CHAPITRE IV
s*ils ne rencontrent rien qui les occupe, ils auront recours aux autres méthodes que nous enseignerons d-après.
Ceux qui ont l'imagination vive et légère, doivent la fixer à quelque lieu ou k quelque figure, se représentant le mystère comme s'il se passait devant leurs yeux. Ainsi méditant la nativité de notre Seigneur, il faut s'imaginer être dans l'étaUe ; si sa mort, sur le calvaire ; si sa transfiguration, sur le Thabor. Si nous . méditons Tenfer, il faut descendi*e d'esprit dans ce lieu de tourments; si la mort, il nous faut considérer sur un lit prêts à rendre Tâme. Que si c'est une Vérité qu*on considère, il faut se représenter Jésus-Christ qui nous instruit, ou dans quelque autre figure qui ait du rapport avec la vérité. Cette représentation sert à arrêter rimaginatiou, et S. Ignace en fait un prélude, c'est-à-dire une entrée à la cousidération.
Mais il faut prendre garde, ccmme j'ai dit, à ne se pas faire de violence : au contraire, si dès le commencement de Toraison on se sent attiré à la présence de Dieu, on y doit demeurer sans entrer dans son sujet. Si la même chose arrive dans le cours de la méditation, on doit quitter tous les discours pour s'abandonner à l'opération du Sain^Esprit , c'est l'avis que 4onne le même saint Ignacjô eu ^^^^iLfcm^j^^
26 DE L'OHAISON MENTALE.
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Les considérations se forment dans l'entendement^ et les affections dans la volonté. Les pensées stériles ne servent qu'à rendre un bomme vain et méchant/ mais les pensées affectueuses le repdent humble et saint. La lumière du soleil serait un vain ornement à la terre^ si elle ne faisait que Téclairer : elle doit encore réchauffer et la rendre féconde. Comme Dieu demande principalement notre cœur, les affections sont beaucoup plus nobles et plus nécessaires que les considérations.
Nous appelons affections, de bons désirs et des mouvements de l'âme, qui naissent de la considération de quelque sujet;comme sont les actes de toutes les vertus, de foi, d'espérance, de charité, d'adoration^ d'admiration, de louange, de remerciment, d'offrande de soi-même, de douleur de ses péchés, de confusion de sa vie passée, et autres semblables.
Gomme c^est par ces actes que le cœur se déticbe des créatures et t'unit à Dieu, il en faut produire le plus qu'on peutj sans néanmoins se