CHAPITRE VII
qu'il N£ faut jamais se TROUILKR DANS Lia DISTRACTIONS ET DAI^S LES SÉGHEAESSSS.
Pour supporter avec joie, du moins avec patience, la privation des douceurs et des consolations divines , il faut se persuader deux vérités : l'une qu'il n'y a pas tant de mal qu'on s'imagine en ces états de distractions et de sécheresses; l'autre qu*on y fait beaucoup de bien, et qu*on y acquiert beaucoup de mérite.
La première vérité n'a pas besoin de preuve, mais d'éclaircissement. Il est hors de doute que tout péché doit être volontaire, qu'ainsi vos distractions sont innocentes, si vous ne vous y arrêtez point volontairement, quand elles dureraient tout le temps de votre oraison.
Vous me direz peut-être qu'elles sont volontaires en leur cause, et que vous y avez donné sujet : mais quoique cela soit vrai, vous ne devez pas pourtant vous troubler, beaucoup moins
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abandonner la prière; car, ou vous en connaissez la cause, ou vous ne la connaissez pas; si vous ne la connaissez point, vous devez croire que c'est une tentation du démon, ou une disposition de la grâce, ou une épreuve de votre vertu, ou une occasion de mérite, ou une infirmité de nature qui n'empêche pas que votre oraison ne soit un sacrifice très-agréable à Dieu. Que si vous en connaissez la cause, demandez-en pardon à Dieu, promettez devons en corriger, prenez votre peine en pénitence; et vous ferez, croyez-moi, une excellente oraison.
Ce n'est pas faire sagement que de remédier à un mal par un autre. Je veux que vous vous soyez trop dissipé pendant le jour, faut-il pour cela vous enfuir de Dieu après l'avoir offensé? faut-il se perdre dans les forêts pour s'être un peu écarté de son chemin? C'est une erreur de croire que les distractions de l'esprit viennent toujours de la dissipation du cœur ; j'ai fait voir le contraire au chapitre précédent. Et quand cela serait, à quoi bon se troubler? le trouble augmente le mal au lieu de le diminuer, et jette l'esprit dans de plus grands égarements, au lieu de le redresser et de le ramener.
Vous dites que vous ne faites rien en l'oraison : je ne suis pas de votre sentiment ; j'estime au contraire que jamais vous ne faites plus,