‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 42 sur 74 · EN GÉNÉRAL. ; TD QE · texte numérisé non relu

EN GÉNÉRAL. ; TD QE

Ainsi que nous l'avons fait observer, notre intenlion n'ayant été, quant à présent, que de publier des considérations physiologiques et pratiques sur les viscéralgies, on ne doit pas s'étonner si nous donnons les généralités du traitement propre à ces affections, sans les avoir décrites séparément, errraison des organes qui peuvent en être le siége et des acCidens qui les caractérisent Spécialement. Ce travail immense trouvera micux sa place dans un traité didactique que nous nous proposons de publier : il serait d’une utilité douteuse pour les viscéralgiques, auxquels nous avons seulement voulu apporter la bienfaisante consolation qui résultera, maintenant pour eux, de Ia certitude qu'ils auront acquise, en lisant cet exposé, que leurs maux ne sont pas , comme on le dit depuis si long-temps, imaginaires, et qu'ils peuvent être appréciés matériellement et guéris comme toutes les autres lésions physiques.

Le principal but que l’on doit se proposer d’atteindre, dans le traitement des viscéralgies, est de régulariser la répartition du fluide nerveux, de manière à ce qu’il ne se trouve Pas en excès, ni en moins

(éréthisme où atonie), dans aucun des divers appareils organiques, c’est à dire que la sensibilité d’un viscère ne soit ni exaltée ni diminuée au détriment de ses fonctions propres, et qu'il y ait harmonie d'action entre tous les organes, comme cela existe dans l’état normal ou de santé parfaite.

Les moyens à employer seront autant que possible externes. Généralement les remèdes internes sont plus nuisibles, à quelques rares exceptions près, que favorables, parce qu'ils troublent d'abord et anéantissent à la longue les fonctions digestives et nutritives, qu'il convient au contraire de faciliter pour les activer graduellement, et les faire prédominer sur les fonctions intellectuelles, afin de voir la complication hypocondriaque se dissiper promptement. Ce n’est pas à dire pour cela qu'il faille nourrir les malades contrairement aux préceptes de l'hygiène ; et nous nous empressons de faire remarquer que ce n’est pas dans l'abondance des alimens qu’il faudrait espérer rencontrer l'avantage que nous venons de signaler et qu’il faut s’efforcer d'obtenir. Pour que la prédominance de la faculté digestive vienne utilement concourir à [a guérison du malade, il faut que les organes auxquels cette faculté est dévolue soient dans des conditions tout-à-fait physiologiques; et lorsqu'ils ne sont pas, comme cela existe le plus souvent, dans une intégrité complète, c'est vers eux qu'il faut premièrement diriger la médication, pour les ramener à l'état normal qui, seul, procure le bénéfice de leur exercice.

Le régime que les malades doivent observer ne peut être indiqué d'une manière absolue; il faut le varier selon les circonstances, les indications et surtout le goût et les habitudes ; en général il doit être confortant sans être excitant : s’il convient toujours de proscrire les boissons alcooliques, le café à l’eau, les salaisons, les mets de haut goût, les épices et les condimens stimulans; dans la plupart des cas, une alimentation substantielle et l'usage du bon vin vieux, celui de Bordeaux, pris dans des proportions modérées, ne peuvent être que favorables. C’est surtout par le mélange bien entendu, c’est à dire par l'usage de diverses substances alimentaires que l'on parvient à solliciter heureusement l'exercice des fonctions digestives et nutritives. Rien n’est plus Mauvais que d’astreindre les malades à un régime exclusivement végétal ou animal; au contraire, en composant Îles repas d’alimens végétaux et animaux, l'on met l'estomac dans les conditions les plus favorables à l'exercice de sa fonction, et les organes de la nutrition trouvent dans la masse alimentaire tous les matériaux nécessaires à la réparation des pertes que l’économie a éprouvées.

