuait la gêne des mouvemens du cou, et donnait aux membres un sentiment de bien-être et de délassement qui leur manquait habituellement; mais ce soulagement ne durait que quelques heures. Après quelques applications faites de cette manière, rassurée contre la crainte que j'avais d’une action trop forte des médicamens sur mes nerfs éminemment irritables, je me décidai à faire pratiquer la vaporisation en suivant les indications bien précises que vous m'avez données. Je pus, dès la première fois, supporter les boules chauffées outre mesure et refroidies dans l'eau jusqu’à l'absence du frémissement.

» Le remède, d'après ce procédé, me produisit des effets encore plus marqués et plus durables que d’après le procédé passif. Je passai des nuits plus calmes, et la souffrance si violente que j'éprouvais dans les organes du bas-ventre, avec chaleur, a disparu complètement et ne reparaît même pas, malgré le temps chaud qui

in est ordinairement si défavorable, et malgré la cessation dés remèdes. Le sentiment de pression circulaire que j'éprouvais dans la poitrine pendant la nuit, a aussi cessé pendant l'emploi du traitement, mais a semblé vouloir reparaître depuis sa cessation, ainsi que les douleurs de l'épine. Aussi vais-je le reprendre le plus tôt possible, bien convaincue de sa puissante efficacité. Je n’ai tardé à vous demander un second envoi que parce que ma sœur, etc.

» Recevez, etc.

» F, SERVAIS, » Rue Sainte-Véronique, n. 706, à Liége, »

Voici encore deux cas de même nature, mais infiniment plus graves, et contre lesquels cependant, comme on va le voir, mes moyens curatifs sont bien loin d’avoir été impuissans :

Un Anglais de distinction, M. Groves, était depuis plusieurs années atteint d’une affection nerveuse très grave, résultant d’une lésion profonde de la moelle épinière. Si ce malade n’était pas dans un état complet de paralysie, il était toutefois dans l'impossibilité presque absolue de faire aucun mouvement. Aussi, constamment étendu dans un fauteuil, ne pouvait-on le faire changer de place ou seulement de position, qu’à force de bras, et encore avec les plus grandes difficultés. M. Groves était en outre en proie à des agitations convulsives que l’on pourrait appeler palpitations musculaires, qui, affectant toutes les parties du corps, ne lui laissaient pas un instant de repos et rendaient sa position fort pénible. |

Jouissant d’une grande fortune, M. Groves avait épuisé, comme on le pense bien, toutes les ressources de la médecine, et avait reçu sans succès les soins des praticiens les plus distingués de l'Angleterre, de l'Allemagne et de l'Italie. Pendant son séjour à Paris, en 1835, il avait consulté toutes nos célébrités médicales et avait particulièrement été traité par Dupuytren. Lorsque je fus demandé par M. Groves, l'illustre chirurgien que je viens de nommer venant de mourir, il était seulement assisté de M. Blandin, actuelle-

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