‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 39 sur 74 · CHEZ LES DEUX SEXES · texte numérisé non relu

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EL faut avoir longuement et minutieusement. observé les nombreuses formes que les maladies nerveuses revêtent, pour oser s’écarter des idées généralement admises aujourd’hui ; et, laissant de côté. les explications systématiques plutôt que de s’arrêter à les détruire, signaler aux praticiens, véritables amis de l'humanité, les erreurs funestes dans lesquelles font tomber des théories qui ne sont point fondées sur l'expérience, et qui ne doivent le crédit dont elles jouissent. qu’à la hardiesse que d’habiles novateurs ont mise à les exposer et à les défendre.

Dans une longue suite de troubles et d’événemens politiques , particulièrement depuis 1789 jusqu'à nos jours, que d’afflictions morales ont mis en action les organes de la sensibilité, perverti leurs fonctions, et profondément modifié là constitution physique de l’homme! Sans cesse sous l'influence de: causes perturbatrices, il: est devenu. impres-

sionnable à l’excès, et son organisation, altérée par des secousses continuelles, à été en proie à une foule de maladies jusqu'alors inconnues, dont les germes ont été transmis de génération en génération.

L'état constant d’agitation sociale ne peut que favoriser le développement des maux qui résultent de l’irrégularité des fonctions des centres sensibles ; et cependant c’est au moment où les affections nerveuses se multiplient sous toutes les formes, comme les causes qui les produisent, qu'un médecin auquel, on ne peut le dissimuler, on doit une révolution heureuse, sous certains rapports, dans la pratique de l’art de guérir, est venu les exclure du tableau des maladies. Fort de l’enthousiasme qu’il excitait parmi les élèves nombreux que la nouveauté de son mode d'enseignement attirait autour de lui, il voulut tout soumettre à la doctrine qu'il émettait; mais, ne pouvant y faire entrer une classe de maux dont les causes fugitives lui échappaient comme le principe dont ils émanent (l'action nerveuse), il s’est trouvé dans la nécessité de nier leur existence; et de les décrire hardiment comme dépendant de lésions matérielles, alors même que les investigations les plus minutieuses, pendant et après la vie, ne pouvaient lui en faire découvrir les moindres traces, non plus qu'aux observateurs les plus attentifs et les mieux expérimentés dans ces sortes de recherches.

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teur avait instruits à ne jamais se laisser imposer que par des faits; ceux auxquels il avait appris à ne croire que ce qui était évident, et pour ainsi dire palpable dans les causes des maladies , se contentèrent, dans une circonstance si importante, de la parole du maître ; et, devenus praticiens à leur tour, ils répandirent aveuglément une impitoyable doctrine.

Toujours à la poursuite des inflammations /atentes, le traitement le plus erroné des maladies nerveuses les aggrava chez les pauvres patiens qui n'y succombaient pas. L'avenir le plus sombre était d'abord présenté en perspective à ceux que l’impuissance de la médecine physiologique rendait indociles; des maladies organiques devaient remplacer bientôt les phlegmasies chroniques; et si l’effroi qu'ils cherchaient à faire naître ne pouvait vaincre les répugnances que la nature révoltée inspirait à leurs malades, les médecins de la nouvelle école les abandonnaïent, en prononçant la condamnation à mort de tous ceux qu’une heureuse irrésolution avait protégés contre leur délire inflammatoire.

Ce n’est pas que nous voulions nous jeter dans un excès opposé à celui que nous reprochons à Broussais, en niant que les nerfs puissent être atteints d’inflammation. Il existe certainement des névrites; et, bien qu’elle soit rare, l’inflammation des nerfs et des principaux centres nerveux, de la moelle épinière et du cerveau, est maintenant re-

connue à des signes caractéristiques. Au contraire, les névroses, affections des nerfs sans cause appréciable, pouvant résulter de lexcessive susceptibilité du système nerveux, de son atonie, ou de l'accumulation du fluide nerveux dans les tissus organiques, sont extrémement nombreuses, mal connues, et leur traitement, par conséquent, négligé ou abandonné au hasard. Par exemple, combien de médecins, rebutés par linsuccès qu'une théorie vicieuse prolongeait entre leurs maïns, n’ont pas craint de chercher à consoler leurs malades par cette dérisoire apostrophe : « Prenez courage, le temps fera le reste; c'est une maladie qua doit s'user... » Et le patent ?

Notre but n’est pas de combattre les fausses doctrines autrement que par des faits. C'est en prouvant que des guérisons ont été obtenues, dans un grand nombre de cas déclarés désespérés, par des moyens que la saine raison et l'observation indiquent, que nous voulons établir non pas seulement une théorie, mais le traitement curatif d'une multitude d’accidens attribués à des causes qui n'existent que dans l'imagination de certains praticiens. Néanmoins nous n'avons pas la prétention de guérir toutes les maladies réputées incurables ; mais nous soutenons, fort de nos succès dans de telles circonstances, que ces condamnations désespérantes ne sont généralement fondées que sur l'impuissance des moyens que l'on oppose aveuglément à des maux MéÉCONAUS.

ureux d’avoir fécondé les vues utiles de plusieurs de nos confrères, nous leur rendons la juslice qui leur est due : nous ne nous présentons pas comme un réformateur; notre principal mérite est d’avoir mis à profit toutes les lumières que nous avons pu acquérir, soit par notre observation personnelle, soit par les travaux de nos devanciers ou de nos contemporains. Ce n’est point une œuvre d'imagination que depuis bien des années nous cherchons à produire, c’est une œuvre de pratique sanctionnée par l'expérience.

Par viscéralgies (quelle que soit l’étymologie rigoureuse de ce mot, que nous avons composé pour présenter à l'esprit une idée fondamentale des affections que nous avons dessein de décrire), nous voulons exprimer l’état maladif d’un viscère ou d’un organe concourant à la formation d’un appareil fonclionnaire de la vie de relation ou de la vie organique, sans inflammation ni lésion de structure.

L’affection d’un viscère ou d’un organe, comme nous venons de la définir, peut n’être indiquée que par le trouble de sa fonction ou de celle de l’appareil dont il fait partie. Ce sera une simple lésion de la sensibilité organique, lorsqu'il y aura absence de la douleur ; s’il y a en même temps lésion de la sensibilité organique et de la sensibilité animale, il y aura non seulement trouble des fonctions, mais douleur perçue. (Voir les considérations générales.)

Nous réunissons donc, sous le titre générique de

viscéralqies, toutes les névroses , avec ou sans douleur, des viscères proprement dits et de tous les organes destinés dans l’économie à l’accomplissement d’une fonction. Il n’est pas impossible de trouver à redire sur l'emploi que nous faisons du titre collectif que nous avons adopté; mais ce n’est pas dans le mot que gît la question : que l’expression soit parfaite ou insuffisante, peu importe, si elle peint bien notre idée et si elle rend complètement clair le sens que nous y attachons.

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