Il faut considérer, comme faisant partie intégrante du régime, l’exercice en plein air et au soleil, qu'il faut recommander aux malades comme un remède auxiliaire très utile, mais dont il ne faut pas abuser. Si l'exercice est poussé jusqu’à la fatigue, il produit un effet contraire à celui que l’on en doit retirer. Il n'est pas moins important de se soustraire aux ya-

riations brusques de la tèmpérature dont l'influence est très fâcheuse ; mais il est très préjudiciable de se charger de vêtemens lourds et épais qui entretiennent le corps dans un état de moiteur et même de transpiration continuelle, dont le moindre inconvénient est d'énerver les forces et de plonger les malades dans une indolence et un découragement qui résultent de leurs précautions hygiéniques exagérées. Enfin il faut se prémunir contre le froid humide, qui est très redoutable, surtout aux pieds.

En ayant soin d'entretenir la liberté du ventre, soit par l'usage des lavemens, de quelques laxatifs doux ou même d’un purgatif approprié aux habitudes et à la constitution du sujet, on aura rempli toutes les nécessités du régime, et l’on se trouvera dans Les circonstances les plus favorables au succès de la médication spéciale. C’est surtout dans les troubles fonctionnels des viscères abdominaux qu'il convient de substituer, aux préparations laxatives et. purgatives ordinaires, l’usage de la poudre anti-viscéralgique que nous avons déjà indiquée {voir le GUIDE PRATIQUE, page 23). Ce remède ne contrarie en rien les cffets de la médication externe et remplit certaines indications particulières dont il st important de tenir compte dans les affections nerveuses viscérales.

Rien n’est plus facile que de diriger avec fruit la médication externe contre les accidens qui se manifestent dans les viscères, la plupart contenus dans

— Ah + la cavité abdominale (1). Æux parties antérieures et latérales du corps, ces organes ne sont recouverts que d’une couche de muscles assez minces et de la peau, qui, dans la plupart des cas, contient fort peu de graisse et ne se trouve pas d’une épaisseur qui puisse mettre obstacle à l'introduction des agens médicamenteux. Mais si l'on nous objecte que les organes abdominaux sont superposés de telle sorte, que les plus volumineux recouvrent ceux qui sont profondément situés, et qu’en raison de cette disposition il doit être impossible de les atteindre, nous repousserons l'objection en faisant remarquer que toutes Les parties enfermées dans le ventre, dont l'enveloppe est très extensible, sont extrêmement mobiles les unes sur les autres; qu'il est aisé, en changeant la position du malade, de déterminer Île déplacement des organes et de les mettre dans une situation qui favorise la pénétration des agens thérapeutiques à tel point, qu'avec un peu d’habileté il n’est aucun organe sur lequel on ne puisse agir. Nous nous hâtons d'aller au devant d'une autre objection, non moins spécieuse, qu'on ne manquerait pas de nous faire : c’est qu'il y a sans doute des inconvéniens à opérer le déplacement des viscères abdominaux, soit par la pression, soit par l'écartement des organes qui les constituent, et surtout par cette sorte de pétrissage qui nous est familier et auquel les malades devront être soumis d’après nos

(1) Voyez Îles notes ci-après.

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“indications. Bien loin de là, nous trouvons, dans les manœuvres que nous sommes obligé de répéter pour atteinüre les plus grandes profondeurs de la cavité abdominale, un très puissant moyen curatif auxiliaire de ces lésions indolentes qu'instinctivement on à désignées sous la dénomination de paresse de l'estomac, des intestins, etc.; mot trivial, qui néanmoins caractérise assez juste ces accidens des fonctions digestives, contre lesquels les médecins prescrivent avec succès l'exercice à pied dans des chemins raboteux, en voiture mal suspendue, en charrette ou à cheval. Le massage des organes remplace d'autant plus avantageusement ces moyens, quil ne nécessite aucune dépense de forces de la part des malades, et né les expose pas à des -commolions brusques qui fatiguent le cerveau, secouent douloureusement les poumons et les entrailles.

Nous n'avons pas encore fait connaître en quoi consistait la médication externe qu'il faut diriger contre les affections nerveuses dites viscéralgies ; mais on se coute bien qu’elle n’est ‘autre que celle décrite au commencement de cet ouvrage sous le titre : Méthode curative externe des douleurs, ete., et que toutes les indications qui sont contenues dans l'exposé pratique, ne doivent pas moins être observées lorsqu'on entreprend le traitement d’une viscéralgie, que de toute autre lésion nerveuse. Nous renvoyons donc le lecteur à la description des procédés; nous allons seulement ajouter ici quelques

renseignemens généraux sur la manière dont il faut agir, selon les diverses régions en rapport avec les organes affectés.

