OÙ
les neuf heures. Je me suis fait faire des vaporisations sur le creux de l'estomac, et toujours plus particulièrement sur la colonne dorsale. »
A vingt jours de distance, je reçois les renseignemens SUIVANS :
« 17 Avril 1842.
DATÉE Y a-t-il avantage à élever la température des boules le plus possible, et malgré le froid que nous éprouvons ici, dites-moi, Docteur, s’il y à de l'inconvénient à faire usage de la poudre antiviscéralgique ? j'en prends un paquet vers dix heures, le soir, avant de me coucher. Je suis votre médication avec beaucoup de persévérance ; les applications sont pratiquées matin et soir. d’ai fait préparer mes gilets de flanelle et je n'en porte pas d'autre. Je me trouve bien de tout cela, et cependant je dois avouer que les premières applications m’avaient fait concevoir l'espoir d’une guérison beaucoup plus prompte. Toutefois, j'aime à le reconnaitre, il y a une amélioration sensible ; outre qué je morte un escalier avec Beaucoup plus de facilité, je fais le mouvement de torsion du haut du corps comme avant ma maladie; et puis je reviens à cette affection appelée, je erois, pyrosis ou fer chaud : elle se fait sentir tous les jours, trois ou quatre heures après le repas, et ne cède pas à des vaporisations soignées et prolongées. » |
Voilà à peine six semaines que M. de la Buchollerie est entraitement, recevant les soins de personnes qui ne sont aucunement au courant du manuel opératoire, qui ne s’ac— quiert que par l'habitude ; il éprouve une amélioration notable sous beaucoup de rapports, néanmoins il s'étonne de ne pas obtenir une guérison plus prompte : il en est presque toujours ainsi, et cependant ce n’est qu'avec de la régularité et une persévérance relative à la gravité des affections, que l’on peut espérer un résultat satisfaisant. C’est ce que je n'ai pas manqué de faire observer à M. de la Buchollerie, en l’encourageant à continuer activement son traitement; dix jours .à peine étaient écoulés que j'ai reçu de lui une lettre dont voici un extrait :
« 28 Avril 18/2.
» J'ai continué mon traitement, et j'en ai éprouvé le bien que j'en attendais : ma fatigue habituelle est moins forie, je me tiens bien plus d'aplomb sur mes jambes. Une chose qui m'a fait grand
plaisir, et sur laquelle je comptais, puisque vous me l’annoncier, c'est que l'affection fatigante que je nomme le fer chaud, a presque complétement disparu, ainsi que la douleur que j'éprouvais au côté, qui se représente encore quelquefois, mais qui cède presque toujours à une vaporisation un peu prolongée pratiquée sur l’épine dorsale et l’épigastre. Les dernières vaporisations et frictions ont fait reparaître un grand nombre de petits boutons sur la région dorsale, mais je ne n’en inquiète pas le moins du monde, Le matin, après les vaporisations et les frictions, les urines s'écoulent comme dans mon état de santé. »
« 28 Mai 1842.
» Je viens de passer un mois à Ia campagne, et pendant tout ce Lemps j'ai suivi mon traitement avec la plus grande exactitude : j en ai éprouvé une très grande amélioration; je marche avec beaucoup de facilité et suis parvenu à lever la cuisse pour passer par dessus ce que l’on appeile, en Basse-Normandie, un échalier, ce qui me force à faire un mouvement presque semblable à celui qu'il faudrait faire pour monter à cheval, pour se mettre en selle. Le bien obtenu ne se faisait bien sentir que le matin ; dans la soirée, lorsque surtout j'avais fait une course un peu longue à pied, car je n’ai pas encore osé monter à cheval, j'étais pris de fatigue si forte, que je sentais un vif besoin de mon lit. Un jeune docteur, M. Falaize, bon médecin, consulté à la campagne, et qui m'avait vu à Bayeux il y à quelque temps, a trouvé mon état infiniment amélioré par suite de l'emploi de votre excellente Méthode qu'il approuve fort, et me promet, dans l’état où je suis, une prochaine et certaine guérison par suite de l'emploi de quelques moxas, soit japonais, soit avec la poudre à canon.
» A mon arrivée à Bayeux, M. le docteur Perrez, ayant trouvé en moi une telle amélioration, a pensé que je ferais beaucoup mieux de poursuivre votre moyen curatif que d'en venir à de pénibles cautères, et il m'a permis d'ôter le séton que j'avais au cou. »
« 24 Juin et 18 juillet 14842.
» La suppression de mon séton ne produit rien de fàcheux; je Suis plus déterminé que jamais à attendre le résultat de votre Méthode curative; sije ne suis parfaitement guéri, j'ai du moins éprouvé une immense amélioration, dont je vous ai toute l’obligation, je vous assure. Je compte bien aussi faire usage de l'exercice dut éhevalt P'ESDS SUULOUS Pi giee AE 2 Sons
» Je vous fais mes bien vifs et bien sincères remercimens ; c’est à vous, Monsieur, que je dois les instans de bien-être dont je jouis, je n'en fais pas le moindre doute, et cependant les docteurs ne voient pour moi, dans votre médication, qu'un palliatif; ils sont tous d’un parfait accord pour dire qu'il n’y a de guérison parfaite pour mon état que dans l'emploi des moxas, et même des moxas
souyent répétés; mais comme ils ne peuvent se refuser à l'évidence , tous reconnaissent dans ma position une amélioration sensible. » |
Je viens de résumer très rapidement une observation bien importante, qu’il aurait fallu détailler, analyser et commenter de point en point, pour en faire ressortir toutes les instructions pratiqués qui en découlent; mais ce travail n’entre pas dans le cadre de cette publication, et est entièrement inutile pour les malades: il sera naturellement fait par les médecins qui méditeront sur l'exposé des accidens graves que, dans ce cas, la médication externe a si puissamment modifiés ou détruits ; et on reconnaitra bien vite, surtout, que le supplice des moxas répétés, et même des cautères, ne peut pas être d'une efficacité plus positive ni plus spécifique. C'est aux praticiens de bonne foi seulement que j'adresse ces remarques. |