LS OR
ment professeur à la Faculté de médecine, et de M. le docteur Roche, qui adhérèrent avec plaisir à la proposition que je fis d'essayer l'emploi de la médication qui m’est particulière. |
Je ne rapporterai pas cette observation avec tous les détails dont elle est susceptible; je me borne à indiquer le résultat général que j’obtins au bout de quinze à vingt jours seulement, d’un traitement qui consista en vaporisations, massages et frictions, que je pratiquais moi-même jusqu'à trois fois par jour. Au bout de ce temps, M. Groves pouvait déjà se lever seul de son fauteuil, et il le faisait avec une sorte de satisfaction triomphale chaque fois que j’entrais chez lui, pour me montrer les bons effets qu'il retirait de ma médication. En moins d’un mois il pouvait faire le tour de son appartement, avec un peu de difficulté il est vrai, quand il cherchait à le faire seul, mais assez facilement lorsqu'il avait un point d'appui, tel que le bras d’un ami ou d’un domestique. Comme il n’y avait pas lieu d'attendre beaucoup plus du traitement, dans un cas aussi grave que celui dans lequel se trouvait M. Groves, il se décida à partir pour Naples, espérant que le bienfaisant climat de lItalie et la température habituellement élevée de cette contrée, consolideraient ce que la gravité des circonstances permettait d’appeler une guérison. Ce qui m’autorise à croire que si l’état de M. Groves ne s'’améliora pas complètement, il ne perdit rien de ce qu'il avait gagné sous l'influence de ma médication, c’est que, long-temps après son départ de Paris, je donnai des soins à un de ses compâtriotes qui vint tout exprès de Londres me consulter de sa part.
M. dela Buchollerie, âgé de cinquante-deux ans, à Bayeux (Calvados), était atteint d’un trouble profond de l’innervation rachidienne, et on le supposait affecté d’une altération organique de la moelle épinière, lorsque ce malade réclama
ot D 20 mes avis, à la fin de février 1842. M. de la Buchollerie … commença immédiatement le traitement, ét au bout d’une quinzaine de jours il pouvait déjà en apprécier l'inflüence favorable. Il m’écrivait :
« Bayeux, 11 mars 1842.
» J’éprouve déjà du mieux du côté de la vessie, ce que j'attribue aux applications faites sur les reins ; j'ai retrouvé sur tout le Corps une moiteur qui m'avait abandonné depuis long-temps; mes jambes me semblent plus solides et j'ai plus d'aplomb; mais j’éprouvé toujours une très forte fatigue dans les cuisses et des fourmillemens dans les jambes, et dois prendre garde de tomber lorsque je me [ève. »
On voit, par ces détails laconiques, que les accidens primitifs n'étaient pas sans gravité: ils avaient été jugés ainsi par divers médecins ; c’est pourquoi M. de la Buchollerie m'écrivait encore :
«Mes médecins et le savant docteur Andral ont reconnu comme vous, dans mon état, une lésion à la moelle épinière, et croient qu'il n'existe pour moi d'autre moyen de guérison que les moxas, que je regarde, en ayant déjà supporté QUATRE, comme un mal plus terrible que celui que j'ai.
» Pensez-vous, monsieur le Docteur, que je puisse, avec une grande persévérance dans l'emploi de votre médication, parvenir à recouvrer la santé sans recourir à cet horrible moyen ? J'ai seulement pratiqué cinq vaporisations et frictions balsamiques selon votre indication, et j'ai déjà obtenu une grande amélioration. »
On peut suivre la progression des avantages obtenus, en lisant les fragmens suivans de la correspondance du malade, et en comparant les dates :
« 29 Mars 1842.
» C’est encore votre malade normand qui vient’vous tourmenter pour vous prier de lui faire expédier des remèdes dont il se trouve très bien : j’'éprouve toujours une grande fatigue dans les cuisses, mais beaucoup plus de solidité dans les jambes; je monte aujourd'hui un escalier avec facilité; il m'est même arrivé d’enjamber deux marches à la fois; je descends aussi avec plus de facilité, et je puis le faire en changeant alternativement de jambe, ce qui m'était très pénible; mais j'ai toujouts le fer chaud (sentiment d’ardeur brûlante au creux de l'estomac) ordinairement le soir, vers