En général, pour combattre une lésion quelconque, il faut diriger la médication externe Le plus près possible des organes qui sont le siége de cette lésion. Si ces organes sont contenus dans la poitrine (1) ou l’abdomen (2), on pratique successivement la va-

(1) La porrriNE ou le {horax est une grande cavité formée en arrière par la colonne vertébrale, en avant par le sternum et ses cartilages, et sur les régions latérales par les côtes; toutes ces parties sont recouvertes par des muscles qui existent aussi dans l'intervalle des côtes. La poitrine renferme les voies aériennes, les bronches, les poumons, les plus gros vaisseaux sanguins, le cœur, le conduit alimentaire ou œsophage ; et au devant de Ia colonne vertébrale, une grande quantité de nerfs et le canal thoracique auquel viennent aboutir presque tous les vaisseaux Iymphatiques du COrps.

La base de la poitrine est séparée de l'abdomen par un très large muscle appelé diaphragme, qui est souvent Le siége de lésions rhumatismales et nerveuses qui jettent un grand trouble dans l'économie.

(2) L'ABDOMEN est connu aussi sous le nom de ventre ou basventre. Il est borné en haut par le diaphragme, musele tendu horizontalement et qui le sépare de la poitrine (voy. Ia note précédente) ; en bas, par le bassin ; en arrière, par la région lombaire de la colonne vertébrale; sur les côtés et en avant, par plusieurs muscles larges et minces. On divise les parois de l'abdomen en plusieurs régions. La paroi antérieure en offre trois : une supérieure ou épigastrique, c'est l'épigastre qui répond à lestomac ; une moyenne ou ombilicale, et une inférieure dite hypogastrique. La paroi postérieure ne présente que deux régions : l'une supérieure ou lombaire, qui répond aux reins ; autre inférieure, qui répond A1 0S rie Les parois latérales de l'abdomen sont divisées en trois régions : l'une supérieure ou lhypocondre, une. moyenne ou le flanc, une inférieure dite énguinale ou de l'aine.

Les principaux appareils viscéraux renfermés dans l'abdomen sont : 4° ceux de la nutr tion, ayant pour organes l'estomac, les in-

porisation, les frictions sèches, balsamiques et le massage sur toute l'étendue de la poitrine et du ventre, soit antérieurement, postérieurement ou latéralement d’une manière uniforme, en insinuant les agens thérapeutiques dans les intervalles des côtes, sous leur bord libre, dans les replis desintestins, ete., selon que l’on veut plus spécialement produire un effet superficiel ou profond, comme dans le traitement du plus grand nombre des affections nerveuses des viscères.

Si l’on a affaire à une lésion de l’appareil nerveux cérébral, on peut opérer sur toute la tête indistinctement sans qu'il y ait à en redouter le moindre inconvénient; mais on agit plus activement vers l'occiput, les régions mastoïdiennes et la nuque, si on a des motifs de croire que l'affection que l’on veut combattre a son siége à la base du cerveau ou dans la moelle allongée. ;

Pour diriger la médication sur les parties qui sont

testins, la rate, le foie, la vésicule biliaire, le pancréas, l’épiploon, le mésentère et ses glandes, les vaisseaux et le réservoir de la lymphe.

20 Les appareils qui ont pour fonctions la sécrétion et l'excrétion des urines : les reins, les uretères et la vessie.

5° Enfin les organes internes de la génération.

Nous avons donné ces indications anatomiques pour facihter l'examen de l’abdomen chez les malades. Pour explorer le ventre, il est nécessaire que le malade soit couché sur le dos, la tête soutenue, les cuisses et les jambes fléchies, les genoux légèrement écartés et dans le plus parfait repos. En palpant le ventre, la pression doit être en général lente et graduée, et n’occasionner aucune douleur. Lorsque la sensibilité du ventre est très vive, il faut s'abstenir de presser sur les organes qu'il contient.

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